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Tuesday, 13 March 2007
Je viens d'apprendre que Virus est en vente depuis quelques jours au prix de 25€. Un de mes anciens étudiants l'a acheté chez Auchan, mais on doit certainement le trouver à la Fnac ou d'autres librairies.
J'ai reçu un mot très aimable de Patrick Le Lay que je ne puis reproduire, s'agissant d'une correspondance privée. Néanmoins j'en ai retenu que concernant l'affaire du temps de cerveau vendu à Coca-Cola, il n'a jamais prononcé telle quelle la phrase qu'on lui avait attribué. Si c'était le cas, je serais complice d'une opération de désinformation. Ce qui n'a rien étonnant puisque, comme chacun de nous, j'ai un cerveau gauche et un cerveau droit, et qui peut déceler dans ce dernier, ces tumeurs morales, que j'ai qualifié de noeuds sémantiques? Je prie mes lecteurs de me signaler les désinformations que j'ai certainement pu y propager et de me permettre de les corriger.
Je n'ai pu obtenir aucun renseignement précis sur la phrase incriminée. Si elle est apocryphe, je le regrette, car c'est une formule particulièrement heureuse et qui en tout cas correspond à la stratégie de bin des mass média. Préparer les cerveaux (et les cervelles, ne soyons pas sexistes) à accueillir les "armes de distraction massives originaires de Matrix (la société de consommation) ou de Médusa (ses adversaires idéologiques).
Ce blog est essentiellement culturel, je n'en attends donc pas l'affluence d'un blog politique ou dédié à un thème à la mode. Je n'ai donc pas encore essayé de le populariser, d'autant plus qu'il n'a que six semaines et en voie de constitution. J'ai été d'autant plus étonné de constater que sa fréquentation n'est pas nulle, et qu'elle est même en augmentation. 1712 visiteurs pendant tout le mois de février, et 1805 pour les deux premières semaines de mars. J'aurais cependant aimé avoir un peu plus de commentaires, les forums à ce niveau, c'est passionnant et je trouve qu'on y apprend à débattre de sujets académiques dans une langue plus évoluée que les smileys. N'hésitez pas et donnez votre avis. Ne me dites pas que vous n'en avez pas! Mon ton polémique devrait susciter des réactions, et c'est un peu son but. J'espère que tant de talents et d'esprits originaux qui sont confinés dans leur solitude, pourront s'exprimer ici.
Je voudrais bien ouvrir une catégorie pour eux. C'est ainsi que le grand calligraphe Claude Mediavilla, qui consulte régulièrement ce blog, est convié à y participer dans la rubrique : écriture. A ce propos il m'a conseillé comme modèle de blog de très grande qualité, le site de Gabor, un des plus grands typographes mondiaux. www.typogabor.com. Vous serez émerveillés par le blog qui y est contenu. A voir en particulier l'oeuvre de Herman Zapf, un des plus grands calligraphes et typographes du XXe siècle. Pour ceux d'entre vous qui voudraient créer un site de haute qualité graphique, voici une source exemplaire d'inspiration.
Saturday, 10 January 2009
CHRONIQUE
La nuit des Rois (suite)
Je viens d'acheter deux éditions bilingues : celle de Laffont dans Bouquins, et celle toute nouvelle de Gallimard dans la Pléiade traduite par un homme de théâtre pour le théâtre.
L'analyse de Victor Bourgy pour "Bouquins" est proche de la vision toute personnelle que je vous ai présentée lors du billet précédent. Après avoir fait re marquer que la nuit des rois est l'épiphanie qui suit de douze jours Noël et qu'elle est propice à la fin des réjouissances, il dément que le titre "comme vous voudrez" dénote une désinvolture de l'auteur pour sa pièce, qui au contraire est la plus murie et la plus aboutie de la série. Il démontre que la division en romanesque et théâtre de marionnettes, est fausse. En fait tous les personnages sont fortement intégrés, partageant la même propension à la rêverie et à la mythomanie ou à l'illusion, si l'on excepte Viola et son jumeau.
A ce propos, Shakespeare a introduit pour la première fois le thème de la gémellarité, point nécessaire à l'intrigue. Il suffit pour cette dernière que les frère et soeur se ressmblent suffisamment pour entrâiner une méprise, ce qui est le cas de toutes les sources de la comédie. On rappelle que Shakespeare fut très affecté par la mort d'un de ses jumeaux.
Un exemple d'intégration, est l'attention dont Olivia est le centre : Orsino (ne serait-ce qu'un mois) Viola-Cesario, Messire André, Malvolio, sont tous amoureux de la comtesse. Orsino de son côté n'aime pas Olivia ni Viola, mais l'amour. Il est inconstant tout en proclamant sa fidélité.
Un ressort troublant, que je rappelais à propos de La confusion des sentiments de Stefan Zweig, est la passion homoérotique, notamment d'Antonio (l'Eraste) pour Sebastien (l'Eromène). Il s'ensuit une liaison amoureuse sans résolution, à la différence de celle d'Orsino pour Cesario. Les souffrances homoerotiques sont longuement décrites dans les Sonnets où c'est le poète qui est victime de cette passion.
