Wednesday, 16 May 2007Le journal du 17 mai 2007Rétroliens
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Je découvre à l'instant votre très intéressant billet au sujet de Lohengrin, aussi je me permets une intervention dont je vais tenter de minimiser la longueur (ce qui peut entraîner quelques schémas grossièrement résumés dont je m'excuse d'ores et déjà) en ne pointant que certains détails.
Je ne l'aurais évidemment jamais dit de la même façon que vous, mais au-delà de la controverse suscitée par cette mise en scène, j'ai perçu une cohésion avec l'intentionnalité de l'oeuvre, notamment eu égard à son caractère mélancolique, pessimiste et romantique.
J'ai également été saisie par le parti pris, à mon sens intelligent, de Carsen d'accentuer l'opposition entre ces deux mondes. La phase critique de ce choix demeurant a priori" si l'on se contente du premier abord une époque tendancieusement appelant le "bras juste" et le "guide", mais il me semble précisément judicieux de situer l'action dans une époque critique et que l'on pourrait dire politiquement et identitairement déséquilibrée l'importance de la question symbolique de l'origine et du nom. De plus, cela rebondit sur l'état d'esprit d'alors du compositeur qui se sentait "non reçu" pour ce qu'il était au sens philosophique et artistique de l'Être.
Par contre, là où vous pointez la désinformation qui effectivement est un modus operandi de la part d'Ortrud, je pointerais pour ma part tout autant, la finalité et l'origine de ce modus au travers de la question d'une certaine foi (non uniquement religieuse évidemment) envers d'autres ordres. Il me semble qu'Ortrud symbolise et incarne l'ancienne loi (paganisme) là où Lohengrin est l'émanation transcendante directe de la nouvelle en quelque sorte. (Et je ne fais aucune allusion à des figures prénazies, je situe mon langage plutôt en rapport avec un mode de pensée soucieux des Antiques.)
Enfin, il me semble aussi que le processus enclenché par Ortrud est à double tranchant eu égard à sa légitimité. Car en effet, si l'on est du côté de cet ordre nouveau, de cette foi absolue en celui qui est sur-missionné, la question est illégitime, mais si l'on parle d'Amour au sens Humain et transcendantal du terme (Nietzsche inclus), la question est légitime, car qui ne voudrait pas connaître ce qu'il aime? Qui ne voudrait pas nouer son Être dans l'Être aimé? Ce pourquoi même si Ortrud ne peut l'emporter face à la loi nouvelle, Elsa ne pouvait pas gagner car son Amour est Humain donc n'est pas compatible avec le renoncement (une des plus belles illusions de la pensée wagnérienne).
Du reste, vous dîtes redoutable Ortrud, certes, mais n'est-ce-pas parce que souvent chez Wagner une femme qui "sait" est une femme dangereuse? Ou bien une femme qui doit se perdre et s'abimer elle-même dans son propre savoir? Question ouverte..
Cordialement
Je suis d'accord avec vous sur l'illusion wagnérienne. C'est ourquoi on a un tel sentiment d'incomplétude au sortir de cette oeuvre. La séparation du couple est injustifiée, elle appartient à un autre temps, ici Wagner rétrograde.
Lorsque vous dîtes "ici Wagner rétrograde", que voulez-vous signifier au juste? Est-ce à dire pour vous qu'il rétrograde conceptuellement ou bien ponctuellement?
Est-ce donc selon vous dû à la pensée wagnérienne en elle-même ou bien pointez-vous quelque chose de plus lorsque vous dîtes qu'il rétrograde?
Je vous pose cette question car il me semble que, par exemple, cette impossibilité amoureuse, cette "illusion" articulée autour de l'inéluctable et sine qua non-perte de la femme aimante face à l'Amour se retrouve comme un fil conducteur dans son oeuvre de façon générale et non seulement dans Lohengrin.
Je n'ai pas conscience d'une oeuvre dans laquelle cette illusion là ne l'emporterait pas. La femme dès lors qu'elle aime ne doit pas s'incarner, "contrepoint" absolument parlant de l'amour lui-même, sans quoi cela s'inscrit comme nocif à l'aimé pour dire les choses très rapidement.
(Je pense ici aussi à Kundry, exemple absolu de la femme qui, entre autres occurrences, à la fois souffre de ne pas "exister" puisqu'elle n'est qu'un jouet fantasmatique et à qui l'on pointe pour sortir de cette souffrance de renoncer à "être" là où elle est pleinement légitime de désirer être en rencontrant l'amour.)
Je fais allusion au Ring, où les femmes sont en possession de leur destin, mieux encore, elles guident les hommes vers le libre arbitre. Le Ring est de ce point de vue totalement de notre temps. Alors que le mythe de la femme dépendant de l'homme pour exister, me semble remonter à une conception dépassée du post romantisme, comme le jugement de Dieu et autres machines théologiques.
Merci pour votre amabilité et vos réponses M. Lussato.
Je me replonge dans votre Voyage au Coeur du Ring afin de faire avancer mes recherches et peut-être reviendrais-je vers vous sur le mode du questionnement si vous me le permettez.
Cordialement.
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