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Je pensais à tout cela en jouant sur mon Steinway modèle D, que j'ai depuis 40 ans et qui n'a jamais eu le moindre problème en dépit d'une utilisation intensive. Et puis je constate la vogue des enregistrements dits historiques, dont certains datent des années 50 ou 60 et sont d'une qualité insurpassée. Il est vrai que les instrumentistes leur insufflent une vie qui manque à nos représentations d'artistes sautant d'un jet à l'autre pour chanter aujourd'hui à Moscou, demain à Boston.
Du temps de Mozart, il y avait la vraie fidélité, celle de la musique de chambre, jouée par les maître et la maîtresse de maison, le cocher, le cuisinier et les deux femmes de chambre. Il est vrai q'uon était en Allemagne et que la musique mécanique n'existait pas encore.
C'est Steinway précisément qui avait pris pour devise un constat désabusé. " Dans le monde, on est battus par les flots déchaînés, tous bouge, tous change, seuls quelques rochers assurent la permanence de la perfection. Steinway est un de ceux-la.
Je puis en témoigner. Jeudi, 4 octobre 2007Accéder à la culture humaniste. 2La Bibliothèque (comment s'en constituer une) L'initiation à l'Art
Voici un aphorisme que je ne cesse de répéter, quitte à passer pour un radoteur. Il est en effet des formules lapidaires qui énoncent des évidences pour les hommes cultivés, qui n'en sont pas pour les incultes et les snobs. Ces derniers ce trouvent aux antipodes de la culture humaniste.
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dans Bouillon de culture par Bruno Lussato
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Mercredi, 3 octobre 2007Le journal du 4 octobre 2007Chronique J'ai déjeuné avec G*** un ami de Poutine et un des meilleurs connaisseurs des équilibres de force en Russie. Il a brossé pour moi et pour X*** un tableau de la Russie actuelle qui en aucun cas ne peut être comparée du point de vue culturel comme politique avec ce que nous connaissons en Europe. C'est justement cette affinité culturelle qui nous trompe comme un mirage. (Que l'on pense à Pavlova, à Petipas, à Tchaikowsky etc... profondément liés à la vie musicale européenne, et en sens inverse, Berlioz et Wagner, qui furent honorés et soutenu par la société de Saint Petersbourg). Les élites européennes qui lisent Gogol ou Dostoiewsky ont l'impression que l'écart entre la Russie et l'Allemagne n'est pas supérieur à celui entre le Danemark et l'Ile de Malte. Or cette similitude ne touche que les classes supérieures et cultivées, décimées par Lénine et par Staline au profit des "barbares". Et ceux là façonnent les mentalités russes et les critères de valeur fondées sur le pouvoir et l'orgueil national.
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Un événement!
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dans Brouillon d'inculture par Bruno Lussato
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Lundi, 17 septembre 2007Evasion, élévationQuoi de commun entre Grâce Kelly et Annette Messager? RIen en apparence. Mais lisez Hayakawa. Le grand sémanticien établit une claire distinction entre l'art d'évasion et le grand art, celui des génies de la dramaturgie, des arts de la peinture, des architectes, des compositeurs. L'art d'évasion qui est souvent celui du divertissement, nous éloigne de la réalité, d'une réalité douloureuse ou décevante, à l'instar d'une drogue, d'un tranquillisant. Vous vous projetez dans un monde imaginaire, vous vous identifiez à un personnage flatteur ou puissant, vous vivez par procuration des situations d'autant plus fascinantes qu'elles sont faites pour fasciner. Mais après, vient le réveil, et vous vous sentez désemparé, dépaysé par la rude réalité, le monde est désenchanté, et aussi vite que possible, vous vous replongez dans l'univers sans pesanteur de la fiction, comme l'enfant effrayé se blottit sous les couvertures dans une chaude obscurité utérine. Mais il en subsiste toujours un sentiment d'incomplétude, causé par un décalage deviné pais nié entre la fiction séduisante et la réalité. La magnifique saga de Grace Kelly fait partie de ces fictions enfantines, primaires. L'image de la princesse ne peut survivre au temps. Nul enseignement ne peut être tiré des ces images polychromes d'un bonheur inatteignable, et on n'en retire que le sentiment fondé, d'un paradis d'autant plus perdu qu'il n'a jamais existé.
