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Saturday, 21 March 2009
CHRONIQUE
À bâtons rompus
C'est le propre de toute chronique que de relater les évènements dans un ordre - ou dans un désordre - variés.
En premier, et c'est important, le temps m'a fait défaut pour compléter les billets sur Klee et sur l'Héritage L.H.
Il manque au premier billet des illustrations tirés du Mingei, qui montrent que l'interprétation qu'en donne celui qui se donne pour l'autorité en la matière, le maïtre Yanagi, va à contrepied non seulement de l'esprit du Mingei, mais aussi de Pierre Boulez qui montre que Klee ne commet jamais un procédé mécanique et répétitif, d'ailleurs dans une autre civilisation, chaque tirage d'une estampe japonaise illustre a sa propre individualité, comme une page de William Blake. Les caractéristiques de Klee comme du Mingei, c'est que la rigueur du métier est intimementassociée à l'acceptation du hasard et aux impulsions de la main de l'artiste-artisan. Chaque détail des pièces de l'artiste, porte sa marque aussi indélébile qu'une empreinte digitale, et variée à l'infini. C'est du travail fait main,le contraire même du désign. Il n'est que de voir la différence d'un prototype d'un objet industriel réussi, et de son édition mécanique à des milliers d'exemplaires, pour en mesurer la différence! Différence mesurée par les prix demandés.
En ce qui concerne le dernier billet, je n'ai pas encore mis en ordre la sélection des ouvrages que j'ai fabriqués (à la main bien entendu) et qui forment l'essentiel de l'héritage de L.H. III. J'espère m'y atteler dès demain, sauf imprévues - et elles abondent ces temps-ci ! La vie est un long fleuve tranquille titre un film à succès.
J'ai acheté tous les ouvrages sur Klee disponibles au MAM soit 6 gros albums très lourds. J'en ai déjà lu trois et il y bien des leçons à en tirer. Lorsque je les aurai digérés, je ne ferai pas faute de vous en parler.
Pour l'instant je vous conseille de lire ou de relire les billets précédents sur Klee, et le Mingei, non seulement j'y ajouté des images nouvelles, mais je l'ai complété, explicité et nettoyé de toutes les fautes de frappe. Je viens à peine de terminer ce labeur, en essayant de surmonter avec Dyan les embûches informatiques et il est 5h15. Je vous souhaite donc une excellente nuit, et j'espère, à demain.
Bien à vous
Bruno Lussato.
Saturday, 12 April 2008
CHRONIQUE
LES ETATS-UNIS VONT-ILS SAUVER LA BOURSE?
Où les paris sont lancés. une récession sévère se produira, mais le système monétaire et la fausse monnaie seront maintenus et la fiction perdurera à la satisfaction générale.
J'avoue être troublé. On parle de tout : des chiens écrasés, du foot, du pouvoir d'achat, du social, des retraites comme si les dés étaient jetés et le système boursier toujours vivace.Les achats d'or ou de pierre, ne seraient que de simples palliatifs au cas - improbable - où ... Bref, comme le dit justement Bretteur, c'est le café du commerce.
Si les USA réussissent leur pari, la catastrophe serait ainsi détournée. L'or connaîtrait un reflux sensible ainsi que les immeubles, les fermes et les produits exceptionnels.
Mais ce serait sans compter avec le fait que les gens au chomage ne retrouveront pas d'emploi, et on ne mange pas des actions. La titrisation et les Hard Edges, ont ruiné la confiance, nul sanctuaire, nul rattrapage, une inflation galopante. ne seront pas évités.
On le saura très vite.
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Saturday, 27 October 2007
Henri Dutilleux à l'honneur à Versailles
Nicolas Sarkozy absent, Claude Guéant très présent, Gergiev adulé.
Henri Dutilleux dans la Galerie des Glaces ouverte pour lui tout seul !

