Mardi, 21 août 2007
Le citoyen entreprenant
Dans un de mes précédents billets j'avais parlé de l'Entreprise Citoyenne, concept proche de la "gouvernance", terme à la mode, mais qui exprime la nécessité pour toute entreprise ou organisation (y compris les administrations étatiques) de tenir compte des parties prenantes et non seulement des élites qui les gouvernent, et des actionnaires qui attendent une rémunération du capital investi.
L'Etat se glorifie d'avoir pompé aux citoyens et aux entreprises, un magot record au titre de l'impôt sur la fortune. Mais qui a pensé que de prélèvement excessif, en spoliation douce, ce ne sont pas seulement les riches qui souffrent (ils peuvent voter avec leurs pieds) mais surtout les classes moyennes et les petits entrepreneurs, écrasés sous les charges, dégoûtés d'en faire plus. Ceux qui ont un petit capital, partent, comme les jeunes ambitieux et entreprenants.
Les entreprises multinationales se laissent de plus en plus tenter par une centralisation absurde qui prive de toute initiative les collaborateurs, en les transformant en zombies. Ces derniers finissent par s'habituer à leur condition de relais apathiques d'un but qui les dépassent, et cette apathie contagieuse est favorisée par la vulgate gauchiste qui ne parle que d'avantages acquis et accorde une prime à la paresse, comme si dans un monde en mouvement, le mot acquis avait une valeur sacrée et que la concurrence n'existait pas.
Je donnerai deux exemples concrets que je vis en ce moment et qui illustre les carences des entreprises de petite taille comme celles des monstrueuses multinationales.
Continuer à lire "Le billet de Marina Fédier"
Samedi, 21 juillet 2007
Globalisation et hypermoules. Tous des clones !
Pour Alexandre
Je connais au moins quatre Alexandre que, d'une manière ou une autre j'ai contribué à former ou avec qui j'ai échangé bien des réflexions propices. Mais pendant ces semaines passées à San Remo, j'ai rarement laissé passer un jour sans penser à la transmission de mon faible savoir à un de ceux-ci, le nouveau venu. J'ai tenu le pari de lui inculquer en ces quelques jours, et le plus souvent au téléphone, l'essentiel du contenu de Virus. C'est avant tout pour lui que je synthétise à l'extrême, dans cette chronique, ce qui me paraît essentiel dans l'apprentissage du métier de dirigeant. Le public pourra se reporter s'il le désire aux réflexions d'un vieux professeur.
Voici à mon sens les notions essentielles de cette théorie et leur regroupement en concepts.
Travail humain. Pour Marx, le travail est ce qui différencie l'homme de l'animal, une activité organisée, réfléchie, exigeant du temps et de l'énergie, et engageant tout l'être : esprit, coeur et corps. Les autres fonctions : aimer, copuler, manger, voyager, danser, se battre, faire la cour, donner généreusement, jalouser etc... se rencontrent aussi bien chez l'homme que chez les animaux.
Travail animal. Le cheval de labour, l'ouvrière oeuvrant à la fourmiliere, L'employé remplissant un formulaire de commande, ne travaillent pas, ils sont "travaillés" par leur maître, par l'instinct , par la Centrale d'Achats. Ce travail peut être effectué par des animaux : esclaves, robots, hommes robotisés. C'est le vieux rêve où l'homme pourrait être remplacé par la machine.