En revanche, voyez Wozzeck, l'opéra d'Alban Berg. L'histoire atroce d'un homme misérable qu'on rend fou, qui égorge sa femme et se noie, laissant un petit orphelin. Les dernières mesures juxtaposent trois images mentales fortes, plus fortes encore de leur superposition. 1. Les enfants excités qui cruellement viennent apprendre la nouvelle au petit : "La Marie, elle est morte! " et qui, joyeusement vont voir le cadavre, 2. Le pauvre petit tout seul dans la rue déserte et dans le monde hostile, qui continue à chevaucher son cheval de bois, un vieux balai et dit "hop hop ! hop hop ! ". 3. A l'orchestre un accord de douze sons étale répété trois fois, accord horizontal calme comme le grand sommeil, comme l'étang, comme la mort injuste et indifférente. Et cela donne une immense pitié, qui nous anime du désir que cela n'arrive jamais plus, une grande compassion. On pleure et cette catharsis est nécessaire, la splendeur formelle de la musique, le génie du compositeur, inversent le désespoir, apportent une réponse à tant de malheur quotidien. Sans cynisme, l'oeuvre d'élévation accroît notre lucidité, elle nous prépare à affronter les malheurs de l'existence et à y apporter des réponses positives. Et c'est cette catharsis qui fait que contrairement à l'oeuvre d'évasion, des images éffrayantes nous laissent un arrière goût consolant, nous font progresser dans la voie du développement et dans la connaissance de notre être essentiel. Les installations d'Annette Messager sont des visions funèbres d'épouvante et une révélation des tréfonds de notre inconscient; Mais nous en sortons émerveillés, grandis, plus sages et plus conscients de la complexité de l'âme féminine et pour les hommes, mieux préparés pour la comprendre. Jeudi, 13 septembre 2007Le journal du 13 septembre 2007La nouvelle lutte des classes : nouveaux riches étrangers vs. nouveaux pauvres français Continuer à lire "Le journal du 13 septembre 2007" Vendredi, 24 août 2007Le billet de Marina FédierLes séminaires interculturels Continuer à lire "Le billet de Marina Fédier"
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Jeudi, 9 août 2007Le journal du 10 août 2007Repli et retrouvailles
Mes collègues sont indifférents au temps, et se perdent dans des discussions passionnées sur des points qui me semblent purement académiques. La géopolitique fait en ce moment bon ménage avec la physique quantique et Marina Fédier en a profité pour écrire un billet sur les relations entre les nouveaux paradigmes de la science (ils n’ont qu’un siècle !) et ce que le XXIe siècle nous prépare pour le meilleur ou pour le pire.
Une des discussions concerne le programme de l’année prochaine et surtout la langue adoptée pour nos rapports. Jusqu’ici j’avais imposé le français, car c’est ma langue véhiculaire par excellence et mon point de vue a prévalu, un de mes collègues étant genevois, deux autres canadiens et le dernier, américain, comprend le français. Mais le souci d’alignement aux normes internationales prévaut, et il est possible que d’ici le mois d’août prochain, ce blog sera au moins en partie rédigé en anglais. Continuer à lire "Le journal du 10 août 2007"
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Dimanche, 5 août 2007Le journal du 5 août 2007Paradis vert
La proximité de Genève, et de la Suisse, à un quart d’heure à pied, nous vaut une invasion de vaudois et de genevois, fréquentant le golf et le marché. La ville en elle-même est la banlieue sud de Genève et fréquentée par des émirs, des oligarques russes, et à un autre niveau, par des cadres internationaux du CERN et des administrations, qui se rendent tous les jours au travail. Ce n’est guère excitant, mais vivifiant et reposant. On recharge ses batteries, et … il fait grand beau comme disent les genevois. Continuer à lire "Le journal du 5 août 2007" Samedi, 4 août 2007Le billet de Marina Fédier L’Entreprise citoyenne Continuer à lire "Le billet de Marina Fédier" Lundi, 23 juillet 2007Le journal du 24 juillet 2007Je préfère avoir raison avec Aron que tort avec Sartre On reconnaît dans cette formule, l'exacte inversion de l'adage des repentis des positions inqualifiables de J.P.Sartre (il ne faut pas désespérer Billancourt) et qui néanmoins s'il le fallait, recommenceraient avec verve les mêmes errements. Comme Médusa est l'inverse de Force de la Terre, et que je prends le contrepied de Médusa, la nouvelle formule correspond bien à ce qui constitue ma manière de penser.
