Sunday, 8 April 2007
*** ... État des lieux

L'Entretien, plat en émail. Manuscrit Pepys
Ce texte a été adressé à Monique Cohen dont les encouragements ont été précieux et qui a estimé que L'Entretien pouvait trouver sa place parmi les grands manuscrits du patrimoine, en dépit de son caractère confidentiel, et en raison de ses trois spécificités : son ampleur et la cohérence entre l'image, la calligraphie et le texte; l'originalité de l'écriture formelle qui exploite à fond les technologies de l'écriture inventées notamment par Pilot, telles que les gels et la parallel pen; le sujet qui englobe tous les aspects de la désinformation et son découpage en séquences ouvertes. Cependant aucune évaluation n'a été faite du scénario et du texte. Les motifs qui ont conduit Monique Cohen à assurer la sauvegarde de ce travail ont été purement historiques et formel et ne constituent aucune garantie quant au style et à la valeur du scénario. Pour la première fois, j'ai commencé à m'interroger sur cette oeuvre étrange, pondue comme un oeuf d'autruche, et dans l'urgence la plus pressante, ne laissant aucune place au doute ni à la prise de recul. Sous la rubrique les dossiers de L'Entretien, je partage pour la première fois avec des passants du blog, cette approche d'un travail expérimental non évalué. C'est en quelque sorte une bouteille à la mer. Les extraits figurent dans la catégorie Entretien.
Une notice à l'intention de Monique Cohen
Directrice du Département des Manuscrits de la BNF
I. Exposé des motifs et noyau de l'oeuvre
L' ENTRETIEN se situe dans la lignée des "gesamkunstwerke" de la fin du XXe siècle, et on peut aussi le considérer comme un "manuscrit à peintures" contemporain. Mais il ne tiendrait pas compte de la destination finale du document qui est l'hypertexte, notamment sur l'Internet. L'originalité de ce travail réside, ainsi que vous l’avez noté, dans la fusion totale entre le fond et la forme de ces quatre mille pages d’écriture formelle.
Certaines sont diluées alors que la haute densité sémantique des autres leur confère une apparence poétique ou prophétique involontaire.
L'Entretien est ancré dans la réalité de notre temps qui fait intrusion dans certaines séquences comme un collage cubiste : extraits de journaux et de magazines, fragments autobiographiques, mises en abyme de simulacres de poèmes de grands classiques, tout ce matériau hétérogène prolifère au fur et à mesure du déroulement du récit, envahissant l'intrigue et l'espace calligraphique. Les albums ont été calligraphiés d’un jet, à partir du troisième volume et il faudrait sans doute les réviser en supprimant ce qui est inabouti ou relâché dans cette rédaction originelle. Encore faut-il se demander ce qui sépare l'essentiel de l'anecdotique, définir les contours des rivages, des chaînes montagneuses, des fleuves et des lacs du continent apocalyptique. C'est à ce survol de l’œuvre, contemplée ainsi comme d'une montgolfière, que je m'astreins dans ces pages. Cela me semble la seule manière sensée de répondre à la question "de quoi ça parle?", question jusqu’ici éludée faute d'une appréhension globale de ce labyrinthe sans fil d’Ariane.
Une vue d'ensemble *Note préliminaire sur la genèse du travail. C'est de 1981 à 1983 que le noyau,c'est-à-dire la première partie de L'Entretien a pris sa forme définitive. J'ai retrouvé les esquisses calligraphiques et les variantes successives du texte. Une version datant de 1981 est notée dans deux petits carnets verts, et comprend la première et le début de la seconde partie : Prophétie et Explications de textes. La suite de la seconde partie occupe de grands in-8° rédigés à New York et à Tokyo de 1983 à 1987. Tout reste a été calligraphié directement dans les cahiers in 4° en papier « Peau d’éléphant » diffusé en France par "Stouls". L'Entretien se présente alors comme une coulée spontanée rédigée dans l’urgence et charriant, intuitions, modèles de toutes sortes, tranches de réalité, notations scientifiques et mises en abyme de textes antérieurs.