Le concert d'hier à Versailles a commencé dans la pagaille. En partie grâce à Pagaillon qui a mis tous les bâtons dans les roues avec un insigne mépris des artistes. On peut féliciter le choix qui l'avait nommé jadis ministre de la culture! Jack Lang - que je n'aime pas - était d'une autre stature!
Tout s'est ligué contre la malheureuse soirée. Pour commencer les embouteillages de départ de vacances. Puis le "dialogue" entre les syndicalistes voyous et Nicolas Sarkozy. Ceux-ci avançant la rue comme argument et refusant de discuter. Les téléspectateurs ont pu admirer la patience et la fermeté du Président face à de véritables malfrats,qui ne parlaient que de rapports de force avec un ton plus que menaçant. Le Président essaya de leur expliquer que l'on ne pouvait favoriser une classe sociale par ailleurs fort bien pourvue au détriment de la majorité des français qui travaillent et qui n'ont pas les moyens de faire du chantage. Peine perdue.
Le soir le Président - déjà ébranlé par son divorce (quel gâchis qu'un amour qui tourne à l'obsession!) finit la journée épuisé. On le serait à moins. Au dernier moment on lui représenta qu'on avait besoin de lui ailleurs que dans une salle de concert : au bureau ! On imagine la déception de ceux qui s'étaient précipités non pour entendre un des plus grands chef du monde, et acclamer le plus grand de nos compositeurs, mais pour avoir une chance de serrer la main à Nicolas Sarkozy? Heureusement ils n'étaient pas très nombreux, et l'assistance passa une des soirées culturelles les plus mémorables.
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Tuesday, 31 March 2009
CHRONIQUE
Deuxième fondation. Mors ultima ratio
Socrate, cher à mon coeur, qui sponsorisait la deuxième fondation, l'a tuée dans l'oeuf. Il fut certainement influencé par l'unanimité des muséologues qu'il a consulté et qui pour des raisons que je ne commenterai pas ici ont condamné sans appel un projet qu'il ne comprenait pas. Comment ne pas donner raison aux experts?
Mais il avait aussi des arguments bien plus forts. Il estimait en effet que cette Deuxième Fondation avait besoin de décennies pour être viable et qu'elle ne pouvait être menenée à bien que par moi. Or mon espérance de vie maximum est de trois ans, sauf miracles de la médecine. Il avait incontestablement raison. Ne faut-il pas être fou pour me suivre dans le chemin du futur? Par ailleurs seul un sponsor compréhensif et passionné peut patronner un projet culturel qui ne peut être considéré qu'avec répugnance par un pur homme d'affaires. Or Socrate n'est ni Getty, ni même Costakis qui avec des moyens tres limités construisiit un ensemble, le premier du monde de peintures de l'avant-garde russe. Il ridiculisait du même coup tous les muséologues consultés par Socrate, et responsables de l'avortement douloureux de cette Deuxième Fondation.
Que faire? Comme ces fourmis dont on a dévasté la fourmilière et qui se mettent aussitôt au travail pour la reconstruire, je ne me résigne pas à abandonner un projet auquel je crois et qui est nécessaire à notre civilisation comme une petite chandelle allumée dans les ténêbres. Je vais donc me mettre en quête d'un sponsor susceptible de m'aider.
Par ailleurs l'important pour moi n'est pas la Fondation mais l'affection profonde que nous nous portons Socrate et moi et qui est indépendante des vicissitudes materielles Paradoxalement elle sort renforcée de sa décision de mise à mort de notre projet commun. Il me l'a en effet annoncée avec une extrême délicatesse et dans sa lettre qu'il m'adressa transparaissait une sorte de tendresse qui me toucha.
Je suis encore plus fou que je le pensais, mais c'est plus fort que moi. J'agis comme si j'avais vingt ans et toute la vie devant moi!
En dépit de ces bonnes résolutions, je me sens quand même perturbé, et mon corps avait par avance annoncé la décision de Socrate. Il accuse maintenant le choc.
Soyez heureux, vous qui êtes jeunes, courageux, travailleurs et en bonne santé. Dans le typhon qui s'annonce bien d'opportunités s'ouvriront à vous.
Il est 7h22, mais j'ai repris ce papier rédigé hier nuit à 2h28.
Bruno Lussato.
Saturday, 29 November 2008
CHRONIQUE
Notations
Aujourd'hui, la journée était bien remplie. J'ai tenu à revoir les manuscrits miraculeux de Heribert Tenschert et de faire partager mon émotion à S*** et à Michel, mon chauffeur, toujours avide de sensations culturelles.