Un grand quotidien français, relevant que Jack Lang, un totem de la culture politiquement correcte, et moi-même, représentant tabou de la culture politiquement incorrect, avons été honorés par le Président de la République, m'a demandé de me situer par rapport à l'ancien ministre dela culture. J'ai eu du mal à répondre car qui peut connaître un personnage aussi polymorphe? Et d'ailleurs j'ai déjà beaucoup de mal à me définir moi-même !
Ce qui est en revanche plus intéressant, est d'examiner notre activité, comme deu faces de Janus de la culture. Mais tout d'abord il me faut énumérer quelques points de convergence.
Les deux cultures Jack Lang a été incontestablement un des grands ministres de la culture, entretenant les meilleurs rapports avec la création vivante et ayant payé de sa personne : nul ne peut lui raconter des histoires sur tel ou tel artiste. Il est une personnalité hors pair, très populaire auprès les hommes de l'élite intellectuelle et maniant parfaitement le verbe, et sa quintessence : l'humour. C'est lui qui aurait dit : nous sommes venus au pouvoir grâce au verbe, nous avons le pouvoir, nous gardons le verbe. Se non e vero è ben trovato.
Cela dit, il faut tenir à l'esprit que certaines personnalités d'exceptions sont -pour employer une expression de Marvin Minsky, une "société de l'esprit" à eux tout seuls. C'est dire, que comme nous l'a enseigné Korzybsky nous ne devrions pas dire Jack Lang mais Jack Lang 1, Jarck Lang 2, Jack Lang n.1,2,3,n, correspondant à autant de moments de sa carrière.
Mais cela ne suffit pas, car au même instant plusieurs personnalités partielles et contradictoires, peuvent coexister, l'une d'entre-elle devenant dominante en fonction des circonstances favorables. Ainsi comprend-t-on la position de Lang. La main gauche qui proteste de sa fidélité indéfectible aux idéaux de gauche, ignore sa main droite, qui trouve toujours des accommodements avec l'homme fort qui lui tend la main. Si ce n'était que cela ... Marianne clame certes son dégoût pour les traitres qui ont trahi le "peuple de gauche". Mais Nicolas Sarkozy, en accord avec Jack Lang répudie cette notion. Il n'y a pas quoiqu'on dise un peuple de droite et un peuple de gauche, mais un peuple de France (pour l'instant) traversé par des idées, des idéaux, des valeurs, fluctuant avec le vent sous marin des courants de la mode et de la nécessité.
Le quotidien voulait opposer la culture de gauche Lang à la culture de droite Lussato, mais je lui fis remarquer que s'il y avait bien incompatibilité ce n'était pas une question de choix politiques, mais de ... mauvaise foi tout simplement. Qu'on n'y voie aucun reproche. La mauvaise foi n'est que la tentative pour couvrir l'inadéquation entre un modèle théorique rigide, et les nécessités de défense ou de protection du territoire. Continuer à lire "Le journal du 24 juillet 2007" Mardi, 10 juillet 2007Le journal du 10 juillet 2007Chronique italienne N°15
Cette liste internationale mérite un certain nombre de commentaires.
Deviens plus que tu n'es Réflexions personnelles d'un vieux professeur Continuer à lire "Le journal du 10 juillet 2007" Lundi, 11 juin 2007Le journal du 12 juin 2007La feuille de route du président Sarkozy Sans complexe le président distribue à ses ministres leur feuille de route. Fayol un des pères fondateurs de l'organisation avec Taylor et Weber, et mon prédécesseur à la chaire d'organisation du CNAM, écrivait que les travailleurs seraient motivés par deux buts : être rémunérés convenablement et durablement, avoir une feuille de route, c'est à dire savoir exactement ce qu'on attend d'eux, et ce qu'ils doivent faire. Il ne leur appartient pas de tracer la route, les chefs le font pour eux et ainsi ils s'épargnent les cruels dilemmes générateurs d'incertitude, de responsabilité, et d'ulcères à l'estomac.