Une macrostructure floue peut s’y déceler, notamment la division en grandes "parties" précédées par un choeur d'ouverture a capella et concluant sur un chant élégiaque. Sa microstructure est empruntée aux soaps opéras américains, où alternent des intrigues tronçonnées en séquences destinées à des auditoires divers. Chacune des séquences d’un Soap se termine sur un Cliffhanger faisant office d'antizapping et en relisant les intrigues de certains épisodes je me suis surpris à être impatient d'en connaître le dénouement, sans cesse différé.
dimanche 29 janvier 23h26
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Saturday, 7 April 2007
Rappel
Lire, la suite du journal du 7 avril et les commentaires sur "l'humiliation" de l'Angleterre par l'Iran, le double viol perpétré par un délinquant, protégé par un juge des libertés, les paradis anti-culturels de Dubaï et des Emirats.
Statistiques par thème
Sur les 8200 visites reçues, le nombre de visiteurs par article oscille entre 25 et 279. Les thèmes qui sont les plus fréquentés ont trait à la désinformation en parapsychologie : 500 visites, les candidats à la présidentielle et la langue de bois, dont François Bayrou se taille la part du lion avec 250 visites.
Les commentaires sur Wikipedia ont attiré 213 visiteurs, l'Art Contemporain plus de 250 visiteurs, les analyses musicales 350. Les commentaires du Ring de Richard Wagner 310 visiteurs. Plus étonnante la haute fréquentation des séquences extraites de L'Entretien, Apocalypsis cum Figuris, mon "soap opera" en hypertexte : 411 visiteurs. Ces résultats montrent la variété des intérêts des visiteurs du blog, et leur curiosité pour la politique et la culture artistique. Cela m'encourage à continuer à produire des articles de haut niveau, sans concession ni complaisance.

Une page du manuscrit de L'Entretien . Calligraphie de Claude Mediavilla
.... L'Entretien, Apocalypsis cum Figuris
La forte fréquentation (tout est relatif!) de ce travail personnel m'a incité à lui consacrer provisoirement une rubrique.
Je me suis toujours fait une règle, de ne pas citer de travaux non publiés, en suivant ainsi les règles éthiques de Wikipédia. Le blog n'est pas destiné à servir l'ego de l'émetteur, ni à remplacer un éditeur introuvable. Les travaux non publiés sont soit des extraits originaux non publiés d'un ouvrage édité régulièrement, soit des extraits de L'Entretien comme : Canulars, légendes et contes populaires, le salon de Mrs Reubenstein. Si le travail le plus important de ma carrière, qui est en cours d'élaboration depuis près de trente ans, n'a jamais été publié, c'est non seulement à cause de son inachèvement, mais aussi parce qu'il est conçu pour l'hypertexte et l'Internet, et que je ne possède pas encore une compétence suffisante pour lui donner forme. Néanmoins faire figurer dans le blog des fragments de cet inédit, ne contrevient pas à l'éthique Wikipédia, dans la mesure où il a été reconnu par la Bibliothèque Nationale de France, comme un élément significatif du patrimoine national de mon pays et digne de figurer dans le département des manuscrits, Rue de Richelieu, où sont abrités ses trésors, des Heures d'Anne Bretagne de Bourdichon au manuscrit de A la recherche du temps perdu de Proust. J'ai néanmoins tenu à partir d'aujourd'hui de séparer tout ce qui a trait à la genèse et à l'explication de L'Entretien en tant que projet global, distingué par une carré noir .... . et des séquences de l'Entretien sur l'Art, ou la désinformation, réparties dans les autres rubriques (canulars, contes et légendes etc.) signalées par le carré vert .... indicateur des travaux personnels
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Friday, 6 April 2007
Nouveautés du blog
Compléments à Virus, plaidoyer pour la culture
Dès à présent je vous invite à lire trois nouveaux articles : les trois premiers, concernent la genèse de Virus : une introduction, un avant propos et une postface, qui ont été supprimés pour des raisons de place ou de diplomatie dans l'ouvrage grand public. Un avantage de ce blog, est qu'il peut éclairer et compléter ce qui a été tu pour des raisons pratiques.