Ci-dessus de gauche à droite, S*** et les enfants, Heribert Tenschert et Bruno Lussato.
Nous avons tous ressenti le même émerveillement, avec un sens du miraculeux qui impregnait les pages aux lettres d'or du livre d'heures de Ramo de Ramedellis (Padoue, 1380) le seul connu au monde. Merveilleux comme le Livre de Kells en ce qu'il semble avoir été fait par des anges et non une main humaine.
Un autre livre étonnant était ce Fiore du Virtù (Modène 1340) de l'atelier de Tomaso da Modena, fait pour le Podestà de Modène Bertran del Pogetto. Ce qui frappe est la combinaison de couleurs profondes de bleu lapis lazuli, de vert et de brun sépia avec des bordures oranges. L'état de fraîcheur est incomparable, comme tous les livres de Tenschert, et les 35 miniatures sont autant de tableaux indépendants du texte.

Autre merveille, l'Armorial de la Toison d'Or commandé sans doute par Charles Quint et comprenant cinq miniatures pleine page très expressives, dans le style de Simon Bening, représentant les premier souverains de l'ordre accompagnés par leur blason en pleine page à quoi il faut ajouter 185 armoiries. Une erreur stupide du copiste remplaça Wilhelm von Nassau, par Guillaume comte de Nassou. Or ce dernier était l'ennemi juré de Charles Quint. C'était comme représenter le marquis de Sade, au Paradis! En conséquence, il n'était plus question d'offir le manuscrit à Charles Quint, sans quoi il eût fini dans les propriétés royales!

Il serait trop long d'énumérer les autres chefs d'oeuvre, dont un maître ressemblant au Bourdichon des Heures d'Anne de Bretagne, mais bien antérieur et de facture supérieure.

Et une bible de 48 lignes, incunable magistralement enluminé, de Schoeffer de Mayence, le collaborateur de Gutemberg, daté du 14 Août 1462.
Je m'en vais à Genève Ludi soir avec mon ami S*** et Claude Burgan pour assister à la vente.
Cet après-midi je suis allé voir l'exposition Tàpies chez Lelong, rue de Messine, et j'ai appris que l'artiste est atteint d'une terrible affection: la macula. C'est une tâche noire qui apparaît au centre de la rétine et qui envahit peu à peu le champ de vision. C'est comme la surdité chez Beethoven : une tragédie et un ascèse. Les dessins et sculptures exposés étaient intéressants, mais aucun n'était comparable à la force des pièces anciennes. Aucun ... Sauf un. C'est une sculpture en terre cuite émaillée assortie d'une croix et de multiples incisions. La force de cette oeuvre dominait toute l'exposition et elle figure parmi les plus émouvantes et la plus puissante de ce que je connais de lui. Si j'avais eu 150 000 euros, et trente ans pour en jouir et assister à sa reconnaissance, je me serais précipité ! Mais je suis loin d'avoir l'un et l'autre et je me contente de rêver.
Sandrine est venue me voir resplendissante. Elle va au bal des débutants (comme adulte bien sûr) et j'en profite pour vous présenter ma muse préférée !

Cet après-midi, nous sommes passés Marina et moi, devant une présentation de la vente du 4 décembre. Nous avons été frappés par la puissance funèbre et saisissante des stèles funéraires de Borneo. Mimi de Bourbet se demande avec suscpicion comment des bois en un tel état de conservation, datant du XIIe siècle dans une lande battue par les catastrophes climatiques, peut se trouver dans un tel état! La réponse se trouve peut-être au musée du Qaui Branly. Nous irons y faire un tour demain.


