Je viens de lire un article dans la revue Russkiy Pionir sur « Le sens de la vie », et dont je résume les dire: « Vois la vie du bon côté, sois heureux, réalise toi et cette question, tu ne te la poseras pas ! »
Je suis assez d’accord. Si vous pensez dix fois par jour « Pourquoi je vis ? », c’est qu’il y a une difficulté: consultation psychologique chaudement recommandée.
De l’autre bord, si cela ne vous vient pas à l’esprit, c’est que vos journées sont suffisamment bien remplies. Elles vous captivent suffisamment pour que votre existence ne soit pas contredite.
Il m’arrive toutefois de me poser cette satanée question. La plupart du temps c’est parce que j’ai passé la journée à me tracasser, sans doute pour des clients dont les dossiers me font tourner en rond.
Cela peut paraître étrange qu’un dossier m’exaspère, alors que mon métier est une passion. D’autant plus que le même dossier me rapportant trois fois plus - étrange propriété de l’argent - cesse immédiatement de me fâcher. Mais il y a d’autres instants, où sans que rien ne le présage et malgré le tapage de nos jours une drôle voix se fait entendre.
« Pourquoi je vis » est finalement une question lancinante.
Elle revient à des moments inattendus de bonheur comme si on avait oublié quelque chose.
Et elle se posera tant que mon quotidien ne lui répondra pas correctement, non parce que je manquerai d’action fascinante, d’aventure ou de loisir mais à cause de ce que je ne suis pas certain de faire ce pourquoi je suis venu sur terre.
C’est donc ma mauvaise conscience qui me tourmente et qui me fait poser cette interrogation.
Cette mauvaise conscience qui m’accuse d’avoir beaucoup reçu et de ne pas rendre le quart.
Celle qui me reproche d’avoir reçu quelques talents, mais de ne pas les cultiver avec art.
Celle qui se désole que je ne marche pas dans la « bonne direction ».
Depuis bientôt deux décennies, j’ai consacré des efforts certains pour tenter de découvrir cette « bonne direction ». A un moment, il m’a semblé qu’elle se trouvait dans la décroissance et il m’est assez pénible de me rendre compte que je me suis trompé comme vous pourrez le lire dans mon analyse du dernier livre de James Lovelock (prochain billet). Malheureusement, même si je ne vois plus aucune issue à part le chemin technologique de l’homme, je me demande comment, dans ce contexte, maintenir chez lui du liant, du sympathique, du poétique, du compassionnel et du charitable. Bien entendu, les valeurs et les références anciennes demeurent, tels des refuges et il faudra encore des siècles avant de les laminer. Mais le monde moderne avance avec la puissance d’un glacier sur nos traditions. Génération après génération, il brise nos associations anciennes pour ne laisser la place qu’au triptyque esseulé « travail – famille – loisir », une vie perfusée d’un long poison qui au goutte-à-goutte nous contamine pour ne laisser qu’indifférence ou désolation.
Toutes les sorties de secours sont bonnes à prendre, mais aucune n’est satisfaisante. La religion ne sauve pas l’homme qui ne lui accorde qu’un dimanche hebdomadaire. La charité est un baume sur une plaie béante. Et progressivement, sans véritable issue, l’âme (pour celui qui se donne la peine de l’observer) se noircit à force de vivre harcelée par les tentations terrestres. Il faudrait donc choisir la voie invisible qui mène à la quiétude de l’âme ? Mais comment alors que partout règne la jungle humaine ? Il faut donc construire une chapelle me disait le professeur Lussato, un petit lieu de paix et de conformité dans lequel il n’y a plus ni travail, ni famille, ni loisir… mais où chacune de nos activités quotidiennes et chacun de nos liens fusionnent dans une direction cohérente, celle qui à nos yeux est la bonne. Et si cette chapelle n’existe pas, il faut avoir le courage de l’édifier.
C’est cela le sens de ma vie.
Bonnes vacances à tous, Sasha
Commentaires
ven 12/03/2010 à 06:13
Monsieur Lussato, Je ne conna issais pas Wagner, je n'écouta is pas Wagner, et puis... J'a ime la musique et les on [...]
jeu 11/03/2010 à 07:44
We could debate for a long tim e about the chronicle of term paper writing, but will tell t hat the purchase essays [...]
mer 10/03/2010 à 23:10
It's not so easy to cope with several things one at time, pa rticularly when you must creat e the academic essay. Th [...]
mer 10/03/2010 à 11:51
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mar 09/03/2010 à 14:17
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sam 06/03/2010 à 10:42
Merci !
ven 05/03/2010 à 16:27
ça date pas d'hier. ce tract a vait été diffusé il y a une qu inzaine d'années dans une préf ecture du sud ouest ou j [...]