Le dernier article "postface" ,signé Kevin Bronstein, est le plus importanr car il discute du rôle de la culture, la nécessité de revenir aux valeurs socratiques de hiérarchisation, et discute les positions de Kalfon, sur la télévision, de Maffesoli et de Wolton sur "la part du diable".
Vécu le 6 avril : Wifi pour tous, une utopie?
Je prends comme bien de mes concitoyens de vacances de Paques. Me voici au Château de Divonne, un des derniers endroits où on retrouve une convivialité et un accueil réellement personnalisé. J'ai emporté avec moi mon ordinateur, pour la première fois lors d'un déplacement, les vacances sont les vacances! Mais voici, je ne voulais pas lâcher les fidèles visiteurs de mon petit blog. Je me suis attaché à eux et tout particulièrement à ceux qui me tiennent compagnie pendant la nuit. (Il est 3h52) et ils sont déjà plus de 80 à lire derrière mes épaules. J'ai donc acheté des cartes Wi FI à l'hôtel. La première de ces cartes coütait 12 euros et procurait 2 heures de communication avec mon blog. Hélas, après à peine une demi-heure d'utilisation, et en pleine nuit, mon crédit s'avère insuffisant. Et impossible de payer en ligne, car je ne sais pourquoi ma carte visa est refusée. On m'a expliqué, qu'il fallait déconnecter à chaque transfert entre l'ordinateur et l'internet, le wi-fi, et qu'il valait mieux prendre une carte à crédit illimitée. J'ai pu m'en procurer une pour trois jours; tarif 75 euros! Il paraît que d'autres cartes sont beaucoup moins chères, mais je suis tributaire de météor, le système Wi Fi proposé par l'hôtel à ses clients. Vive l'information gratuite pour tous et la dialogue entre les habitants de la planète démocratisée! J'attends des suggestions pour payer moins. Merci.
Lu et vu le 6 avril, les titres
Thalassa. Une émission sur les Emirats.
Une illustration de la culture Matrix combinée à la pratique de Djihad. Les extrêmes au pouvoir. Si l'architecture et l'urbanisme reflètent une culture, les fabuleuses réalisations de rois du pétrole répondent à leurs motivations avouées : l'argent-roi dans toute sa majesté; l'humanisme exclu, toute considération étrangère à la richesse et à l'hédonisme, éradiquée. (Lire les détails dans la suite de l'article ►)
Une illustration exemplaire de l'opposition irreductible entre la Justice et la Police : l'affaire du violeur récidiviste.
Le cas de Majdi Medjaoui, laissé libre de récidiver et ayant fait une nouvelle victime, pose des questions intéressantes. Qu'est-ce qui a conduit les juges des libertés à refuser l'évidence des tests ADN sous des arguties juridiques ? Quelles seront leurs sanctions? Qui est réellement coupable du martyre d'une jeune femme, machoire et nez brisé, violée et défigurée? Quels sont les mobiles réels des juges? Seule le grille Medusa - Force de la Terre, permet de donner un semblant d'explication à l'attitude de cexu qu'il faut bien considérer comme les défenseurs objectifs des criminels. (Lire les détails dans la suite de l'article ►)
Les trois tabous de la campagne électorale
Tous les candidats feignent d'ignorer que ce qui fait fuir les investisseurs et les PME, n'est pas le droit social, le plus contraignant de France, mais le non droit-social , c'est à dire l'infraction préméditée et affichée des prud'hommes de s'affranchir de la loi au détriment des emplyeurs. La tolérance dont bénéficient les fraudeurs qui utilisent admirablement le système français favorisant systématiquement l'employé, pour se livrer à de véritable abus de droit. Ceci pour le premier tabou.
Le second tabou est étroitement associé au premier. C'est la cécité volontaire sur les dérives idéologiques de la plupart des juges en faveur des délinquants contre leurs victimes, mises sur le compte d'une surcharge de travail.