Un poteau funéraire. Modang. Telen river. Kalimantan. Borneo. XIIe-XIIIe siècles.

Poteau funéraire fortement stylisé, presque abstrait. Voir ci-dessus.
Nous avons trouvé également un objet destiné à la collection monétaire : un rouleau de plumes d'un sucrier cardinal. La longueur, la finesse des plumes et la beauté de leur couleur, les fils ornés de coquillages, permettent d'acheter un service, un beau cochon ou une épouse. Il provient des îles Salomon, .

Pour terminer avec cette vente, voici une très impressionnante tête d'un monolithe en basalte, Ejagham, région de la Cross River, Nigeria. Elle a été répertoriée alors que le monolithe était entier. Bien que cette tête n'appartienne pas à un pôle réservé à l'Océanie, il peut constituer un jalon dans la ligne de la spiritualité.

A demain et bonne nuit,
votre Bruno Lussato
Monday, 25 May 2009
CHRONIQUE
Suite et fin de Pinball
La description de Kosinski sur l'accueil triomphal réservé dans les mass média à la triomphatrice du concours de Varsovie, me laisse perplexe. En effet tous ces concours n'intéressent que les magazines spécialisés et du point de vue médiatique sont tout simplement des non-évènements. Penser que les chaînes de télévision, la grande presse, accorde à la musique classique la même place que le festival de Cannes, la remise d'un Oscar, ou un concours de formules I me paraît tout simplement grotesque. A mon avis Kosinski tombe ici dans la romance et le kitsch. Ce n'est certes qu'une réaction et en lisant plus attentivement le texte, je trouverai la clé de cette invraisemblance.
Aujourd'hui il a fait un temps radieux à Deauville, et j'ai à nouveau joui de mon jardin. Mais les heures heureuses ont été assombries par la santé de Marina, dont la solitude totale lui pèse, elle qui était si heureuse et courtisée dans sa jeunesse, puis avec un mari qu'elle adorait.
Christa mon épouse, qui lui était inexplicablement hostile, et la fit beaucoup souffrir, changea la dernière année de sa vie. Elle comprit tout le mal qu'elle avait causé, minée par la souffrance, lucide sans se plaindre étonnée par mon amour. Son visage embellit, comme d'un enfant au regard naïf et émerveillé. Pour en revenir au rôle des personnages de Kosinski qui se jurent une fidélité d'une éternité modérée, je dois constituer une exception, car jamais il ne me vint à l'esprit de me remarier, ni d'avoir une liaison quelconque. Le souvenir de la chère disparue emplit encore mon coeur d'un chagrin irrépressible, mais sans le sentiment de culpabilité qui empoisonne encore aujourd'hui mes jours finissants.
Malgré que j'en aie, m'en voulant à mort, je ne parviens pas de me défaire de la profonde affection qui me lie au jeune homme. Il sera demain à Paris, et rien ne s'oppose à ce qu'il me parle, mais il ne le fera pas, en dépit de son intérêt immédiat, car je lui suis plus utile qu'il ne le pense, et il est en mon pouvoir de lui nuire sérieusement. Mais jamais cela n'arrivera car c'est cela l'affection : vous assumez les vilenies et le malheur de l'être cher. Rappelez vous l'amour touchant que le fils Jimmy Osten, porte à Gerhard Olsen son père, envers et contre tout. Mon fils a passé deux jours sur la Côte d'Azur, invité par Victor Pugachev, le successeur légitime de la dynastie illustre des Pugachev. Ils devaient aujourd'hui assister à la remise d'un prix à la Kosinski : celui d'une course de formule I.
Il est 4h15 du matin et il est temps de songer à dormir. Bonne nuit. Votre
Bruno Lussato.
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