Wednesday, 13 June 2007

Que voici un beau slogan : "qui protège". Mais qui protège de qui, et de quoi? La formule est à la fois agressive et passive. Agressive parce qu'on suggère que l'on court un danger : celui de la dictature Sarkozienne, et nous avons là un procédé de désinformation classique : pendant qu'on passe sous silence les véritables dangers que nous avons provoqués; on les dénonce à l'état imaginaire chez nos adversaires. C'est ce que l'on appelle le "miroir", et le miroir rend fou. Mais la formule est également révélatrice d'une passivité inquiétante : appel au cocooning, à l'assistanat, au refus du risque inhérent à la condition d'homme libre.
La bibliothèque J'ai écrit un article qui fait l'inventaire de quelques livres qui hantent ma chambre à coucher et mon esprit, liste assortie de quelques commentaires.. Parmi eux, deux sont de saison : Power de Greene, la connaissance inutile de Revel. On trouvera également dans cette énumération un commentaire du premier mouvement de la célèbre Sonate au Clair de lune de Beethoven, remarquable par la désinformation qui s'y attache. J'ai joint la version à peu près authentique et inconnue, que vous pouvez consulter en cliquant ici. ►♦
POWER Les lois du pouvoir
J'ai toujours manifesté une inquiétude à propos des legislatives. On a tellement parlé d'une vague bleue, voire d'un tsunami bleu ecchymose, comme disent des socialistes, que j'ai craint une démobilisation des électeurs, qui affaibliraient la légitimité de la droite. Mais il y a d'autres dangers qui guettent le président, et les bons auteurs nous les signalent sans ambiguïté.
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Dissymétries
Une question à ne pas poser : pourquoi une rue Lénine?

Mon fils me téléphone : papa, j'ai devant moi une grosse bonne femme au rictus mauvais, qui me dit "on les aura ces profiteurs de juifs, de capitalistes; nous autres communistes, on n'aime pas les riches de souche, ils sucent le sang des pauvres de branche..." Elle se trouve, la mégère, rue Lénine dans un bastion communiste. Son fils, crâne rasé a une chemise brune et il est à droite du front national. Il dit "on les aura ces profiteurs de juifs, de capitalistes, nous autres patriotes, on n'aime pas les riches métèques, ils sucent le sang des français de souche... " . "Pourquoi, ajoute mon fils qu'il n'est pas sous une rue Hitler? Après tout, Lénine qui a montré l'exemple a fait périr encore plus de gens et encore aujourd'hui, en Chine, je viens d'apprendre que le fils d'un dignitaire communiste, pratiquait l'esclavage. " On peut répondre à mon fils qu'alors qu'Hitler nous a occupé et torturé les notres, Lénine comme Staline n'a tué que des gens de là-bas. Cela ne nous regarde pas.
C'est exact, mais alors il faudrait tolérer une rue Milosevic à Paris.
Il est exact qu'il peut paraître choquant que notre ville honore au vu et au su de tout le monde, l'auteur de millions de morts, dont des génocides pour éliminer de manière hypocrites, sans le dire, des populations de race bourgeoise impure. Mais n'oublions pas que le procès du communisme n'a jamais eu lieu lors de la déstalinisation, pas plus que la condamnation officielle du régime de Pol Pot et la traduction en justice de ses monstres. Il ne reste plus qu'à lui mettre une plaque à Paris.
Tuesday, 12 June 2007
Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es