Dans La nuit des Rois il serait donc faux de ramener le plan à une intrigue principale, sérieuse,et à un théâtre de marionnettes séparé, pièce rapportée en quelque sens. La fusion de l'ensemble porte la contradiction au sein même de toutes les répliques, elle envahit la pièce et la traduction du club français du livre intensifie le contraste.
Dans le prochain billet, vous trouverez des exemples de traduction.
Pour l'instant je m'emploie à retrouver des travaux sur Word, qui bien qu'enregistrer ont mystérieusement disparu. Avis à Emmanuel s'il lit ce billet.
Bonne nuit et à demain.
Bruno Lussato
Tuesday, 26 May 2009
CHRONIQUE
Propos sur la musique.
Mes chers amis, je voudrais terminer mon récit d'hier, par une conversation fort intéressante que j'eus avec mon disciple et ami Jacques Pozzetto, grand amateur de versions discographiques inédites et expert en horlogerie.
Une soirée à Deauville
Nous entendimes hier soir à Deauville sur sa petite chaîne de HiFi, quelques disques rares qu'il apporta pour m'en faire présent.
Je découvris ainsi le melodrame de Schumann sur un texte célèbre de Lord Byron. On le représente généralement en version allemande,l'originale, mais Sir Thomas Beecham utilisa le texte authentique de Lord Byron lui-même. La diction du récitant est extraordinairement claire et articulée : on entend chaque mot et comme dans les Scènes de Faust, contemporaines, le compositeur s'efface derrière le poète. Cette oeuvre peu connue, est de la fin et on signale la similitude entre le personnage de Manfred qui convoque les démons, et de Faust qui dialogue avec Mephistophélès. Le peu que j'en ai entendu, m'a laissé une impression de grande puissance, plus bruale que la subtilité des Scènes de Faust.
Il m'apporta aussi la version magistrale, la meilleure de loin, du premier mouvement de la Xème Symphonie de Mahler, celle de Hermann Scherchen, terrifiante de nudité, cercles concentriques autour de l'impact d'un caillou lancé dans le miroir d'un étang, puis, soudain, ouverture des vannes de l'enfer. Cette oeuvre est étonnament voisine du début de la Xème Symphonie de Beethoven.: cercles concentriques, répétitions sans développement, puis, hurlement de damnés.
Je demandai à entendre le dernier quatuor de Beethoven. Brigitte Massin, qui rédigeait la notice, reconnu dans cette oeuvre, à l'instar de Strawinsky, une nouveauté totale, laissant pressentir ce que pourrait être la Xème. Cette oeuvre est composée de toutes petites cellules répétées, et combinées d'une manière ingénieuse. Cette musique pointilliste qui n'est pas sans évoquer Contrapunkte de Karl Hainz Stockhausen est d'une troublante modernité, et aux antipodes de la dialectique et du développement en tant que fondement musical propres à Beethoven. Bien que Brigitte Massinne connut à ce moment aucun des manuscrits récemment découverts de la Xème, elle montra une prescience étonnante. Essayez d'obtenir son livre sur Beethoven, édité jadis par le Club du Livre.
Le mouvement lent est poignant : chant d'oiseau perché sur un abîme menaçant. Cette musique transcende peut-être les adagios et andante de lOp. 106 et de la IXème Symphonie. Il faut être sourd de l'âme pour ne pas entendre les cris déséspérés qui font irruption dans le dernier mouvement. J'ai enguelé le pauvre Pozzetto qui s'exclamait : ce n'est pas mal! en lisant la notice.Lorsqu'on se trouve en contact, même fugitif, d'une telle confession, on entend et on se concentre religieusement. On frôle le sacré et il est facile de blasphémer.
Enfin, Pozzetto me fit don du premier quatuor de Schönberg, qu'on pourrait considerer comme le dix-septième de Beethoven. Le thème polyphonique, superposant une musique disloquée et impérieuse et une plainte résignée, Yang et Yin est accessible à nos oreilles et peut être assimilée en une vingtaine d'écoutes attentives. C'est un chef d'oeuvre d'organisation formelle et d'expression sévère mais passionnée. L'oeuvre était interprétée par le quatuor Kölisch, référence absolue, et rééditée paraît-il.
A propos du "package" culturel
En relisant mes billets, je m'aperçois que les conseils que je vous ai assénés ne sont pas comestibles. Il est tout à fait irréaliste de vous demander d'écouter in-extenso, toute la chaîne des préludes et fugues de J.S.Bach, ou d'ingurgiter en file indienne l'ensemble des trente deux sonates de Beethoven.Je maintiens qu'il faut les acheter comme référence, ainsi que les amateur de l'ittérature, achètent beaucoup plus de livres qu'ils ne pourraient en lire, mais qui constituent un fonds, souvent devenu introuvable,et qu'on pourra consulter au hasard. L'erreur sera réparée das le billet du 28 mai 2009.
Note : je ne trouve plus mon livre d'images (l'album de famille) et je joins dans le corps du billet quelques photos perdues. (c. les billets précédents).
