Tuesday, 5 June 2007
Vague jaune
Dans la typologie des virus sémantique, Medusa se voit attribuer la couleur jaune, jaune comme le cheval livide de l'apocalypse, jaune comme la mort.
D'après les travaux de l'ISD il est peu vraisemblable que l'action, et la volonté d'un seul homme, fût-il Nicolas Sarkozy, puisse fondamentalement changer la triste exception française, qui fait d'un des plus beaux pays du monde, le dernier bastion du trotzkisme et de l'égalitarisme haineux. Le seul pays évolué où le mot libéral et libéralisme soit perçu, ou mieux instrumentalisé, comme une menace ou une insulte.
Je l'ai écrit à plusieurs reprises, la rupture, ou si l'on préfère, la bipolarisation, n'oppose pas des partis mais des noeuds sémantiques plus ou moins conscients. Leur cartographie ne se confond pas avec celle des partis. On l'a vu avec Jacques Chirac, qui porté par des électeurs de droite a fait une politique de gauche. Avec Juppé qui s'est bien gardé de toucher à l'impôt scandaleux sur ce qu'il est convenu d'appeler les fortunes, et qui vont de l'appartement du XVIe arondissement qu'une vieille dame sans moyens a hérité d'un parent, à celle des Bettencourt, dont les droits de succession et les donations ont été réglées avec l'Etat socialiste. Nous demeurons le seul pays à maintenir cet impôt dont nul ne nie la valeur de symbole. Symbole d'une mentalité qui n'existe qu'en France.
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Genèse de MATRIX
Là où tout à commencé : à Dayton
Bernardo Trujillo et la naissance de la grande distribution

J'étais depuis un an au BHV (le Bazar de l'Hotel de Ville), lorsque Jacques Thomas, le Secrétaire Général,l'homme le plus influent après le président Georges Lillaz, me proposa de l'accompagner au séminaire MMM de la NCR. Au siège de la compagnie, dans l'ancienne maison du fondateur,professait un gourou perurbateur : Bernardo Trujillo (qui n'avait aucun lien de parenté avec le dictateur sud-américain).
Mon professeur Raymond Boisdé me présenta à Thomas sur qui je fis une certaine impression par ma culture, et notre amour commun pour Teilhard de Chardin et Lecomte du Nouÿ. Ma famille logeait en permanence au Grand Hotêl, Plade de l'Opéra, et supposée être très fortunée. Le Secrétaire Général pouvait donc me fréquenter, et il m'invitait souvent à sa table familiale, avenue Victor Hugo. Nous parlions uniquement de psychologie ou de philosophie, et au magasin nous affections de ne pas nous connaître pour ne pas susciter de jalousies.
Jacques Thomas était un homme grand et froid, de type écossais, marié à une aristocrate dans toutes les acceptions du mot, épuisée par sa trop nombreuse famille. Il se prit d'une amitié un peu distante pour le jeune homme qui l'écoutait avec une considération teintée d'admiration. Moi-même je me sentais honoré par le respect que me témoignait ce grand patron réservé et laconique. Il avait tendance d'ailleurs à me surestimer, et il pensait que je lui serais d'un grand secours aux Etats Unis. C'est ainsi qu'un beau jour il m'annonça : je suis invité par La NCR à écouter un étrange prophète qui annonce la bonne parole. Il y a peut-être quelque chose à glaner pour vous"
Au début des années soixante, aller aux Etats Unis en avion était un privilège, surtout lorsqu'on voyageait comme Thomas en "tapis rouge". On n'imagine pas les petits soins dont Air France entourait les VIP des longs courriers. Je ne manquais jamais de rapporter des flacons de "Moustache" de Carven; qui restèrent pour moi le symbole d'un exotisme cossu et studieux.
Plus tard, lorsque je me rendis régulièrement aux Etats Unis j'en profitai pour faire le tour des musées et des boutiques. Il n'en était pas question avec l'austère Jacques Thomas. Nous filames aussitôt à Dayton, Ohio et nous restames confinés entre l'amphi de trente personnes où officiait le grand homme et un médiocre motel. Avec de brèves incursions en avion dans les discounts et les shopping centers de la région d'où on ramenait des tonnes de diapositives.
