Samedi, 17 novembre 2007
Les Dhimmis selon Brecht

J'ai à maintes reprises cité L'Ascension et la Chute de la Ville de Mahoganny de Bertolt Brecht et de Kurt Weil qui tire la leçon de la passivité bovine de la population française devant les grèves qui l'étouffent, la ruinent, la met sous la loi d'airain des rapports de force, rapports iniques légalisés par les "avantages acquis"; lutte qui ne prétend même plus de se battre pour le bien, pour la France, pour les pauvres. Car les riches ont les moyens de s'affranchir de ces contraintes, les heures perdues ne sont qu'une péripétie de plus dans le déclin inéluctable de la France, dont ils s'affranchissent en s'expatriant, en multinationalisant, en mondialisant. Ce sont les pauvres et les classes moyennes qui sont pris en otage. Ce sont eux qui payeront la perte de compétitivité causées par des malfrats (comment les nommer autrement) que ces derniers avec toute la gauche, imputeront à Nicolas Sarkozy, le bouc émissaire idéal, l'ami des riches et des paillettes, le divorcé, le petit émigré, le populiste. Haro sur le baudet!
J'ai soigneusement observé le comportement des victimes de cette clique de cheminots dont François de Closet a complaisamment énuméré les privilèges exorbitants, arrachés à la population avec la complicité de la gauche. On ne devait pas attendre de ces pauvres gens, la moindre révolte, la moindre accusation, le moindre geste de désapprobation contre les auteurs de leurs malheurs. C'est tout juste si ce n'est pas l'Etat qui était mis en accusation pour tenter de tenir ses promesses. Je voyais ces faces résignées, défaitistes, incapables de la moindre réflexion politique ni existentielle. Des faces de dhimmis, pareilles à ces "musulmans" qui passivement se laissaient docilement mourir dans les camps, incapables de la moindre révolte, s'opposant même aux courageux et entravant leur lutte. (Note : on appelait alors "musulmans" les détenus qui acceptaient leur sort comme une fatalité et dont le taux de mortalité se révéla en définitive le plus fort) Ah, les dhimmis ! Combien le Coran a raison quelquefois de nous reprocher notre lâcheté, d'autant plus déshonorante qu'à s'opposer, qu'à réagir, qu'à affronter nos ennemis qui sont aussi ceux de la France, on ne risque rien de plus que d'être traîtés de Le Pénistes, de diviseurs, de fascistes et autres hérésies. C'est devenu bien anodin.
Mais revenons à Mahoganny et à Brecht.
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Mercredi, 29 août 2007
Chronique
Texte en provenance de ADL.
Cher professeur, je me permets de vous confier quelques remarques concernant votre site. Serait il possible de disposer d'un moteur de recherche un peu plus puissant? La recherche est exclusivement sur les contenus et on ne peut pas faire de recherches par auteurs. Votre classement est quelque peu obscur, lorsque l'on revient après un certain temps il est difficile de s'y retrouver, vous risquez de perdre un peu d'information. Il faudrait une sorte de plan général, sinon vous risquez de vous retrouver en face d'une oeuvre aussi impénétrable que l'entretien.
J'espère que vous allez bien, je suis très heureux de lire de temps en temps les interventions de Marina Fédier qui sont pour le moins passionnantes.
Avis à Emmanuel Dyan et en attente de suggestions des autres internautes. Alexandre qui a signé ce commentaire, est un autre Alexandre que ceux dont il est question sur ce Blog.
Qualité totale, zéro défaut
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Dimanche, 26 août 2007
La France au travail et les Français à la pétanque
J'ai été en retard pour la rédaction du journal du 25, étant occupé à changer d'hôtel. Me voici passé du Château au Grand Hôtel. Cet établissement, fréquenté entre les deux guerres par ma mère et se amies, avait conservé voici quelques années un charme désuet. Il n'était pas très luxueux, mais confortable, le public était sympathique : beaucoup de vieux couples, des genevois venu assister aux ventes aux Enchères de Me Kohn, à la recherche d'opalines Napoléon III, de tapis anciens, de Renoirs presque authentiques, de Trouilleboeuf, authentiques, et autres meubles estamplillés Jacob. Une de figures les plus marquantes étaient Marcel Dassault, accompagné d'un général-assistant-garde du corps et de son épouse, Lucienne Marino, pianiste. La piscine manquait du confort le plus élémentaire, et c'est pourquoi voici quelques années j'émigrai au Château qui venait de s'en doter une, magnifique, et dont le parc était un véritable paradis vert. Le château ayant décliné, à la suite de manque de personnel qualifié, je descendis au Grand Hôtel.