Le troisième tabou, concerne le racisme à l'envers, qui consiste à minimiser, voire à taire, des infractions et des délits, dès lors qu'ils sont commis par des étrangers, tout particulièrement originaires d'Afrique. Toute dénonciation de cette discrimination positive des esprits est impossible, car diabolisée. Le tabou est d'autant plus frappant qu'il concerne la presse dans son ensemble et non la population qui en subit les effets. Notamment le refus de lier les viols et les déprédations à une volonté d'humilier le pays d'accueil.
Une page dans France-Soir consacrée aujourd'hui à Virus.
Virus s'attaque aux positions idéologiques quelles qu'elles soient. Il les rend responsables de la désinformation généralisée qui est décrite comme un "trou noir" auquel nul ne peut échapper. Il décrit les ravages de Matrix : . le consumérisme, la mondialisation malheureuse, le culte exclusif du profit, le gigantisme, la deshumanisation et l'aliénation des populations. De ce point de vue on peut le considérer comme proche de la gauche. Même chose, lorsqu'il déplore l'étroitesse d'esprit de la bourgeoisie traditionnelle, son dédain pour l'avant-garde et pour la culture qui se fait, sa centration sur l'utile et l'agréable, son manque de vision. Plus encore, il rend responsable "Force de la terre régressif", le noeud sémantique qui a ,polarisé la bourgeoisie du XIXe siècle, de la haine des intellectuels pour les classes possédantes. En dépit de ces attaques, les intellectuels autoproclamés de la gauche estiment tendancieux (à droite) mes tentatives pour dénoncer la désinformation. Il y a une explication très simple à ce phénomène. La gauche n'admet pas qu'à son tout on puisse dénoncer la désinformation dont elle est responsable et condamne au silence toute tentative de se soustraire à son emprise. D'où le fait troublant que ce sont deux journaux de droite (les seuls avec Valeurs Actuelles) qui ont osé deux pages pour parler d'un livre qui est politiquement incorrect.
Les otages anglais libérés.
Les occidentaux agissent en Dhimmis. Hegel affirmait qu'entre deux adversaires, celui qui l'emportait était celui qui risquait sa vie pour sa cause? L'Occident par perdant (le syndrôme mieux vaut rouge que mort, des intellectuels allemands par opposition à la conviction islamiste : mieux vaut mort que rouge). Les anglais se laissent capturer dans la moindre velléité de résistance, avouent tous ce qu'on veut et remercient leurs ravisseurs. Un marin déclare au pire des adversaires de son pays; "Je suis content de vous rencontrer, nous sommes très reconnaissants pour cette grâce" et Faye Truney, du groupe britannique déclare en substance : l'Iran est un beau pays, je vais esssayer de revenir. Blair s'excuse et renonce à stigmatiser les fanatiques. Le syndrome de Stockholm antérograde qui a provoqué le surgissement des camps nazis et des goulags, sous l'oeil atone des démocraties (mieux vaut deshonorés qu'en guerre), ne cesse de faire des ravages. Le Figaro lui même en rajoute en titrant : L'armée britannique "humiliée" par l'Iran. A la une Daily Mail on lit "humiliés". C'est la meilleure preuve de l'avilissement de l'Occident, telle que les islamistes, la stigmatisent.
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Postface au premier état de Virus.
J'accorde une importance particulière à ce texte, accessible, je pense, au non-spécialiste car il plaide pour la diffusion de la haute culture, la démocratisation du savoir humaniste, et lutte contre la banalisation et la déculturation ambiante. Matrix et Medusa, la droite consumériste et aliénante contribue à achever, par d'autres moyens, plus doux, le travail de nihilsme entrepris par l'extrême gauche et les "intellectuels" branchés. Dans les deux cas nous assistons à un travail de sape : optimiste et utopique d'une part, pessimiste et tout aussi irréel d'autre part. Deux faces d'une même conception du monde : le négatif et le négatif du négatif, qui n'est pas forcément du positif.