Le grand problème pour l'organisateur du travail a qui est confiée la tâche ingrate de décentraliser, n'est pas l'opposition sournoise ou ouverte des mandarins du siège, c'est la crainte des directeurs locaux de devoir trancher. L'autonomie leur fait peur. Elle n'est souhaitée que lorsqu'elle est hors de portée. Les locaux se plaignent alors bruyamment de leur manque d'autonomie et nous explique que s'ils avaient le pouvoir de décision, on verrait ce qu'on verrait. Mais prenez-les au mot, ils seront empoisonnés. Certes ceci ne vaut que pour une partie de la population, mais cela tient à plusieurs facteurs. Il est tout d'abord des gens qui détestent prendre les initiatives et préfèrent effectuer un travail animal, selon l'expression de Karl Marx. D'autres, en nette minorité, piaffent et se révoltent. Ils veulent bouger, ils veulent faire des choses, entreprendre, aller vers de nouvelles aventures, relever de nouveaux défis. Lorsqu'ils perdent, ce sont des révoltés, des hors-la-loi, des empêcheurs de tourner en rond. Lorsqu'ils gagnent ils deviennent des chefs, des leaders, des patrons. Entre les deux tempéraments, sinon génétiques, ou géniques, du moins astrologiques, on trouve les comportements dûs à l'environnement. Dans une société centralisée, les futurs-éventuels entrepreneurs sont découragés, usés, contraints à quitter l'organisation. Ceux qui restent sont châtrés et obeissent aux lois de Fayol : ils absorbent leur pitance et comme l'âne muni d'oeillères, s'en vont tout droit vers la retraite.
Ce qui est vrai pour une société, l'est aussi pour la société. La France comme la Russie, découragent les initiatives privées. Il s'ensuit une passivité de la population dont le rêve est d'être fonctionnaire, bureaucrate, professeur d'université, juge ou écrivain. L'action qui leur manque, ils la projettent dans le rêve, la fiction, l'abstraction. L'idéologie les dispense de réfléchir, ce qui signifie déjà agir mentalement, prendre partie, accepter paradoxes et dilemmes. Incontestablement le clivage entrepreneurs-fonctionnaires, est tributaire des croyances religieuses. Dans notre occident, les pays catholiques favorisent la relation maître-esclave et cela donne le paradigme impérial (monarchie absolue, catholicisme intégriste, national - socialisme, communisme, islamisme intégral etc). Les protestants se sont évadés du joug idéologique mais le payent par un opportunisme qui frise le cynisme. Continuer à lire "Le journal du 12 juin 2007" Mercredi, 23 mai 2007Le journal du 23 mai 2007Repères "Tout ce qui est politique est culturel, tout ce qui est culturel est politique", me répétait souvent Alain Gourdon, ancien administrateur de la Bibliothèque Nationale, parodiant Jack Lang. Mais en dépit de la banalité de la formule, je ne suis pas loin de la trouver exacte. A condition, bien entendu de ne pas borner la culture à celles des pommes de terre ou de l'internet, auquel cas elle deviendrait tautologique.
J'ai déjà consacré deux livres (Bouillon de Culture, Le défi Culturel) au rapport entre la haute culture (celle des chefs-d'oeuvre qui honorent l'humanité) et la basse culture, qui au mieux vise le divertissement et l'émotion immédiate, et au pire satisfait à nos instincts les plus primaires pour en tirer le maximum de profit. Cette distinction toute socratique, est tout naturellement suivie par l'ensemble des grands artistes et je m'en suis expliqué dans ce blog. Malheureusement l'influence de Medusa, qui refuse toute hiérarchie et pratique l'égalitarisme forcené, a diabolisé cette distinction, en dépit - ou à cause - de sa valeur d'évidence pour la totalité des artistes et des écrivains de tous les temps et de toutes les nations - sauf, bien entendu l'ère de la contreculture qui a sévi à partir de Lénine.