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Monday, 4 June 2007
Anselm Kiefer au Grand Palais
Christine Fuess-Bentzinger, la première femme que j'ai aimée, étudiait l'histoire de l'Art. Ses deux artistes préférés étaient Nolde et Anselm Kiefer. Je trouvais étrange le choix de ce dernier, un inconnu à l'époque (on était en 1969), très germanique et dont nul ne parlait hors d'Allemagne Plus tard je vis une oeuvre de lui au MoMA qui m'impressionna d'autant plus qu'elle évoquait l'amosphère trouble du Ring de Richard Wagner. Par la suite je vis bien des oeuvres isolées de lui, et son vocabulaire pseudo- archaïque, mystérieux et ésotérique me fascinait. Il avait alors en commun avec Tàpies, un de mes artistes préférés, une fascination première pour le Ring, un traitement de la matière qui rappelait Dubuffet, et par dessus tout une forte connotation ésotérique. Tàpies, on le sait, a une bibliothèque très complète de livres alchimiques et ésotériques. Les deux artistes ont dû effectuer un travail de deuil, l'un avec Franco, l'autre avec Hitler. La principale différence est la frontalité de Tàpies alors que Kiefer n'a jamais rompu les amarres avec la figuration, ni même avec la perspective.
Un nouveau membre de New Wave, Ginevra E***. me demanda pourquoi Bonnet avait omis de ranger Kiefer dans la liste des cinq plus grands artistes du monde. (Viola, Barney, Serra, Naumann et Gerhard Richter). Je lui répondis que c'était peut-être dû au caractère "historique, établi," de l'artiste, qui le classe à l'instar de Soulages ou de Rauschenberg, parmi les grandes figures du XXe siècle plutôt que dans la New Wave du XXIe. Lorsque je l'interrogeai cet après-midi, il me déclara que l'apport de Richter pour l'histoire de l'Art était plus important. S'ensuivit une discussion sur l'importance relative de la novation (Duchamp et les conceptuels) et de l'oeuvre matérialisée (Bacon ou Balthus) . Kiefer au cours d'une conférence donnée à l'occasion de son grand oeuvre, dit en substance, Duchamp c'est bien, une pissotière ça va, deux aussi, trois c'est trop.
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..... Une communication à mes amis
Le journal du 4 juin, est le 200me "billet" de ce blog, dont le contenu atteint les 323 000 caractères. De minuit à trois heures quarante cinq du matin j'ai compté 108 visites. On remarque que le nombre de visites pour un billet (c'est à dire un article, dans le langage des blogueurs) s'accroît systématiquement avec le temps. Les billets les plus lus sont les plus anciens, ce qui montre que le blog fonctionne comme une sorte d'encyclopédie de la désinformation.
Je demande à nouveau instamment l'internaute qui me suit fidèlement, de respecter l'ordre des séquences pour "Saga", l'histoire romanesque de L'Entretien. Si je me permets d'insister, c'est que quelques séquences sont lues plus ou moins frequemment que d'autres, dans le désordre, alors que ce sont les premières qui devraient être les plus lues. Songeriez vous à lire un policier d'Agatha Christie en parcourant au hasard les chapitres?
C'est pour cette raison que je compte ménager une pause dans les séquences à partir de la séquence 172 qui n'a donc pas de liens. Reportez-vous pour la liste en cliquant ici : Regards sur l'Entretien . En effet, il se produit un coup de théâtre qui change notre regard sur les séquences précédentes, et on ne peut le déflorer. Il faut donc laisser le temps au fidèle lecteur de mon soap opera, de se familiariser avec les événements qui ont précédé.
Une précision peut-être utile pour les amateurs. L'Avenue SAGA part du noyau de départ de L'Entretien qui en exprime sous forme très condensée tous les développements futurs. Elle comporte trois grandes sections.
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Sunday, 3 June 2007
Nicolas Sarkozy aux prises avec Lyssenko
La polémique autour de l'inné et l'acquis
Le docteur Mario Bensasson, esprit curieux et cultivé me rapporte, indigné, le débat Nicolas Sarkozy - Michel Onfray dans le N°8 de Philosophie J'ai rendu compte de son écho dans Le Nouvel Obs, qui n'a présenté que l'opinion du "philosophe", qui n'est qu'une longue litanie d'injures de style soviétique. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, car ce qu'on reproche à Nicolas Sarkozy est aligné sur la position du PC pendant la guerre froide, condamnant la génétique de Mendel, comme étant incompatible avec la doctrine communiste, et menant au nazisme. La grossiereté de l'attaque, qui n'honore pas le magazine qui l'a présentée dans des pages pleines de complaisance, m'a dissuadé de me reporter à l'article de la publication citée.
