Thursday, 3 May 2007
La force de l'image
Le débat Royal-Sarkozy
Commentaire de Harry M.Bronstein.
Elle a été bonne. Comédienne accomplie. Sarkozy a perdu une bonne occasion de se taire en avançant le cas des handicapés. Elle en a profité pour piquer une "saine colère" et de se poser ainsi en révoltée par l'injustice, une femme de coeur, sans compromission. C'était d'une grande tragédienne. Vraiment bien fait.
Lui n'a pas été mauvais. Il faut actuellement que ses lieutenants dissèquent les propos de Royal et montrent qu'elle ne connaît pas les dossiers.
Décodage de deux couvertures

Ici Sarkozy regarde de côté, il est mal rasé, l'oeil un peu torve. L'air dubitatif. Les mains sont crispées dans un geste peu élégant. Le mot-clé : perdre.

En revanche, Segolène Royal apparaît triomphante; le sourire confiant et conquérant, le visage dressé, les yeux tournés vers le ciel en une vision d'avenir. Le mot-clé est battre.
Une remarque inquiétante : l'image positive pour Ségolène, vient d'un magazine de gauche, ce qui est parfaitement normal, l'image négative pour Sarkozy vient d'un magazine réputé de droite, ce qui l'est moins. Ces deux images illustrent assez bien le débat : elle, femme de caractère, animée par une vision rayonnante, des convictions fortes qu'elle saura défendre, lui, comme un personnage plus calme, rationnel, et sans flamme.
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Wednesday, 2 May 2007
Projet contre projet ? Ou ... ?
Gardera-t-il son calme face aux provocations ?
L'une : travaillez moins et gagnez plus. Suspension de la liberté du travail : retraite à 60 ans, 35 heures généralisées. Partenaires sociaux = ?
L'autre : les paresseux gagneront moins que les autres. Liberté complète de travailler comme on le souhaite, autant qu'on le souhaite et jusqu'à l'âge que l'on souhaite.
La diabolisation de l'un des candidats (devinez lequel) est bien réelle, ceux qui se gaussent de sa position de victime feraient bien de venir inspecter l'ascenseur de mon immeuble : il est literallement vandalisé par des inscriptions Sarkozy SS, Sarkozy non. Je voudrais bien qu'on me donne le contre exemple. Bruno Lussato.
OUI..., MAIS
Il en a presque trop fait, car il regardait sans cesse le bout de ses chaussures alors que Ségolène pouvait passer pour une femme de conviction.
A chaque fois, Sarkozy dominait par son calme et en contredisant les chiffres énoncés par son adversaire. Le climax fut déclenché par une maladresse de Sarkozy. Il aborda avec décontraction le thème des handicapés, alors que Raffarin avait supprimé 7000 postes d'aides. Certes, il n'était pas alors premier ministre, mais on ne s'arrête pas à cela dans un tel débat. La maladresse du côté Royal a été moins cette "colère sacrée", "cette révolte" qui n'est pas de l'énervement, que la transformation de son visage, révélant un instant à quel point la madone pouvait se transmuer en une redoutable mégère. Le sourire devenu rictus méprisant, les yeux lançant des éclairs, le doigt accusateur pointé contre son adversaire, tout cela pouvait effrayer ceux qui ne la connaissaient pas sous ce jour. Ce qui était certain, est que l'énervement n'était pas dans le camp de Sarkozy, qui suivant les conseils prodigué, répétait " ne vous énervez pas, Madame, quand on veut être présidente on ne perd pas le contrôle de ses nerfs... - Je n'ai pas perdu le contrôle de mes nerfs, je suis en colère... " - "Qu'est ce que ce serait si vous les perdiez" sourit Nicolas, rendant sa politesse à la gauche qui le présentait comme un excité.
En fait Ségolène Royal tirait sans cesse le débat vers le bas (le compassionnel, les handicapés, les vieux, et pour finir ses qualités de femme, mère de famille etc... pendant que Nicolas Sarkozy jouait l'apaisement, montrant ostensiblement un respect pour la personne de Royal, alors que cette dernière refusait de se prononcer sur la personne de Sarkozy, interessée uniquement par le débat d'idée. Mais elle demeura dans le flou, aussi bien dans le compassionnel (vous avez arrêté un grand-père devant la porte d'un lycée et sous les yeux de son petit neveu, c'est indécent) l'autre répliquant : où fallait-il l'arrêter? Dans la rue? Chez lui? - Pas de réponse.