Matrix, la société de divertissement de masse (les armes de distraction massive forgées par l'Amérique) rejoint pour des raisons opposées Medusa. Matrix combat la haute culture parce qu'elle ne rapporte pas d'argent, du moins pas à partir du public banalisé mondial qu'exploitent les grandes firmes planétaires. Boulez ou Mahler, rapportent moins d'argent que Madonna ou Céline Dion. Le grand Public, serait bien en peine de nommer cinq grands artistes de notre temps, toutes spécialités confondues, alors qu'il connaît sur le bout de doigts le nom des chanteurs rapp, du show biz ou du cinéma de divertissement. De ce point de vue, Nicolas Sarkozy, en honorant publiquement Johnny Halliday, Mireille Mathieu et Doc Gynéco, était à l'unisson du peuple, ce qui est sa stratégie.
Mais devenu Président, Sarkozy a compris que de même qu'il représente tous les Français, il doit honorer aussi bien les stars populaires, que les grands hommes qui ignorés du peuple, ne sont connus et accessibles que par une élite. Or devenir une grande cantatrice ou un pianiste virtuose, delande infiniment plus de travail à l'artiste comme au public, mais ce labeur non productif dans l'immédiat, se révèle comme un des fondements de toute civilisation qui se respecte. L'exemple vient d'en haut, mais comment le haut pourrait-il le donner s'il n'était pas guidé?
C'est dans les arts plastiques, que les repères sont le plus brouillés. L'homme politique est soumis à d'innombrables influences incessantes. La pire est le clientélisme : on saupoudre les fonds à un grand nombre d'artistes médiocres et affamés au lieu de les concentrer sur les plus "performants", les têtes de file. Mais losqu'on tient compte de la notoriété, on tombe entre les griffes des galeries qui fourguent aux institutions d'Etat, leurs poulains, tantôt novateurs géniaux, tantôt médiocres épigones, les premiers servant d'alibi aux seconds. Ainsi, même François Pinault est tombé dans le piège,victime de conseiller plus ou moins sectaires, interessés, ou ... les deux. La mode, la spéculation, la promotion par de grandes galeries, les parti-pris de l'intelligentsia sont déterminants. Par exemple Georges Mathieu, Hans Hartung, Leon Poliakoff, qui ont créé d'inestimables chefs d'oeuvre, sont tombés dans l'oubli, supplantés dans leur pays, la France par des nouveaux réalistes, même vulgaires ou médiovres.
Le projet New Wave sélectionne les 25 plus grands artistes du XXIeme siècle. (Soulages, Rauschenberg, Stella et autres classiques, sont hors-concours). Frédéric Bonnet qui est notre animateur et notre professeur, m'a adressé une liste que j'ai commenté à l'intention du pouvoir. Je serais heureux que ces immenses talents mondiaux soient accueillis et honorés par nos officiels -puisque l'exemple vient d'en haut) et que leur oeuvre soit exposée en permanence dans nos musées. Tous peuvent voir les nymphéas ou la Joconde à volonté. Il n'en est pas de même pour un magnifique Jeff Walls ou pour telle video de Bill Viola. C'est à quelques amis qui sont suffisamment proche du pouvoir pour inspirer le Président, que je dédie cette liste. Puissent-ils se convaincre et convaincre autour d'eux les décideurs institutionnels, de la nécessité de se doter d'un réseau de relations dense et du plus haut niveau. Jack Lang ne s'en privait pas, et il a laissé le souvenir d'un homme sectaire, mais cultivé.
La culture ne doit plus résider à gauche, elle appartient à tous les Français, et c'est le président qui les représentent. Je n'en dirai pas plus aujourdhui.