Faute de place, ma bibliothèque est dispersée aux quatre coins de la région parisienne, dont une partie importante à la Bibliothèque Nationale de France et une autre au Musée Armando Simoni. Je n'ai à ma portée que le strict nécessaire. Ce ne sont pas forcément les livres qui m'ont le plus nourris et pour cause : ils sont en moi : Thomas Mann, Stefan Zweig, Molière, Goethe, Shakespeare, Joyce, sont toujours à mes côtés dans mes soirs de solitude. Non. Les ouvrages que je vous présente ont simplement attiré mon attention en ce moment parce qu'ils correspondent aux aliments dont j'ai besoin en ce moment. Je vous les livre pêle-mêle car ils défient , comme ce blog, toute taxonomie.
L'homme dans tous ses états
Il est numérique avec Nicholas Negroponte : L'homme numérique Robert Laffont 1995.
"C'est un homme d'aujourd'hui, qui maîtrise des outils nouveaux pour se préparer une vie plus simple, plus créative et plus heureuse". (sic!)
Negroponte a dirigé les Centre national de l'informatique, fondé par François Mitterrand et présidé par JJSS. Negroponte au MIT, avait mis au point un robot expérimental capable de déplacer des cubes et autres objets, d'une manière qu'il jugeait créative et il en a déduit, avec Herbert Simon, que l'ordinateur du futur pourrait surpasser l'homme. Salzmann m'avait proposé de m'inpliquer dans ce projet grotesque : créer dans un centre mondial de l'informatique, le microordinateur convivial pour les pays en voie de développement. Jugez-en : poids 300grammes, coût 500 francs, parlant swahili ou chinois, et permettant de détecter une panne de tracteur ou une maladie rare. Finies la faim et la maladie dans le monde!
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Monday, 11 June 2007
Le papier éléphant
Voici une étrange histoire qui illustre l'importance de la felix culpa.
Un fabricant allemand de papier décoratif pour maquettes et présentations de prestige, adressa un jour à Stouls, son distributeur français, un colis défectueux. Les feuilles au lieu d'avoir une couleur uniforme, par suite d'une erreur de mélanges, était marbrée et veinée de teintes plus sombres. Le propriétaire du magasin, qui avait commandé ces feuilles, au moment de les retourner en demandant qu'on les remplace, eut la surprise de constater un véritable engouement du public pour ces feuilles dégradées. Il en fit part au fabricant qui, après bien des essais infructueux, finit par reconstituer " l'erreur". Ainsi naquit tout une gamme de papiers assez brillants, à la texture compacte et se prêtant admirablement à la calligraphie, nommée peau d'éléphant. En même temps qu'apparurent ces textures soyeuses et marbrées tout à la fois, Pilot réussit à produire des gels pastels, saumon, lavande ou vert céladon, et très couvrants avec lesquels il était possible d'écrire et de dessiner sur les surfaces glissantes de la peau d'éléphant.

Ci-contre j'ai photographié un détail de calligraphie sur papier éléphant noir. On remarquera le reflet du flash sur la surface brillante du papier.
Au moyen âge, calligraphier sur fond noir était une prouesse. Le livre noir de Charles le Téméraire, était composé de feuilles de parchemin teint en noir dont chaque feuille gravement endommagée, est conservée entre deux plaques de verre. On ne sait d'ailleurs pas comment veilliront ces codex éléphant, ce dont se préoccupait la direction du département des manuscrits anciens, destinataire de L'Entretien. Ni le papier, ni les encres et gels, ne donnent de garantie de stabilité; piètre consolation, la quasi totalité de la production du XXe siècle se trouve dans le même cas et on ne sait ce qui en subsistera dans un siècle.

L'illustration ci-contre montre l'utilisation de gouaches liquides uniposca laissant sur le papier éléphant rouge pompéien, des traces horizontales blanches sur lesquelles des onciales ont été tracées avec des feutres calligraphiques Pilot. Une publicité d'IBM a été incorporée. Elle fait echo à des stupidités proférées par la foule, et qui figurent dans la première séquence de L'Entretien : Voix dans la Nuit.