Même flou pour le nucléaire, les deux adversaires se contredisant formellement. Ou encore sur la Turquie, Ségolène demandant une pause de réflexion pour respecter la parole donnée, sans se prononcer, Sarkozy lui demandant si quarante ans n'étaient pas suffisant pour donner une réponse, et s'il fallait encore attendre dix ans (chiffre énoncé par Ségolène) pour refuser l'entrée. Alors que Ségolène se rangeait à l'avis de Chirac, militant pour que "l'on respecte ce grand pays", Sarkozy répondait qu'on pouvait respecter la Turquie et déclarer qu'elle se trouvait en Asie mineure, et que seuls les ennemis de l'Europe voulaient son rattachement au continent pour mieux le faire éclater.
Les commentaires de la 3ème chaîne montraient que les UDF basques voteraient nul ou Ségolène. Il estimaient que Sarkozy a déjà fait le plein des voix du centre, tendance droite. Auquel cas il perdrait.
Les memebres consultés de l'ISD pensent que ce débat ne changera pas le pronostic du vote qui se jouera dans un mouchoir de poche.
Si Nicolas Sarkozy etait Yang mâtiné de Yin, Ségolène se révéla plus Yang que Yang, en dépit de son contenu compassionnel Yin. On pense à la Reine de la Nuit dans le premier acte de la Flûte Enchantée de Mozart. La femme tendre, éplorée, la mère victime du méchant mâle, se mue soudain en virago conquérante, au sourire devenu de compatissant à carnassier. Mais le personnage personnifie les forces des ténèbres, en serait-il de même pour la redoutable Ségolène Royal qui en déplorant la fracture en deux blocs, essayait par tous les moyens de diaboliser son adversaire, en l'accusant d'immoralité.
Un moment comique fut donné par la proposition de Royal, de plutôt que réprimer les délinquants, faire raccompagner par les policières qui rentrent chez elles par des policiersn ce qui permettrait ainsi d'augmenter le nombre de fonctionnaires. Royal faisait preuve d'angélisme, en supposant qu'il suffit de former des voyous pour qu'ils renoncent à leur violence, et qu'il n'y a qu'a augmenter le SMIG pour que ceux qui actuellement travaillent 39 heures en traînant la patte, deviennent brusquement motivés et performants en 35 heures... ce qui permet d'augmenter leurs loisirs jugés insuffisants. (Il pourraient faire du sport, s'occuper de leur famille, voir des jeux vidéo), ainsi on gagnerait la bataille de la compétitivité.
Enfin, chaque fois que Ségolène ROyal pressée par Sarkozy de donner des chiffres ou de prendre position, elle répondait invariablement : je discuterai de cela avec les "partenaires sociaux". Pitoyable.
Tuesday, 1 May 2007
Mises à jour
Ayant récupéré mon blog, je vous transmets le condensé original du journal du 28 et à la suite, le contenu in-extenso.
Le journal du 28 avril 2007 Condensé.
La "guerre des représentations", nous savons ce que c'est : les belligérants combattent par image médiatique interposée. Les évènements, les êtres et les choses, sont projetés sur une carte imaginaire, la carte des représentations. Ce ne sont pas les programmes que Sarkozy ou Royal appliqueront s'ils sont élus qui sont débattus, (en admettant qu’ils le sachent) mais leur réponse à ce qu'ils pensent être le désir de leur électorat. Avec des nuances : plus de Yin ou de Yang, plus de collectivisme là, plus de libéralisme, ici.
Mais une représentation n'accroche le public que si elle est porteuse de signification. Les sémanticiens (cf. Hayakawa, Language in Thought and Action) distinguent deux types distincts de signification : la dénotation et la connotation. Celle-là est fondée sur une observation des faits, objective et par conséquent falsifiable. Celle-ci sur de libres associations fondées non pas sur des preuves, mais sur une intime conviction (vraie ou supposée). Ce sentiment subjectif est non falsifiable puisqu'il échappe à la preuve. C'est ainsi qu'à propos de la pression supposée de Nicolas Sarkozy sur les médias, en vue d'étouffer son débat avec Royal, François Bayrou a déclaré qu'il avait « une certitude mais pas de preuves ».