POSTFACE à Virus de Kevin Bronstein
Tache aveugle
Généralement ce n'est qu'une fois son essai achevé, que l'auteur voit à peu près clair dans son propos. Il est prêt à tout jeter aux orties pour rebâtir sur le structural, jusqu'ici enfoui sous les considérations conjoncturelles qui encombraient son écrit. Picasso se plaisait à le rappeler : tout son oeuvre de création est le résultat d'une somme de destructions. C'est encore plus vrai pour la tentative de clarification visée par ces huit leçons. Clarification, densification, distillation.
Oublions tout ce que j'ai pu nous apprendre dans ces leçons touffues et libérons notre esprit. En faisant le vide, apparaît l'essentiel caché, celui qui était escamoté par les mots, les notions et les concepts, non seulement dans ces leçons, mais dans tous les textes dont il s'inspire. La tache aveugle. Le tabou universel de l'intelligentsia qui frappe de cécité sélective, encyclopédies savantes et tabloïds, traités de sociologie et libelles intégristes, publicités télévisées et films engagés, ici et là, partout où la pensée s'insinue, partout où le verbe se glisse. Une tâche aveugle, pareille à celle qui se tapit invisible et ignorée au centre même de la vision, m'est apparue une fois que j'ai fermé les yeux sur la clarté qui m'aveuglé, que j'ai fermé mon manuscrit et que j'ai imposé le silence à mon monologue intérieur.
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La France et la désinformation
Ce texte est un avant-propos d'un traducteur imaginaire au livre d'un auteur tout aussi imaginaire. Il me permettait de prendre de la distance par rapport à des thèses politiquement incorrectes qui auraient pu me nuire. Lire en particulier le passage sur la démagogie de hommes politiques.
*** Virus
Désinformation et intoxication
Par Kevin.L. Bronstein
Note du traducteur à l'intention du public français
Les Français, c'est connu, aiment les grenouilles.
Ils aiment aussi les compromis.
Une grenouille plongée dans l'eau doucement chauffée
s'adapte et meurt.
(Kevin. L. Bronstein).
Si par un coup de baguette magique, les Français avaient pu sans transition passer de 1967 à 2004, ils auraient fait la révolution. Une révolution sanglante. Si on apprenait aux jeunes Français ce qu'était leur pays à la fin des trente glorieuses, si on rendait la mémoire à leurs parents, la grenouille française s'exclamerait : comment en sommes-nous arrivés là?, elle sauterait du chaudron d'eau bouillante et elle survivrait.
Pas à pas, tour à tour, des mesures sont prises qui rognent ce qui reste de la liberté d'entreprendre, de penser, de s'exprimer, d'acheter, de vendre, de s'instruire. Corrélativement à cette tendance néguentropique, liberticide, la tendance inverse dissout les structures sociales, le désordre s'installe, l'arbitraire sévit. Rigueur, contrôle tatillon pour les bâtisseurs, tolérance et bienveillance pour les iconoclastes et les vandales. Chaque fois qu'un coup leur est porté, les victimes regimbent, écrivent des notes, des rapports, leurs avocats démontrent le caractère déraisonnable des mesures irréalistes, puis, ces protestations sont noyées sous le flot des accusations et des promesses démagogiques. Les victimes s'adaptent et meurent.
Ce phénomène est d'une banalité affligeante pour l'historien. Les mots "démagogie", "décadence", "faiblesse", "compromis" sont employés à leur propos. Mais les entrepreneurs français ne sont pas des historiens. Ils n'ont même pas la mémoire de leur propre passé. Ils vivent dans le moment présent et répondent au coup par coup sans songer aux conséquences des conséquences de leurs actes. Ils me rappellent les politiciens américains qui ont armé Ben Laden sans évaluer les conséquences ultimes de leur engagement. Cette note introductive synthétise les idées de Kevin Bronstein en les adaptant à l'intention des entrepreneurs français.
1. Les mesures ponctuelles prises par le gouvernement de la France vont toujours dans un sens unique, celui de la démagogie, et suscitent irritation et découragement chez les entrepreneurs et les classes moyennes, qui font porter la responsabilité aux hommes au pouvoir. Mais les ministres sont des politiciens, donc tributaires de l'opinion publique. Or celle-ci est orientée par de puissants aimants idéologiques d'où émanent des champs de force puissants et invisibles.