Le docteur Bensasson s'étonne que l'on puisse ainsi ériger en condamnation idéologique ce qui relève de la connaissance scientifique la plus répandue. En effet il est largement prouvé que le développement de l'homme résulte de la combinaison de caractères innés, génétiques ou géniques et de leur exploitation par l'environnement et l'acculturation. Si les nazis se sont exclusivement centrés sur l'inné, (cf.L'innéisme), les communistes ont misé exclusivement sur l'acquis. Ainsi Mendel a-t-il été considéré un adepte de la science bourgeoise, alors que Mitchourine, a été loué, pour ses déclarations en faveur d'une science exclusivement fondée sur les doctrines de Marx, Engels, Lénine et Staline. Les plus grands généticiens russes et tous ceux qui osaient les citer étaient envoyés au Goulag pour y mourir dans des conditions atroces. Tout cela, parce qu'on estimait que seul un environnement culturel correct, pouvait transformer n'importe quel homme en un parfait communiste. Le fait que l'on pouvait hériter d'une psychose, contredisait le principe de la toute-puissance de l'endoctrinement égalitaire communiste.
Ceux qui ont diabolisé Nicolas Sarkozy pour avoir osé rappelé que l'acquis n'est pas seul responsable, et qu'une part déterminante d'inné pouvait rendre compte de certaines pathologies psychologiques, n'ont pas eu, heureusement, la possibilité d'envoyer le candidat au bagne ou à l'institution psychiatrique.. M.Onffray, n'aurait sans doute pas hésité, à en juger par son appréciation du candidat de "la bourgeoisie". Voici un extrait des répliques incriminées :
N. S. :...l'être humain peut être dangereux. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons tant besoin de la culture, de la civilisation. Il n'y a pas d'un côté des individus dangereux et de l'autre des innocents. Non, chaque homme est en lui-même porteur de beaucoup d'innocence et de dangers.
M. O. : Je ne suis pas rousseauiste et ne soutiendrais pas que l'homme est naturellement bon. À mon sens, on ne naît ni bon ni mauvais.
On le devient, car ce sont les circonstances qui fabriquent l'homme.
N. S. : Mais que faites-vous de nos choix, de la liberté de chacun ?
M. O. : Je ne leur donnerais pas une importance exagérée. Il y a beaucoup de choses que nous ne choisissons pas. Vous n'avez pas choisi votre sexualité parmi plusieurs formules, par exemple. Un pédophile non plus. Il n'a pas décidé un beau matin, parmi toutes les orientations sexuelles possibles, d'être attiré par les enfants. Pour autant, on ne naît pas homosexuel, ni hétérosexuel, ni pédophile. Je pense que nous sommes façonnés, non pas par nos gènes, mais par notre environnement, par les conditions familiales et socio-historiques dans lesquelles nous évoluons.
N. S. : Je ne suis pas d'accord avec vous. J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense.
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SEQUENCE 146
Section centrale de L'Entretien. Plateforme
Ouverture à la sous-dominante
Commentaires. Lars Hall a manipulé Valentin en lui faisant croire qu'Alexandre et Richard sont de lui, espérant ainsi motiver le mentor idéal des deux adolescents, tout en préservant sa propre liberté d'action. Lasse déteste en effet les liens de toute sorte (ce que les américains désignent par "entanglement" tout en aimant contrôler son entourage.
Le thème de la paternité des enfants est une "issue" incontournable des Soap Operas et il est lié au comportment de nombreuses jeunes et belles américaines mariées faute de mieux à des médiocres, et qui essayent de se faire faire des enfants par des mâles puissants. Lorsque Christine trompe Valentin tout en lui faisant croire que les enfants sont de lui, elle adopte une stratégie génétique assez courante.
La vallée des Montgolfières. Au chalet Kiruna, la nuit. Valentin Ludell ne peut dormir, hanté par ses souvenirs.
La vallée des Montgolifières est le "pays d'en haut", versant français de l'Oberland bernois, et dont le centre est Câteau d'Oex. Il s'y tient tous les ans, en février, un concours de ballons dirigeables. Le châlet Kiruna, résidence de vacances des Hartzmann, se trouve dans le quartier huppé de Gstaad, sur les hauteurs. Il est fréquenté par des maffiosi russes et des allemands fortunés.
Lasse voulait les mettre au Rosay. Vera comme à l'accoutumée était de son avis. Tous les week-ends ils viendraient au chalet et j'en profiterais. Eux, préféraient le collège où ils auraient retrouvé des copains de New-York., des activités sportives programmées et un environnement sympathique.
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