Friday, 6 April 2007
Les circonstances de la publication de Virus
Par Bruno Lussato
Ce texte a été écrit avant que l'ouvrage n'ait atteint sa forme définitive. Notamment le pauvre Kevin Bronstein a été totalement exclu du titre. On le retrouvera dans l'article : Kevin Bronstein, introduction à Virus.
Ce travail est tout sauf spontané. Il commença par une commande, d'une grande firme transnationale, dont les dirigeants qui s'apprêtant à changer radicalement de structure, s'attendaient à toutes les manoeuvres les plus machiavéliques de la part de tous ceux dont le changement dérangeait les habitudes et compromettait le statut.
Une des menaces qui guettait ces dirigeants, était la dénaturation de leurs déclarations, la réinterprétation de leurs messages et de leurs instructions et la manipulation subtile des collaborateurs de l'entreprise afin qu'ils s'opposent, par inertie ou excès de zèle, à la nouvelle organisation. Je me rendis compte que de toutes les manipulations, la plus nocive était ce que j'ai appelé la désinformation, terme qui ne coïncide pas tout à fait avec l'acception commune et notamment, celle vulgarisée par un orfèvre en la matière, le regretté Vladimir Volkoff. Je désigne ainsi un procédé consistant à présenter des faits, soit authentiques, soit inaccessibles, dans un contexte qui leur attribue, par inférence, une signification apparemment objective. C’est comme si leur réarrangement retenait quelque chose du réel qu'il organisait, en transformant en un hybride où le virtuel était inextricablement absorbé par la froide description scientifique.
J'avais ainsi l'occasion de poursuivre un travail que je n'ai jamais abandonné depuis ma jeunesse, et qui consiste à interroger sans relâche les finalités et leur traduction en objectifs et en actions. Mon métier de théoricien de l'information, qui englobe la connaissance de la sémantique et la psychologie cognitive, fut étayé par une pratique quotidienne du milieu de l'entreprise. Jusque vers les années soixante dix, le domaine du management pouvait être sans dommage être séparé de la sociologie des organisations et de l'étude des mouvements idéologiques. Mais aux approches du nouveau millénaire, cette position n'était plus défendable. Le conseiller en organisation ne pouvait se désintéresser des idéologies qui conduisent le monde, ni des stratégies de pouvoir qu'elles mettent en oeuvre pour s'implanter et se combattre. Et de toutes ces armes, la désinformation est la plus importante, car elle procède masquée, et contamine la planète toute entière, à la faveur de la surinformation qui noie les cerveaux.
Continuer à lire "Genèse de "Virus""
Thursday, 5 April 2007
Ce lexique contient les définitions nécessaires pour comprendre la lecture de Virus. Il est sommaire et provisoire, et comprend des néologismes, nécessaires pour désigner sans ambiguïté des concepts nouveaux.
LEXIQUE PAR ORDRE ALPHABETIQUE
***Aimant sémantique
Système collectif de croyances et d'intérêts, à forte charge émotionnelle, affective ou spirituelle, déformant l'espace de phase axiologique des individus, leurs critères de jugement et leur perception des faits, et influençant leurs inférences. Les idéologies, les groupes de pression politiques et financiers, sont de puissants aimants sémantiques. (voir noeud sémantique).
Continuer la lecture ►
Continuer à lire "Kevin Bronstein. Lexique de la désinformation"
Où il est question de Kevin Bronstein, des Français et des grenouilles
Virus, huit leçons sur la désinformation, documents annexes.
J'ai déjà raconté dans un article précédent, la genèse de mon dernier essai. Je les résume ici, à l'intention de ceux qui seraient intéressés par le cheminement qui a permis la conception et la publication de ce livre.
*** L'ISD Think Tank composé de quatre spécialistes de la Théorie des Systèmes (dont deux américains, un canadien, un suisse et moi-même) s'intéresse à l'étude des zones obscures de la Science et de la Technologie. Il s'interroge sur la désinformation qui frappe les grandes organisations et qui protège les dogmes de l'informatique centralisée, la mondialisation heureuse, l'ouverture asymétrique des frontières, le syndrome de Stockholm, la cécité face au passé de notre culture, et notre indifférence à l'égard de son futur. A la suite de ses études, l'ISD a abouti depuis longtemps à la prédiction d'une bipolarisation des activités humaines et une fuite vers les extrêmes. Le riches devennent plus riches, les humanistes, plus cultivés; mais un fossé se creuse entre eux, dû à l'effondrementdes classes moyennes occidentales. Il a pris nettement position contre l'esprit dit de Davos, (la mondialisation heureuse, la dématérialisation des activités, la division nternationale du travail) et prône un retour à la décentralisation et à la simplification des processus. Il met l'action sur les effets dysdoxiques (counterintuitive) de la massification aboutissant à une perte de contrôle des transnationales deshumanisées sur leur terrain et en général aux resultats opposés au but recherché.
