Wednesday, 1 August 2007
Le dernier cercle
L''enfer où Dante Alighieri se plut à fourrer ses ennemis, était fortement hiérarchisé. Le septième cercle, le plus proche de Minos, le roi des enfers, rassemblait la quintessence du mal, le mal absolu, l'infinité d'ordre supérieur de la perversion.
A propos de L'empire du Mal, inspiré par Elisabeth Costello, eight lessons, contrairement à l'auteur imaginaire de Coetzee pour qui il existait le mal absolu, contaminant rien que par son évocation, j'ai soutenu qu'il y a des hiérarchies dans le mal même infini des degrés dans les infinis, ce qu'admettent les franges les plus poussées de la théorie des nombres. Je m'oppose ainsi à ceux qui pratiquent l'égalitarisme jusque dans le jugement sur le crime. Par exemple on a entendu tel gauchiste de salon affirmer qu'un seul enfant mort, incrimine autant un agresseur, qu'une multitude d'enfants massacrés. A ce qui prétendent le contraire, ils reprochent de tenir une comptabilité de l'horreur. Ces âmes charitables font allusion aux victimes palestiniennes de l'état-bourreau d'Israël. Mais si on suit leur raisonnement, quelle nation en guerre peut se targuer de n'avoir jamais fait de mort innocent dans les rangs de l'adversaire, voire des malchanceux qui se trouvaient au mauvais endroit et au mauvais moment?.
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Troisième livraison
Avertissement. Nous rappelons aux internautes qui veulent suivre le feuilleton des Nuits d'aôut, qu'ils doivent remonter au début de l'intrigue, c'est à dire à la première livraison. C'est la loi du blog, et on n'y peut rien. Pour accéder directement au début du feuilleton cliquez ici♦♦♦et remontez par la suite à la livraison suivante.
Séquence 216 de l’Entretien
Talismans
Le premier de ces objets est vraiment exceptionnel, commença l’étrange personnage en dépliant soigneusement un drap de feutre mauve. Apparut alors une pièce de drap d’or, mi tunique, mi suaire. Sa texture était indéfinissable et chatoyante. Formée de brins assez épais entrelacés, sorte de cotte de mailles irisée. Les ors vert, jaune citron, or jaune, or rouge, or bleu et or noir, formaient des figures changeant au moindre courant d’air, à la plus infime variation lumineuse. Mais le plus surprenant était à venir : en bougeant les mailles frottaient les unes contre les autres en émettant un rire argentin, comme les écailles du crotale dressé. En agitant la cotte de mailles, le son s’amplifiait, s’approfondissait, elle émettait des résonances aiguës indéfinissables … puis parfois un bruit d’eau, un tonnerre lointain… Rien de tout cela n’était vraiment bruyant, ça le paraissait seulement, était-ce l’envoûtement causé par ces sons surprenants, modulés et variés à l’infini ?
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Tuesday, 31 July 2007
Six mois !
Six mois déjà se sont écoulés depuis la création de ce blog, commencé le 3 février 2007, au parfait ahurissement de mon entourage. En effet je n'ai jamais caché mon aversion pour l'Internet, détestation que je partage avec Alain Finkielkraut. Une des raisons en est le très bas rapport qualité/temps passé, et l'envahissement de plantes vénéneuses qui contaminent le reste. Plus que jamais la formule de Calfon se révèle exacte : ce qui est important n'est pas ce que l'internet fait de vous, mais ce que vous faites de l'internet. Malheureusement notre pouvoir est limité, noyé dans le monstrueux tsunami de fausses-vraies informations, toujours lacunaires et coupées de leurs racines culturelles. Le chant que font entendre les hommes de culture, moines des temps d'aujourd"hui; est aussi faible que celui d'une mouette prises dans la tempête. Et puis, l'information est souvent lacunaire, imparfaite, partiale, grossière et même ordurière. Mais comme elle est théoriquement gratuite, elle est préférée au livre, qui subsiste néanmoins comme un médium de référence, l'équivalent des manuscrits de la Renaissance par rapport aux incunables et aux imprimés.
Alors pourquoi? J'ai déjà signalé un enchaînement de raisons : le dépôt de L'Entretien à la Bibliothèque Nationale de France, la nécessité de le transposer sur ordinateur, et de là, d'en diffuser des fragments pour l'Internet. Puis il faut considérer que mon contact avec les internautes, est la poursuite légitime de mon effort d'enseignement, et une réactualisation de Virus.
Enfin l'essentiel : expérimenter de nouvelles voies de l'Internet, structure en spirale ouverte comme un forum, fermée comme un manuel de mathématiques afin de réaliser L'Entretien sous sa forme définitive : celle de l'Hypertexte multimédia, ouvert sur le monde.
Toutes ces raisons, Finkielkraut ne les avait sans doute pas. L'écriture lui suffisait. Il maintint sa ligne de conduite, il préserva la cohérence de sa pensée. Il fut fidèle à ses postulats. On ne peut que l'admirer.