Qu'est-ce qu'une « certitude sans preuves »? Une inférence. C'est à dire l'interprétation subjective d'un faisceau d'observations factuelles préalablement filtrées.
Pourquoi Bayrou a-t-il précisé "sans preuves"? Par honnêteté? Sans doute pas, maistout simplement pour déclarer son assertion non falsifiable, ce que l’on appelle une précaution oratoire. On ne peut en effet ni prouver ni démentir une certitude quant à l'intention de l'adversaire. Si on le pouvait, on aurait des preuves.
Désinformation et connotation
Or la désinformation se nourrit de connotations émotionnelles, favorisant les glissements sémantiques. Voici un exemple tiré du procès d’intention intenté à Nicolas Sarkozy.
1. On commence par sélectionner les médias qui ne veulent pas coopérer avec François Bayrou et Ségolène Royal (Canal +)
2. On constate que les propriétaires de ces médias appartiennent à des financiers. (Ce qui est le cas de pratiquement tous les grands médias, y compris Libération et Le Monde).
3. Le propriétaire d'un journal a la possibilité de faire la loi aux journalistes. (Ce qui n’est que partiellement vrai, car tout rédacteur, tout journaliste, en France, a le droit de donner sa démission en cas de pression, tout en touchant de fortes indemnités de licenciement).
4. Certains propriétaires sont les amis de Sarkozy. (On ne cite pas ceux qui sont des opposants, ni proches de Bayrou).
5. Sarkozy a leur demandé de boycotter le débat Bayrou-Royal par la menace et la terreur. (Ceci est vraisemblable, mais c’est encore plus le cas des pressions de l’intelligentsia de gauche sur les journalistes, taxés de fachos s’ils soutiennent la « droite » lepéniste. Le terrorisme intellectuel ça existe).
6. Les propriétaires ont obéi et obligé sous peine d’exclusion les journalistes à obéir à leur tour. (Si c’était le cas, on ne comprendrait pas comment Sarkozy pourrait être l’objet d’une campagne violente TSS).
7. Conclusion : Sarkozy fait percer une grave menace sur nos libertés.
Continuer à lire "Le journal du 1er mai 2007"
Saturday, 28 April 2007
J'ai enfin pu avoir accès à mes commentaires et j'ai commencé à y répondre. Demain 1er Mai vous aurez la reprise du journal et une "masterclass". excusez mon absence. Bruno Lussato
Bruno Lussato ayant des difficultés à communiquer avec son blog, il m'a dicté par téléphone un court résumé du journal du 28 avril qui ne vous parviendra in extenso que plus tard. Le sujet en est la "guerre des connotations". La guerre des représentations, nous savons ce que c'est: les bélligérants combattent par image médiatique interposée. Les événements, les êtres et les choses sont projettés sur une carte imaginaire, la carte des représentations. Il ne s'agit pas de programmes qui seront appliqués après l'élection, mais d'une réponse aux désirs supposés des électeurs: un peu plus de collectivisme par ci, un peu plus de libéralisme par là. Mais une représentation n'accroche le public que si elle est porteuse de signification. Les sémanticiens distinguent deux types de significations: la dénotation et la connotation. Celle-là est fondée sur une observation relativement objective des faits, donc fasifiable; celle-ci, sur des des associations s'appuyant non pas sur des preuves mais sur une intime conviction, non falsifiable puisqu'elle échappe à la preuve. C'est ainsi qu'à propos de la pression supposée de Nicolas Sarkozy sur les médias visant à étouffer son débat avec Ségolène Royal, François Bayrou a déclaré qu'il avait une certitude mais pas de preuves.
Continuer à lire "Journal du 29 Avril 2007"
Friday, 27 April 2007
Preview
Je rencontre des problèmes de connexion Internet que j'essaye de résoudre. A ce soir.
Aujourd'hui nous avons atteint le chiffre record de 446 visites. Merci de votre fidélité.
Bruno Lussato
Thursday, 26 April 2007
Qu'est-ce qu'un vrai débat?