L'ISD se fondant sur les idées d'Umesao Tadao, a opposé la logique des féodalités, devenues à notre époque des démocraties, et celle de l'empire, structure concentrique de postulats orentés autour d'un noyau compact de croyances. Le paradigme impérial constitue le squelette de tous les régimes totalitaires. Le jeu politique entre ces deux entités : empire et féodalités) est presque impossible, ce que n'ont pas compris Giscard d'Estaing ou François Bayrou.
Pour ne pas compromettre leur statut académique, les membres se sont abrités sous un nom collectif : Kevin Bronstein. Le titre de mon dernier livre; s'inspire de celui de Coetzee ; Elisabeth Costello, Eight Lessons , l'honorable Kevin (nom juif new-yorkais d'origine polonaise) voit la France de l'extérieur, et a inspiré Virus. Cependant dans la transformation de Bronstein en Lussato, bien des changements sont intervenus. Nous en donnons à lire deux fragments non publiés où on trouvera un lexique, un résumé, et le point de vue de Bronstein sur l'exception française : une histoire de grenouille. Tout d'abord parce que nous sommes en train de cuire doucement à l'étuvée sans réagir, faute d'un electrochoc, puis parceque pour les Américains, nous sommes de amateurs de cuisses de batraciens, comme les Chinois de serpents et de sauterelles.
. .. Rendez-vous donc aux deux articles de Bronstein : Lexique et Reflexions de Bronstein sur la France. Faites moi part de vos commentaires, c'est le but de ce blog. Merci.
Note : Lexique est achevé
Wednesday, 4 April 2007
Esprits crédules, esprits forts et esprits désinformés
La désinformation à l'envers
La majorité des commentaires récents avaient trait à la zététique, ou étude des canulars et des légendes urbaines. Le déclencheur a été la parapsychologie et la divination domaines mal famés où le sectarisme prime de même que l'amour malheureux de l'hyper-rationalité.
Les observatoires zététiques se veulent des dénonciateurs des faux mythes propagés par les charlatans et les illuminés. Ces faussaires scientifiques doivent être démasqués sinon emprisonnés comme naguère, lorsqu'ils tirent de l'argent à des dupes. L'approche zététique est donc très proche de celle de l'ISD de Genève qui analyse les atteintes volontaires et souterraines à l'information.Mais il faut se méfier des sceptiques professionnels qui tirent avantage d'une position avantageuse. De même qu'une information cache une autre information, une dénonciation peut cacher une désinformation. L'histoire est pleine de cas, où les dénonciateurs sont dénoncés, et notamment le cas di Président Kennedy, où Posner dénonçant la thèse du complot du procureur Garrison, (non sans raison), est à son tour dénoncé par Griffith, comme désinformateur. A la suite de Posner et de Griffith, on met en doute des preuves falsifiables sans donner des preuves de leur inauthenticité. Ainsi les empreintes digitales du tueur Wallace et d'un individu se trouvant dans le lieu où Oswalt était embusqué, sont déclarés identiques car présentant 18 points de ressemblance, par les experts, mais différents par des opposants qui ne comptent que neuf points de ressemblance. Le meilleur de l'histoire est que les empreintes sont publiées et que tout praticien peut résoudre la question!
Il est nécessaire de distinguer trois types de manipulés. Les esprits crédules sont légion. Ils croient aveuglement ce que leur dit un gourou, bénéficiant d'une caisse de résonance de sectaires et d'escrocs. Généralement ils se recrutent dans les milieux incultes et ils manquent de l'esprit critique nécessaires pour déceler la fraude.
Les esprits forts tombent dans l'excès inverse et jettent le bébé avec l'eau du bain, exigeant des preuves sans prendre la peine de les vérifier, condamnant sans savoir. Ils sont sceptiques par principe, pour montrer "qu'on ne la leur fait pas," et exigent des preuves bien plus contraignantes que celles dont se contentent les scientifiques. Leur motivation est la mode, le sentiment que toit ce qui est excessif est insignifiant, ou encore, la peur d'être taxés de jobardise. Il faut y ajouter le malaise qu'induit en eux l'hypothèse que les phénomènes inexplicables et incompréhensibles, cachent une plaidoirie implicite en faveur de l'existence de Dieu et désavouent le matérialisme qu'on leur a enculqué. Ce sont des croyants à l'envers et frappés des mêmes tares.