Mais ma pensée est incohérente, disjointe, fluctuante. Elle ne peut se couper du monde réel ni du monde des esprits. Et puis ... la rencontre au mement opportun d'un passionné hautement compétent : Emmanuel Dyan, la "serendipity" curieusement représentée dans le nom de l'opérateur.
J'ai déjà publié à maintes fois les statistiques. Je me contenterai d'en donner l'état aujourd"hui à 0h00.
La tendance paradoxale à la hausse du nombre de visites, s'est confirmée. Voici la succession des chiffres du 26 au 31 juillet.
373, 440, 578, 585, 663, 690.
12701 visites pour ce mois. 333 articles. Et surtout un nombre en constante augmentation des commentaires.
Une tendance à suivre : l'ouverture vers d'autres experts (Bonnet, Marina Fédier), la séparation des feuilletons,(Nuits d'Août), des masterclasses, et des journaux. Le recours à l'image est devenu habituel et à la rentrée, j'espère accroître et améliorer les programmes video. Sachez que je suis ouvert à toutes les suggestions.
MERCI et bonnes vacances.
Deuxième livraison
La découverte
Séquence 214 de L'Entretien
Pour lui être agréable et lui témoigner sa reconnaissance, car s’il était cruel, il n’était pas mufle, et aussi par lassitude, il la suivit dans la boutique de joaillerie. Partout de fines chaînettes, des petits cœurs, de minuscules médailles pendaient derrière une vitrine plate. Ils étaient en or disait la pancarte. 9 carats, songea Lars. Sur les présentoirs, à portée de main, d’énormes chaînes dorées, de lourds pendentifs, des colliers d’émeraude, des bracelets de rubis. De la verroterie.
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Le chantre de la mort rattrapé par la Mort
Un échiquier. Le chevalier joue avec un prêtre au visage plein et blafard, cheveux dissimulés par une capuche, yeux noirs et vides d’expression, lèvres minces et ironiques. C’est la Mort, telle que Ingmar Bergman l’a dépeinte dans son chef d’œuvre absolu : Le Septième sceau. Fresque grandiose et monochrome, fusion entre la barbarie médiévale et celle de notre siècle, celui du communisme, du national socialisme et de l’islamisme. Eres de confusion, aussi vides que les yeux de la Mort.
Ingmar Bergman vient de s’éteindre à l’âge de 89 ans, doucement, veillé par une de ses filles, une mort comme on voudrait tous l’avoir, sans convulsion ni douleurs, ni cris ni chuchotements. Il est de ceux qui ont prouvé que le cinéma peut être un genre majeur, tant il a contrôlé chaque détail, préservé le plan d’ensemble des tentations du succès. Ses œuvres sans complaisance sont totalement exemptes de maniérisme en dépit de leur extrême originalité qui les rapproche de l’ésotérisme mais qui n’est que concentration de pensée.
Ingmar Bergman, plus encore que les autres génies du cinéma, est celui qui m’a le plus influencé. Depuis mon adolescence, marquée par la maladie et la peur, la révolte et la soumission, je ne pus me débarrasser de la terreur de la mort, conséquence de mon attachement viscéral à la vie. Tant de choses qui ne seront pas vécues, pensées, ressenties, exprimées et surtout créées. On joue avec la Mort, on ruse, et puis on renverse les pièces des échecs. Dans le Septième Sceau, antidote à la mort, l’amour de deux êtres sains et jeunes, pour qui le chevalier se sacrifie. Mais autre antidote mauvais : la torture, les persécutions, justifiées par les extrémismes de la populace hurlante, bavant sa haine. Nous vivons tout cela aujourd’hui.
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Monday, 30 July 2007
Première livraison
ERRANCE
Séquence 212 de L'Entretien

Le jeune homme errait sans but sur la grève déserte. Il songeait à son père avec qui il avait si souvent sillonné les plages du côté d’Angelholm et les sombres forêts de l’arrière pays. Il avait été assassiné par le clan des informaticiens de Minsk.
Il le supposait du moins, car chaque fois qu’il essayait de glaner des informations, les regards fuyaient, les conversations sortaient de leurs cours, les propos déviaient, comme choqués par une indécence. On le consolait hypocritement. Ses demi-frères étaient mariés et ne pardonnaient pas à leur père ce rejeton tardif qui les privait d’un tiers d’héritage et d’autant d’affection.
C’est qu’il était le préféré du puissant chef de la dynastie des Hall-Bentzinger. Venu bien tard mais d’autant plus désiré par la deuxième épouse de Lars Hall. Elle mourut empoisonnée par Helmwige, la marâtre, celle qui tenait les cordons de la bourse. Elle était assurée de l’impunité : enquête bâclée, boucs émissaires, l’affaire fut classée. Le cœur du garçon brûlait de haine rentrée. On lui avait enlevé sa mère, puis son père. Plus tard, il le savait, ce serait son tour. Un événement fortuit : un accident ou une rixe qui aurait mal tourné.
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