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Mercredi, 15 août 2007
Le néant et l'être
Ce journal enregistre le contenu de ce 15 août, date sacrée en France, où les quelques uns qui travaillaient encore se reposent pour montrer leur adhésion à la religion catholique. Jour de ferveur, de méditation zen, ou nadir de notre activité, je ne sais. Les trois interprétations sont également viables. La ferveur est le prétexte du jours férié, le zen qui exprime le vide, est partout omniprésent : à la télévision, dans la presse, dans les propos des gens, dans les bureaux et les entreprises, vide peut être vraiment vide, plus vide que vide, le néant absolu, puisque dépourvu de toute potentialité de développement, contrairement à la vacuité zen. Enfin le nadir, le point le plus bas, de l'activité du pays le plus paresseux de l'occident, il explique largement la chute de nos prévisions économiques. Ni Sarkozy, ni Ségolène, ni même Bové n'y pourront rien. Le vide est inscrit dans nos cellules, au tréfond de nos cerveaux, au coeur de nos réflexes, et rend le pays amorphe et violent, soumis et ingouvernable, agité et apathique.
Journal télévisé du 15 : néant
Presse écrite du 15 : néant
Emissions culturelles du 15 : néant
Activité de la France le 15 : néant
Le nadir boursier
A ceci s’ajoutent les effets de la bulle immobilière qui sanctionne le fossé qui sépare l’économie virtuelle de l’économie réelle, le calcul des technocrates et les réactions émotionnelles des petits actionnaires.
Nul n’avait prévu voici quelques mois l’ampleur du désastre immobilier. Les donnes en sont subitement modifiées. Les jeunes talentueux de chez Goldmann Sachs à New York, ne rêvent que de regagner Londres, ce qui était inimaginable voici cinq ans. La création, les grands projets, ont quitté les Etats-Unis pour fertiliser la Chine et la Russie. Pour la première fois la santé américaine est tributaire des décisions des arabes du golf. Il suffit qu’ils retirent leurs fonds en dollars pour susciter un drame outre Atlantique.
La vacuité américaine
Le prestige et la réputation des Etats-Unis sont au plus bas, et le fait d’avoir mis à la tête du plus grand pays du monde, un homme de la médiocrité de Bush, a été une des nombreuses erreurs de jugement de l’Amérique. Malheureusement le jeu est « loose-loose » tous ont à y perdre, même si l’Europe risque en dépit de ses rigidités bureaucratiques ou peut-être à cause de ces rigidités, de résister un peu mieux à l’éclatement de la bulle. Le néant conceptuel favorise la panique des marchés, et les self fulfilling propheties . Bien que les grandes banques attendent un mois pour juger de la situation, il est malheureusement probable que l’économie dite réelle sera touchée à cause de l’interpénétration du réel et de l’abstrait. Je disais dans les masterclasses que lorsque la réalité est sacrifiée au dogme, elle se venge tôt ou tard en retombant comme une avalanche de briques sur notre tête.
LE TRAVAIL L’hôtel du Château, où je réside est en chute constante de qualité depuis deux ou trois ans. Il existe plusieurs raisons au déclin de ce quatre étoiles naguère séduisant.
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Commentaires
sam 30/08/2008 à 02:33
Réponse : 2008 : Lily Safra au rai vendu la villa au milliard aire oligarques Russe Mikhail Prokhorov au prix record [...]
ven 22/08/2008 à 16:35
Qui était l'ancien propriétair e ?
mar 19/08/2008 à 17:45
Quelqu'un aurait-il des nouvel les de l'état de santé du Prof esseur? Je commence à m'inquié ter un peu devant la dur [...]
jeu 31/07/2008 à 15:49
Merci de partager avec de simp les mélomanes cette limpide et profonde analyse. Plus encore que l'écoute, elle nous [...]
mar 22/07/2008 à 23:16
Come sta Professore? è da un p o' che non ci sentiamo per le traduzioni in italiano del suo blog. un caro saluto, r [...]
lun 21/07/2008 à 18:38
Les amis, les rencontres, les voyages sont encore bien plus importants que les oeuvres. C ependant j'ai souvent tr [...]
dim 20/07/2008 à 18:43
Je lis le chapitre "Theatrum M entis" de Virus, je m'accroche mais je suis à chaque fin de chapitre de ce livre réc [...]