La majorité des gens ignorent tout de la parapsychologie de laboratoire, à laquelle ils n'ont pas accès, et n'en retiennent que l'image grossière qu'en donne la presse. Les zététiques eux-mêmes sont complices, lorqu'ils démentent les propos des charlatans. Il s'agit de la forme la plus pure de désinformation car elle repose sur une description véridique des faits.ou infalsifiable. Par exemple M. Vivant sur son site, verse au dossier zététique, la dénonciation de fraudes enfantines en faisant semblant de les prendre au sérieux. (Voir la controverse
entre Solaris et Vivant dans les commentaires).
Je vous propose dans la suite de ce journal un exemple de scepticisme mal placé assez savoureux qui rappelle la réfutation statistique de l'astrologie, mais qui donne des clés de compréhension du fait paranormal. .
Continuer à lire "Le journal du 5 avril 2007"
Tuesday, 3 April 2007
Les racines du hasard
C'est le titre d'un ouvrage d'Arthur Koestler, dans lequel le célèbre essayiste non seulement prend la défense des pionniers courageux qui défrichent le domaine sulfureux des phénomènes psi, mais émet des remarques très pertinentes sur leur condition d'apparition, qui devraient inspirer les "zététiques", ou sceptiques professionnels à sens unique (il n'y a pas que je sache de zététiques pour mettre en doute les postulats du néodarwinisme !).
Ci-contre un exemplaire en édition originale encore disponible sur amazon.com. Ce livre est devenu introuvable dans sa version française : Les racines du hasard.
La thèse de Koestler est la suivante:
L'univers du système
Il constate que dans tous les phénomènes divinatoires, que ce soit le I Ching, le tarot, l'horoscope ou l'astrologie, trois éléments sont toujours présents dans l'univers du système; le stimulus S censé orienter le système de signes (les données de l'existence passée et future de la vie du sujet) , la réponse R qui traduit en signes un stimulus S donné, (le tarot, la description des constellations, un hexagramme composé des combinaison des pile ou face d'une pièce de monnaie), la mise en correspondance de R et de S permettant à tout signe r de R de remonter à un évènement s appartenant à S.
Le choix d'une configuration spécifique appartenant à S
De même que tout individu a sa place dans l'univers des évènements potentiels, son thème a la sienne dans l'univers des signes divinatoires. Le problème est donc de définir la configuration signifiante qui permette de remonter à des évènements réels. Or c'est là que le bât blesse. En effet ce choix se fait au hasard. Il faut donc admettre que ce hasard n'en n'est pas un, puisque les configurations sont censées correspondre par miracle aux évènements réels. Par ailleurs il peut paraître inacceptable de voir notre existence dépendre d'un lancer de dés ou de la position des astres au moment de la naissance, à la minute près. Le fait que nous soyons nés une demi-heure avant peut changer le cours de notre existence !
Lire la suite du journal...
...où l'on précisera la pensée de Koestler,et où l'on établira de gênants parallèles avec la genèse du génome.
Continuer à lire "Le journal du 4 avril 2007 "
Monday, 2 April 2007
Les désarrois de la citrouille masquée
La citrouille masquée est l'auteur (masqué) d'un commentaire sur la parapsychologie et sur ceux dont la démarche consiste à la soumettre au doute scientifique, les zététiciens. Il se pose les mêmes interrogations que Solaris, sur la proportion de croyances irrationnelles qui encombrent les articles et émissions sur le propos. Je crois avoir compris également que sont visés, outre les domaines classiques de la parapsychologie (télépathie, précognition, claivoyance, psychi cinèse) des banlieues mal famées habitées par les adeptes du marc de café, de la chirologie (le slignes de la main), de l'homéopathie, de l'acupuncture, de la phytothérapie, de l'envoûtement et de son cousin, l'hypnotisme, de l'astrologie,de la kinésiologie, de la graphologie, des tarots, de la cabale, et des grigris de mon gourou préféré.
Je me contenterai dans ce journal de présenter quelques perles savoureuses, de la part des partisans de ces pratiques divinatoires, de ceux qui s'en moquent. Je me réserve de répondre sérieusement aux boutades des sceptiques et essayer de découvrir ce qui relève de la simple ignorance et de la superstition, et ce qui est orienté par les forces invisibles d'un noeud sémantique.
Continuer à lire "Le journal du 3 avril"
|
Commentaires