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*** Dans l'ouvrage attribué à Kevin Bronstein, je m'attribue le rôle du préfacier. Ce texte résume les idées maîtresses de 'l'ouvrage et complète l'article sur la genèse de virus. On ne peut éviter une redondance avec ces préfaces et avant-propos.
Kevin Bronstein,
eight lessons
Préface de
Bruno Lussato
Cet ouvrage, comme l'indique son sous-titre, n'est ni un essai, ni un livre de vulgarisation. C'est une série de huit leçons professées par Kevin Bronstein lors d'un séminaire tenu en Août 2003 à Genève dans le cadre de L'Institute for Systems and Development. (ISD)
L'ISD est un think tank indépendant de tout lien avec des entreprises ou des états. Partant d'une approche systémique et holistique, il est consacré à l'approfondissement de la théorie de l'information. Il s'est illustré par la publication en 1975, sous l'égide de l'Oréal, du premier travail posant les fondements de la microinformatique. J'inventai ce néologisme passé aujourd'hui dans la langue courante pour poser les bases théoriques d'une informatique conviviale, fondée sur la commercialisation massive de micro-ordinateurs legers, peu encombrants, ne nécessitant ni spécialistes pointus ni salles réfrigérées.
Le rapport ISD fut accueilli en Europe avec une incrédulité condescendante. Les technocrates français, dont Alain Minc rapporteur de L'informatisation de la Société fut la figure de proue, non seulement discréditèrent ses travaux qui prédisaient l'essor de la microinformatique, mais firent leur possible pour faire échouer les premiers fabricants de microordinateurs, les français Alvan et Micral. La France manqua la révolution micro-informatique, dont la théorie et la pratique étaient nées sur son sol. Les constructeurs européens, accueillirent avec le même mépris condescendant, les nouvelles idées, et voulant imiter IBM, ils déclarèrent que l'avenir appartenait aux giga-ordinateurs. On sait ce qu'il en advint.
Si j'ai rappelé cette péripétie, c'est qu'elle illustre à la fois la démarche de l'ISD, théorique et synthétique, et les forces centralisatrices et bureaucratiques qui travaillent l'Europe et tout particulièrement la France. Le travail de sape des technocrates tout puissants qui firent avorter l'Alvan, et le Micral, fut relayé par l'establishment tehnologique et popularisé par une vaste campagne de désinformation.
Le sujet de ce livre, est précisément cette altération subtile et pathologique des communications, désigné par le terme de désinformation par Vladimir Volkoff vulgarisa. Le nom collectif de Kevin Bronstein fut utilisé par mes collègues, à l'instar de celui du Général Bourbaki, signant le fameux traité sur les mathématiques modernes. Les huit leçons sur la désinformation, s'attachent à démonter les rouages du mécanisme pervers qui envahit les mass media, plutôt que de descrire in-extenso les phénomènes auxquels il donne lieu, fort bien illustrés par l'ouvrage de Jean-François Revel, La Connaissance inutile. J'ai essayé d'adapter ces leçons à l'intention d'un public français en ayant recours à des cas qui lui sont familiers, et quelque peu réactualisés.
Une des raisons pour lesquels le mécanisme sous-jacent à la désinformation a été rarement approfondi, tient à la nature protéiforme de la notion elle-même d'information, à laquelle il convient d'ajouter le malaise attaché à un phénomène, dont chacun sent la pénétration insidieuse et pressent la nocivité. Toute exploration sérieuse de la désinformation doit en effet recourir à des disciplines très variées dont la connaissance même sommaire, échappe à la majorité des chercheurs. Elle exige également du chercheur qui, comme tout être humain, est victime et agent de désinformation, un détachement problématique. D'où la formule choc du livre : La désinformation c'est nous, mais pour nous, la désinformation ce sont les autres. Les huit leçons de Bronstein, ne sont évidemment par exemptes des distorsions et des déséquilibres qui révèlent la présence du phénomène. Un exemple en est l'importance accordée au film Le Cercle des poètes disparus, cheval de Troie de la subversion trotzkiste dans les milieux bourgeois et pseudo-intellectuels, alors que l'auteur aurait pu choisir Midnight Cowboy, dirigé contre la Turquie et qui est encore plus révélateur du mécanisme. Bronstein, n'aime pas le terrorisme intellectuel ni la "gauche caviar", et, contrairement à elle, préfère avoir raison avec Aron que tort avec Sartre. Cette aversion pour le "politiquement correct" colore l'ensemble de l'ouvrage et introduit un déséquilibre dans le choix des exemples.