Plus on en parle, moins il y en a. Un débat doit à mon sens obéir à deux critères pour mériter son appellation :
1.Le test de falsifiabilité. Il doit échapper à la circularité des propositions indécidables et des pétitions de principe. Par exemple : un juif est faux et a le nez crochu. Mais s'il est franc et qu'il a le nez droit, il est doublement juif puisqu'il simule la franchise et qu'il emprunte des traits étrangers à sa judéité. Cet exemple pour affreux qu'il soit, illustre bien le mécanisme. Il est évident qu'aucun débat n'est possible lorsque l'adversaire est campé dans cette posture.
2. Le test de malléabilité. Si la proposition d'un des débateurs est falsifiable, elle sera falsifiée par son adversaire et on sera obligé de réviser les positions initiales. Au contraire dans un faux débat, chacun campe dans ses positions, répond à des assertions par des échappatoires et la position reste bloquée.
Le grand débat entre Sego et Sarko risque d'être une alternance de monologues prévisibles, chacun adaptant ses postures à ce que ses conseillers en communication croient être l'attente du public. Quant au fond, il est non moins prévisible et l'issue sera à l'image de la cohabitations des contraires prônée par le NI NI. Ce qui sera jugé est moins du fond que de la forme : "elle" a été figée, "lui" était crispé...
Ce qui est révélateur dans ce deuxième tour est le dévoilement de Bayrou en tant que sous-marin de Medusa. Normalement il aurait dû en tant qu'UDF, donc en tant que représentant de la droite modérée française, donner des consignes à droite. Or il a été nettement plus cinglant envers sa famille qu'envers la famille adversaire, ce qui montre sa partialité. (Il avait déjà déclaré que sur certains sujets, il était plus à gauche que la gauche). Ceci ne nous étonne pas, car en tant que représentant des intellectuels, des professeurs, des syndicats et de la justice engagée, en tant que défenseur de Battisti, il se devait d'adopter cette position. Au sujet des postures, ce centriste prônant l'ouverture à tous, a été d'une violence que l'on aurait vivement reproché à Nicolas Sarkozy. Ce dernier a essayé et ... est parvenu à donner l'image d'un homme raisonnable, pacifique et ouvert.
L'information derrière l'information: les deux candidats sont aussi têtus et violents l'un que l'autre, il n'écoutent qu'eux mêmes et essayent de donner le change. Ségolène avec son sourire figé qui semble être le résultat d'une peau du visagge trop tirée, et sa robe blanche immaculée, Sarkozy, avec ses appels à la tolérance et son ton mesuré. Avec en prime pour celle-là, la stupidité et l'intolérance, pour celui-là une égale intolérance et une culture universitaire défaillante. Quant à Ni Ni
il ne se soucie guère de cacher son arrogance et sa soif de revanche devant tant d'humiliations ressenties. Et la violence qui vient de là est peut-être encore plus dangereuse.
Le débat essayera d'estomper l'information derrière l'information, de gommer les aspérités... Un spectacle convenu mais plein de surprises, entre les deux acteurs. Le plus défavorisé n'est pas celle qu'on pense. L'air de la calomnie de Basile nous a appris que rien n'est plus difficile de lutter contre des reproches infondés. Plus ils sont irrationnels, plus ils sont indétachables. Libé a beau dire "nous n'avons pas de haine", la "haine" est un slogan de la droite, elle existe bel et bien. Il reste à savoir qui l'a semée. On sait également que cette haine-là n'a rien de vertueux ni de légaliste. Elle est prête à exploser dans la rue si le président élu par les Français était le diable. Lutter contre le diable est un devoir transcendant, transcendant aux lois, transcendant à l'ordre, et aux éléctions. La vérité n'est majoritaire (pour paraphraser Mitterrand) qu'à condition que la majorité soit de gauche.
Les commentaires d'aujourd'hui appellent-ils un débat?
Certainement. Et un vrai débat. En effet un grand nombre d'objections qui ont été formulées contre les propos du journal du 25 avril m'ont amené à réviser, à préciser, voire à récuser certaines de mes formules, trop hâtives ou imprécises. C'est ce à quoi je vais m'attacher dans la suite de ce journal.
Une nouvelle interruption possible
J'ai expérimenté à mes dépens la loi du blog. Dès que je suis parti en week-end, le taux de fréquentation a baissé de moitié rapidement, pour remonter aussitôt dès mon retour. Je vais donc essayer de me rendre demain, Samedi et Dimanche dans un Cybercafé. Restez en ligne pour la critique des critiques que j'ai adressées à mes critiques.
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