Spécialisation et centralisation. Le travail humain devrait être plus plus payé que le travail chinois. On a donc intérêt à centraliser les ressources rares et chères accomplies par les élites, C'est le concept de synergie. Moule et produit de série. Le moule est un prototype fabriqué par un homme indemne, en possession de toutes ses facultés créatrices. Le moulage permet de produire des colones, issus de la réplication de la forme originale. L'activité de "clonage" ne coûte pas cher par rapport à celle de création : activités sportives etc... Indice de valeur humaine ajoutée. (IVHA) C'est le quotient entre l'argent dépensé pour concevoir, monter et vendre, un produit qui va être répliqué en N exemplaires. Pour un moule donné, plus le tirage sera important, plus l'indice de valeur humaine ajoutée IVHA baissera, plus bas sera le prix de revient de l'objet ainsi manufacturé. L'accroissement de la rentabilité explique la vogue des fusions d'entreprise. Sous le nom de restructuration, se cache la lettre de licenciement. Ainsi lorsque Rhône Poulenc fusionna avec l'allemand Hoechst pour former Aventis, l'équipe de recherche française fut éliminée au profit de l'allemande. L'hypermoule et ses clones. J'ai désigné par hypermoule , une extension du sens du "moule". Le concept représente un large éventail de notions, tournant toutes autour du travail humain . Un exemple permettra de saisir la distinction. Le cas l'Oreal. A l'époque de François Dalle il y avait autant de slogans que de grands marchés culturels à atteindre. L'hypermoule comprend les concepteurs idéologiques, les dessinateurs, les projeteurs; les concepteurs de la bouteille, le directeur du MArketing de la région etc. Le clone est la bouteille issue de la chaîne de fabrication, ou encore l'affiche publicitaire, le clip télévisuel promotionnel. Déjà, avant Lindsay Owen Jones, la décision était prise de tout unifier : un seul sologan pour le monde entier : L'Oreal parce que je le vaux bien. Une seule équipe l'emporta, les autres hypermoules furent éliminés. Celle qui fut conservée avait des responsabilités accrues et des contrats plus avantageux, car la moindre erreur devient fatale par suite de la massification.
Continuer à lire "Masterclass pour Alexandre"
Vendredi, 13 avril 2007
*** La dialectique centralisation/décentralisation
Ce texte suppose connue la signification de ces termes, passés dans la langue courante. Le but de ces notations est de les axiomatiser afin de prouver qu'ils sont cohérents, autojustifiés et incompatibles.

Cohérence
Le postulat de base de la centralisation tient en trois assertions : les hommes sont bêtes, malhonnêtes et paresseux. Il s'agit d'une dérivation du paradigme impérial qui postule l'existence d'un principe transcendant, universel et éternel, dont la vertu se transfère à un médiateur humain :le chef. Ce dernier étant investi de la grâce surhumaine, est intelligent, probe et travailleur. On l'a deviné c'est le patron de droit divin ou ayant gagné ses galons par une lutte d'obstacles épuisantes. C'est aussi le guide, le président d'une république, le dictateur.
On peut construire à partir des trois assertions les dérivations suivantes :
Les hommes étant bêtes, il faut leur mâcher le travail, en décomposant les difficultés en petites opérations, comme on découpe la viande en petis morceaux pour la faire avaler à un enfant récalcitrant. C'est le travail en miettes selon l'expression de Friedmann. Ce travail n' pas de sens autre que très local.
Les gens étant malhonnêtes il faut les contrôler par des vérificateurs, qui à leur tour, sont assujettis à contrôle. Seul le chef en est dispensé.
Les gens étant paresseux, il faut les faire pointer.
Si nous rapprochons cette logique de celle de l'hypermoule, nous constatons que les employés ne sont que les clones d'un hypermoule détenant l'intelligence, la probité et le dévouement total à la firme.
Continuer à lire "Masterclass 3. Principe de subsidarité"
|
Commentaires
dim 07/09/2008 à 21:53
je suis touché par cet article . je pense que vous abordez là un point fondamental. pour retrouver des formes de [...]
sam 06/09/2008 à 09:38
La pensée est quelque chose en mouvement qui se crée parce q ue nous sommes en relation. Bi en qu'on puisse être le [...]
jeu 04/09/2008 à 10:47
Merci pour ces références. Apr ès que vous me les ayez cités lundi soir, j'avais peur de ne plus me souvenir. Affe [...]
mar 02/09/2008 à 12:35
Bentornato Professore! Un cari ssimo saluto e tanti auguri di pronta guarigione!!! Il Suo amico italiano Renzo
lun 01/09/2008 à 22:09
Comme cela fait plaisir de vou s lire à nouveau. Profitez bie n de votre séjour genevois.
dim 31/08/2008 à 16:20
Merci pour ces nouvelles. Je suis content de savoir que vou s tenez bon! Bien cordialem ent Et à bientôt...
sam 30/08/2008 à 02:33
Réponse : 2008 : Lily Safra au rai vendu la villa au milliard aire oligarques Russe Mikhail Prokhorov au prix record [...]