Tuesday, 29 May 2007
Nouvelles du blog
Aujourd'hui, à midi vingt, nous avons franchi le seuil des dix mille visites par mois. Cela ne signifie naturellement pas dix mille visiteurs. Il faut tout d'abord compter les dix pour cent d'intrusion des moteurs de recherche, toujours à l'affut des nouveautés. Notamment il suffit de se brancher sur Pierre Boulez ou sur Bayreuth pour être en contact avec ce blog par l'intermédiaire de la catégorie correspondante. Par ailleurs les visites proviennent d'internautes fidèles au blog, et qui se branchent périodiquement par intérêt ou curiosité. En effet on ne peut jamais savoir quel sera le sujet du prochain journal ou du prochain article, pour la bonne raison que je ne le sais pas moi-même! Je crois avoir compris que beaucoup de jeunes fréquentent mes masterclasses, qui me donnent l'illusion de continuer mes cours, au delà de ma chaire au CNAM. La chaire, après la chaire ! Je crois que le sentiment le plus gratifiant de ma vie professionnelle a été le moment privilégié, où après avoir donné ma leçon, jgénéralement à une heure, le Samedi, je descendais de ma chaire, je m'emparais d'une chaise et je discutais avec un groupe d'élèves, toujours les mêmes. Nous oublions évidemment les uns et les autres de déjeuner. C'était là que se tenait le véritable enseignement. Ainsi que vous aurez pu le constater, je suis branché jusqu'à cinq heures du matin. Ce que vous ne pouvez connaître, est l'intense activité qui règne à ces heures nocturnes, où toutes les cinq minutes, un inconnu vient me rendre visite. C'est une sensation très mystérieuse pour un solitaire incapable de s'intégrer dans un réseau d'amis ou de connivences. Ce blog est en train de devenir, affectivement ma véritable famille.
Ce qui a beaucoup contribué à ce chaleureux sentiment de contact intellectuel et amical, a été la fréquentation, bien plus grande que je n'aurais osé l'espérer de mon Entretien. Elle m'incite à continuer et à poster, un peu au hasard, des séquences extraites de l'immense corpus de quatre mille pages in-folio, soit au moins dix mille pages A4. Ces séquences sont autant de pièces d'un puzzle qui au fur et à mesure se constitue et peut être se rassemblera en ce space opera pour hypertexte et internet, dont j'ai toujours rêvé. Un opera interactif qui pourrait me survivre. En attendant, je compte dans un prochain article, vous livrer la séquence-clé de L'Entretien : dialogue au sommet, assortie des commentaires sur le prologue de Faust, première partie, de Goethe, dont elle est l'image inversée.
Monday, 28 May 2007
Signaux faibles
Le rapport signal-bruit est un paramètre important qui a un impact décisif sur la désinformation. Celle-ci fleurit en effet, lorsque les messages sont noyés dans le magma: bruit de fond, signaux parasites, formes aléatoires, informations contingentes. Il subsiste assez de matériau pour deviner qu'il s'agit d'un message signifiant, mais pas assez pour en saisir le sens. Les chercheurs issus de la Gestalt Theorie nous ont appris que lorsque des pertes ou des irrégularités affectent une forme, nous avons tendance à combler les unes et à raboter les autres afin d'obtenir "une bonne forme".
C'est tout le secret des rumeurs. On fabrique des messages cohérents, satisfaisants pour l'esprit, lorsque l'information qui nous parvient est incohérente, fragmentaire ou indéchiffrable. C'est ce qui nous fait entrevoir des personnages dans des nuages ou des objets morbides dans des taches d'encre; L'effet devient désinformation, lorsque la bonne forme, est pour nous, celle qui correspond à un noeud sémantique. On voit alors ce qu'on croit, et on croit ce qu'on nous fait croire, le on étant une construction fantasmatique dictée par l'intérêt, un stérotype, ou un noeud sémantique (idéologie, modèle théorique, canon religieux).
Le type même de signal faible est le fameux fil blanc apparu dans les replis de la chevelure de Ségolène Royal lors de son débat télévisé. Dans l'incapacité de déchiffrer sa provenance et sa nature (fil transparent éclairé par les projecteurs? ) on supposa qu'il conduisait à une oreillette cachée, en dépit de l'invraisemblance de cette inférence.