Continuer à lire "Le journal du 27 mai 2009"
Saturday, 17 November 2007
Chronique
J'aborde ici un sujet qui ne plait à personne, moi compris, mais que malgré que j'en aie, ne laisse pas de m'affecter. L'inteprétation du nombre de visites. Ainsi que je le prévoyais, on a atteint un rythme de croisière de 1000 visites par jour, ce qui est paraît-il honorable compte tenu de la densité du blog et de son niveau. Mais en réalité, depuis mon "évasion" de la semaine dernière, le nombre de fréquentations est tombé de 1539 à son apogée à 869, le périgée. Cela donne raison à ceux qui estiment que le blog est trop riche (surtout depuis que j'ai mis les bouchées doubles, suroxygénation?) et que les gens s'y perdent ou se démotivent. Et puis, parait-il, on connaît des blogs, qui comme les dinosaures, semblent frappés d'une extension subite, changement climatique, effet de mode, lassitude?
Continuer à lire "Le journal du 18 novembre 2007"
Sunday, 21 October 2007
interrogations
Vous avez certainement compris que je suis ce blog avec beaucoup d'attention, tant en ce qui concerne les commentaires, qui ne restent jamais sans réponse, que les statistiques, ces commentaires muets et enigmatiques, même pour les spécialistes.Il arrive que j'aie des doutes sur la direction à prendre, et quoi élaguer.
Dans ces cas, j'ai pris l'habitude de m'ouvrir à vous, comme à des amis, et recueillir vos avis qui me parviennent souvent par email .
J'ai reçu des journalistes italiens (Libero et Il Foglio) qui suivent le blog. D'après eux les blogs d'une haute densité culturelle, reçoivent 250 à 400 visiteurs par jour. Ils ont donc été stupéfaits par la montée en puissance de "décodages, l'information derrière l'information" et en déduisent que les Français sont plus curieux et plus ouverts des Italiens. J'ai donc commencé à me faire la grosse tête.
Et voici à quoi on ressemble quand on est obnubilé par les statistiques et qu'on se fait la grosse tête !
Continuer à lire "Une communication à mes amis"
Friday, 3 April 2009
CHRONIQUE
Poisson d'avril
Comme vous avez pu vous en douter, le billet du 1er Avrill, était un ... poisson d'Avril. Le plus drôle est qu'il a été pris au sérieux et que j'ai reçu bien des félicitations d'experts pour la clarté de mon explication pour le grand public. Plus drôle encore, les puissants du G20 se sont ingéniés à me donner raison.
Il me sera difficile de m'étendre sur ce billet à cause d'un emploi du temps dément et des rendez-vous chaotiques. Je ne puis évidemment pas déflorer ce que j'ai pu apprendre mais au moins vous donner quelques indications sur l'état de la Russie.
Comme vous le savez la situation est proche de la panique. Les Russes en veulent beaucoup à l'Europe et tout particulièrement à la France, de leurs procès d'intention qu'ils leur intentent. On n'est pas loin d'assimiler les oligarques à de grands escrocs méricain, à ces criminels en col blanc qui ont causé notre ruine. C'est aller un peu vite. Certes, il y a en Russie une maffia puissante tenus par des oligarques véreux comme les gens de l'Alpha Bank. Mais il y en a au contraire d'irréprochables comme Oleg Deripasca qui se bat comme un lion pour sauvegarder tous les emplois,ne licencier personne et s'inquiéter très sérieusement du sort des pays du tiers monde. Nul ne l'ignore ici parmi les gens qui comptent et qui savent et qui lui vouent une grande admiration pour son intelligence et sa noblesse d'âme.Il a été victime de la baisse drastique de l'aluminium dont il détient le stock le plus important du monde. Au lieu de licencier pour assainir les comptes, ce qu'aurait fait n'importe quelle multinationale occidentale, il a voulu en tant qu'entrepreneur responsable sauvegarder l'emploi, protéger et garder tous ceux qui ont travaillé pour lui, quelles qu'en soient les conséquences. J'en connais d'autres comme lui en Russie, peu nombreux, il est vrai, et qui souffrent de se voir rangés dans le lot des golden boys américains.
Mais je le disais, nous vivons une situation pleine de surprises. Il suffirait par exemple que l'aluminium se trouve dans un cycle de hausse pour que Deripasca retrouve son statut d'homme le plus riche de Russie, qui incombe maintenant à Mickael Progohrov, homme connu pour son sérieux et sa rigueur presque suisse. Mais la Russie dans son ensemble est détentrice de richesses considérables qui seront nécessaires à la survie de l'Europe. Nous faisons tout ce nous pouvons pour nous aliéner sa collaboration. Et ce sont les Français, la nation la plus respectée historiquement par la Russie, qui est devenue désormais la moins respectable à ses yeux. Le comportement de l'inelligentsia parisienne est irresponsable, lorsque le besoin s'en fera cruellement ce n'est pas elle qui nous tirera d'affaire.
Je dois vous quitter à présent, mes chers amis, car nous sommes passés au 4 avril.
Bruno Lussato
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