Dimanche, 20 mai 2007Le journal du 21 mai 2007La feuille de route du président Sarkozy Même ses détracteurs doivent le reconnaître : le nouveau président a fait preuve jusqu'ici de trois qualités majeures : 1. Il a annoncé nettement la couleur, déclaré des mesures anti-démagogiques comme la suppression des droits de succession ou anti-establishment, comme le niet opposé à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne. Plus encore, il a eu le talent de bien s'entourer et pendant deux ans, de forger une véritable charte politique, conforme aux valeurs traditionnelles de "Force de la Terre" et fondée sur les mots tabou de Travail, Famille, Patrie et efficacité. La majorité des Français s'est reconnue dans ces valeurs prioritaires et la gauche elle-même a dû reconnaître la capacité politique de l'équipe présidentielle et prendre exemple sur lui pour aborder sa "refondation". 2. Il a jusqu'ici tenu parole et s'est montré le Président de tous les français. Son gouvernement fait la preuve de la parité hommes-femmes, et de l'ouverture vers le centre et la gauche. Ses adversaires, dont Libération, hurlent au hold-up, mais lorsqu'il s'agit de Ségolène Royal, ils parlent de largeur d'esprit et de tolérance. 3. Il a dit qu'il irait vite, et il va vite, comme il court vite et parle vite. Là encore, les esprits chagrins qualifient de gesticulation, cette rapidité d'action et de décision. Il y a tout à parier que dans le futur ils feront le possible pour freiner les initiatives de Nicolas Sarkozy, de lui mettre les bâtons dans les roues, pour déplorer ensuite retards et échecs.
Il faut ajouter à ces qualités, une conception particulière du rôle de Président, opposée à celle de sa rivale. Cette dernière écoute, enregistre les doléances de ce qu'elle appelle les Français, et les reflète dans des mesures protectionnistes et démagogiques. Il est inutile de nous appesantir sur son caractère "mère Teresa". Mais Ségolène porte un masque, et, comme le disait Carl Gustav Jung, plus il est séduisant, plus horrifiant est ce qui se cache derrière. On a vu que la madone, losqu'elle jugeait bon, pouvait se transformer en une véritable furie.
Revenons-en au postulat fondamental de Nicolas Sarkozy. Il est connu et brise le tabou du mythe parlementaire. Il a lu les grands hommes, ceux qui ont redressé leur pays en difficulté et il a constaté qu'ils endossaient tous les pouvoirs, ils suivaient leur conviction sans se laisser détourner par leur opposition et comptaient sur une équipe à leur dévotion. C'est d'ailleurs ce que le Général de Gaulle a compris lorqu'il a fait succéder la Ve République à la quatrième. Là encore, l'opposition criera- et a crié - à la dictature : Sarko-Facho. Mais si Mussolini, Hitler, ont trusté tous les pouvoirs, il en est de même de Lénine, Staline, Castro, Mao, pour ne citer que les idoles de la gauche de naguère, et de Churchill, de Tatcher, d'Adenauer et de De Gasperi du côté de la liberté. Et la France est dans un tel état de décomposition, qu'on risquait si elle se prolongeait, la guerre civile ou l'avènement d'un dictateur, un vrai.
Cela dit, il y a deux séries d'embûches qui l'attendent sur son parcours, l'une de nature geopolitique, qui concerne les frontières et les alliances de l'Europe, l'autre de nature beaucoup plus insidieuse et d'ordre culturel et idéologique. Je relate une discussion avec Alexandre Del Valle, géopoliticien grand connaisseur de la Turquie, de Chypre et de la Russie et notoirement politiquement incorrect. (Il me semblait inutile de discuter avec des politiquement corrects, tous les lisent par définition et ils envahissent les congrés, les séminaires et les ministères). J'ai replacé notre échange de vue dans la revue de très grande qualité dirigée par Patrick Wasjman et dont le numéro de printemps a accueilli Nicolas Sarkozy lui-même. (Politique internationale, N° 115).
Le piège géopolitique
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dans Bouillon de culture par Bruno Lussato
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Me voici depuis quelques jours à Divonne avec mes collègues de l’ISD. L’endroit est particulièrement sédatif et propice au travail : en dehors du golf, il n’y a pratiquement rien à faire et lorsqu’on n’a pas de voiture, rien à visiter. A San Remo, j’étais au paradis du bleu, joie de vivre, incitation aux plaisirs de la table, de la mer, de la musique napolitaine, de la chair pour qui en a l’âge d’en profiter. Ici c’est le paradis du vert, de la méditation, de la concentration, sous le signe du Mont Blanc, encore enneigé, paysage pris entre les formes sombres et sévères du Jura, et les lignes de crête des Alpes.