Ci-contre on voit une partie des albums en papier éléphant, qui matérialisent les 4000 pages de Apocalypsis cum Figuris.
Un pourcent environ de ce volume a été reproduit dans trois tapuscrits qui montrent des exemples de création sur photoshop. les possibilités de création sont telles, qu'on a l'impression que l'original sur papier éléphant n'est qu'une matrice à éditions informatiques. Plus tard, j'ai commencé à explorer les possibilités du blog en tant que forme spécifiques à haut contenu d'information.
La feuille de route du président Sarkozy
Sans complexe le président distribue à ses ministres leur feuille de route. Fayol un des pères fondateurs de l'organisation avec Taylor et Weber, et mon prédécesseur à la chaire d'organisation du CNAM, écrivait que les travailleurs seraient motivés par deux buts : être rémunérés convenablement et durablement, avoir une feuille de route, c'est à dire savoir exactement ce qu'on attend d'eux, et ce qu'ils doivent faire. Il ne leur appartient pas de tracer la route, les chefs le font pour eux et ainsi ils s'épargnent les cruels dilemmes générateurs d'incertitude, de responsabilité, et d'ulcères à l'estomac.
Le grand problème pour l'organisateur du travail a qui est confiée la tâche ingrate de décentraliser, n'est pas l'opposition sournoise ou ouverte des mandarins du siège, c'est la crainte des directeurs locaux de devoir trancher. L'autonomie leur fait peur. Elle n'est souhaitée que lorsqu'elle est hors de portée. Les locaux se plaignent alors bruyamment de leur manque d'autonomie et nous explique que s'ils avaient le pouvoir de décision, on verrait ce qu'on verrait. Mais prenez-les au mot, ils seront empoisonnés. Certes ceci ne vaut que pour une partie de la population, mais cela tient à plusieurs facteurs. Il est tout d'abord des gens qui détestent prendre les initiatives et préfèrent effectuer un travail animal, selon l'expression de Karl Marx. D'autres, en nette minorité, piaffent et se révoltent. Ils veulent bouger, ils veulent faire des choses, entreprendre, aller vers de nouvelles aventures, relever de nouveaux défis. Lorsqu'ils perdent, ce sont des révoltés, des hors-la-loi, des empêcheurs de tourner en rond. Lorsqu'ils gagnent ils deviennent des chefs, des leaders, des patrons. Entre les deux tempéraments, sinon génétiques, ou géniques, du moins astrologiques, on trouve les comportements dûs à l'environnement. Dans une société centralisée, les futurs-éventuels entrepreneurs sont découragés, usés, contraints à quitter l'organisation. Ceux qui restent sont châtrés et obeissent aux lois de Fayol : ils absorbent leur pitance et comme l'âne muni d'oeillères, s'en vont tout droit vers la retraite.
Ce qui est vrai pour une société, l'est aussi pour la société. La France comme la Russie, découragent les initiatives privées. Il s'ensuit une passivité de la population dont le rêve est d'être fonctionnaire, bureaucrate, professeur d'université, juge ou écrivain. L'action qui leur manque, ils la projettent dans le rêve, la fiction, l'abstraction. L'idéologie les dispense de réfléchir, ce qui signifie déjà agir mentalement, prendre partie, accepter paradoxes et dilemmes. Incontestablement le clivage entrepreneurs-fonctionnaires, est tributaire des croyances religieuses. Dans notre occident, les pays catholiques favorisent la relation maître-esclave et cela donne le paradigme impérial (monarchie absolue, catholicisme intégriste, national - socialisme, communisme, islamisme intégral etc). Les protestants se sont évadés du joug idéologique mais le payent par un opportunisme qui frise le cynisme.
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ERRATAS
Dans un des chapitres de Virus, un des cas était intitulé : la plus grande désinformation de l'histoire des sciences. J'entendais par là la chape de plomb qui pèse sur les recherches les plus sérieuses en parapsychologie, en butte à l'ostracisme des esprits forts, à la crédulité compromettante des esprits faible, et aux ricanements des esprits vides. J'étais indigné par la désinvolture avec laquelle on traitait des travaux montrant l'existence de phénomènes troublants, et suffisamment sérieux pour qu'on daigne allouer des crédits de recherche à une branche majeure de la connaissance. Majeure parce qu'elle remet en question toute notre conception du monde. Il ne s'agit pas de prouver l'existence de ces phénomènes qui heurent le sens commun comme les modèles mentaux des "scientifiques", mais d'en découvrir les propriétés afin de pouvoir enfin édifier une théorie admissible.
Mais mon indignation était à courte vue et je dois confesser mon erreur. Il est en effet au moins deux cas de théories, avérées, démontrées et prouvées expérimentalement; et qui ont été mises sous le boisseau par le monde scientifique, et celui - complice - des vulgarisateurs et des journalistes. Le premier date de quelques siècles, le second de la première moitié du XXe. Je vous conseille à ce propos, de vous précipiter sur l'ouvrage de Jean Staune, sur le sens du monde et en particulier dans le chapitre Qu'est-ce que le réel?
E pur si muove
Cette phrase - apocryphe - de Galileo Galileo, sur le point d'abjurer sa théorie néocopernicienne, est devenue un symbole de l'étroitesse d'esprit et du sectarisme rétrograde du monde académique.
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