Néanmoins, l'important, dans ces huit leçons, n'est pas l'exposé des cas, forcément partial et lacunaire, mais le modèle explicatif qui, lui, demeure plus que jamais valable. L'originalité du modèle, réside dans la synthèse des concepts émanant de savants célèbres comme Julien Jaynes, Leon Festinger, Jean Piaget, Kurt Lewin, ou obscurs et controversés, comme François Bonsack et Rupert Sheldrake. Ce travail transversal permet d'établir des passerelles entre les concepts des différentes théories rappelées et des études de cas allant de l'assassinat de Kennedy à la mise au ban de la parapsychologie par les milieux universitaires.
L' apport théorique des Huit leçons, outre la nature holistique du travail, réside dans l'articulation de trois concepts essentiels, mettant en évidence certains aspects importants du mécanisme de désinformation. La nouveauté et l'originalité de ces "constructs", pour adopter le terme lewinien, a obligé l'auteur à recourir, non sans apprehension, à des néologismes contestables et sans doute provisoires.
Le premier désigne sous le vocable de noeud sémantique ces agrégats denses de croyances et de dogmes, animés par de puissants instincts et des intérêts matériels, mais par la quête d'une vérité absolue qui nous rassure en donnant sens à l'insensé. Face de Janus, tourné vers l'intérieur du psychisme et s'incarnant dans le collectif, le noeud sémantique est composé de particules psychologiques, nommées par les anglo-saxons psytrons ou psychons que j'ai traduit par psychèmes. L'auteur adhère par là à la vision de Sir Karl Popper, qui postule l'irreductibilité du monde physique et biologique, et du monde psychique, (premier et deuxième monde) et que leur interaction dont le caractère paradoxal a été mis en évidence par Jean Piaget et exploré par Sir John Eccles. Les huits leçons sont de ce fait, radicalement opposées au réductionnisme ambiant des neurosciences, (Le cerveau secrète la penséee comme le foie secrète la bile) considéré comme un dogme datant du XIXe siècle, et incongru à l'ère de la physique quantique et de la théorie des cordes.
Le second apport théorique des Huit leçons réside dans la formalisation des échelles de valeur qui orientent nos comportements, nos opinions et en définitive notre jugement. L'auteur dégage six, et seulement six, échelles élémentaires, (Jugdment Value Générator Scales) dont la combinaison donne naissance à une grande variété de critères de jugement, et dont la résultante est une échelle volitionnelle, déterminant nos conduites positives ou négatives vis à vis d'un évènement, un homme, un objet : adhésion ou hostilité, attraction ou répulsion. d'évitement ou d'attraction. Les noeuds sémantiques diffèrent par la manière dont chaque évènement est noté dans l'espace axiologique à six dimensions. Ils orientent de ce fait notre comportement et biaisent le cheminement de l'information. Il en résulte que partout où existe un foyer dense et puissant de croyances et d'intérêts, se manifestent des phénomènes de désinformation. Ceux-ci ne doivent pas être ramenés à des mensonges (bruits), des censures (pertes) ni même à des distorsions, pour adopter la terminologie shannonienne, mais considérés comme une déformation des données factuelles lors de leur organisation en information signifiante, ayant pour but de réduire les dissonances entre notre perception du monde et le modèle idéologique implanté dans notre psychisme. En suivant la thèse de Jaynes, on pourrait concevoir le noeud sémantique comme une sorte de tumeur logée dans l'hémisphère droit du cerveau et nous désinformant malgré qu'on en aie.
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