Un autre exemple peut être consulté dans You tube à "Sarkozy est un sale juif". On voit dans cet extrait de Canal + des "jeunes" vociférant d'après les sous-titres ajoutés à l'image : Sarko-facho. Mais si l'on pousse le son et qu'on fait attention, on peut entendre; Sarko-sale juif ! Ceux qui ont entendu cette dernière insulte en tirent deux inférences : les "jeunes" sont antisémites, Canal + a déformé le message afin de ne pas susciter de réaction anti-africaine dans une population exaspérée par la violence des banlieues. Mais l'essentiel a été occulté par cette recherche de l'information manquante : la vision de ces individus d'origine maghrébine, le visage tordu de haine, et manifestement étrangers à la culture et aux moeurs de leur pays d'accueil. On se prend à souhaiter qu'ils regagnent leur terre d'origine. Le tabou qui frappe l'occultation de cette haine, la désinformation provenant de l'amalgame "voyou haineux et fanatique" - jeune d'origine africaine des banlieues - jeunes des banlieues - jeunes, explique l'indignation de l'intelligentsia lorsque le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy, a désigné ces individus menaçants et délinquants, par le seul terme adapté : racaille. Le fait d'appeler un chat un chat, a heurté les "sensibilités" de gauche, qui pratiquent le glissement sémantique. Ce dernier explique qu'elles aient étendu cette appellation à l'ensemble des habitants des banlieues qui en fait est victime de "la racaille", ce qui n'est pas le cas des bobos des beaux quartiers.
Ces phénomènes sont inquiétants par leur extension à une large fraction des Français et dénote une emprise puissante de Medusa. Nicolas Sarkozy affronte de ce fait, non pas un parti politique concurrent, mais un noeud sémantique solidement enraciné dans la fraction la plus agressive de la population et notamment des jeunes facilement manipulable par l'intelligentsia. C'est ce qui a conduit Matthew Paris dans The Times à estimer que le président a été élu trop tôt.(cf. Le courrier International N°864, p.17) Avant de'embrasser le libéralisme, la France doit perdre tout espoir d'une solution alternative, écrit Paris. Raymond Barre m'avait déclaré en 1981, les Français ne réagiront pas tant qu'on ne sera pas arrivés à l'os.
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..... L'Entretien
La séquence 150
Vente aux enchères au
Campanelli's Resort
« Codex éléphant » vol. XII, p.1161
PERSONNAGES
Alonzo Vacca della Strambugia
Critique d'art, ex-conservateur de la collection Reubenstein.
Mrs Reubenstein
Mécène abusive
Mrs Fitzgibbons
Mécène, rivale de Mrs Reubenstein
Mrs Zoubov
Epouse de Zoubov.
Mrs Hartzman
Ex call-girl. Mariée en secondes noces à Hartzman
Lars Hall-Bentzinger
Homme d'affaires
Vladimir Zoubov
Ecrivain russe. Ex Dissident soviétique.
Hartzman
Homme d'affaires argentin. A fondé sa fortune sur de l'argent nazi.
Vera Hall-Bentzinger-Harzman
Epouse de Lars Hall-Bentzinger et mère d'un petit garçon : Karl Hall
Lahy-Noir
Délégué international de Spectre.
Fuchs
Critique d'Art plutôt rétro.
ALONZO VACCA DELLA STRAMBUGIA
Mesdames et Messieurs, la direction du très exclusif Campanelli’s Resort, m'a fait le très grand honneur de me demander, en tant que conseiller artistique de la Fondation Fitzgibbons, de commenter quelques immenses chefs-d'oeuvre de l'Art Universel, dignes du Musée Getty et qui seront offerts à la vente ce soir au profit des victimes des échecs transgéniques. L'Art au service de la Science, du Bien et de l'Utile, quoi de plus naturel et de plus admirable?
La vente débutera par La grappe de raisin de William Adolphe Bouguereau datée de 1860 et évaluée de 800.000 à 1.200.000 dollars. Jadis éclipsé par la mode des impressionnistes, ce vrai artiste reprend sa place, la première par la beauté de ses sujets et le fini de la facture. Sa technique était si parfaite, qu'on ne peut imaginer que ces visions de pure splendeur, aient été réalisées avec de la peinture à l'huile sur une toile grossière. Le peintre dans sa modestie, s'est attaché à supprimer toute trace de travail artisanal, à l'instar de Kosuth, pour se concentrer sur une histoire qu'il ne raconte pas mais qu’il suggère. Ainsi que vous le constatez, il a dépassé les maîtres de la Renaissance Italienne par la beauté ravissante de ses enfants, et le rendu de leur chair rose et potelée. Tôt ou tard, le talent et le métier seront reconnus comme valeur souveraine et la côte de ce chef d'oeuvre de l'Art universel s'envolera bien au delà des dix millions de dollars.
HARTZMAN
Cet enfant est Karl tout craché, Lasse! Même sourire, même teint clair. Nous pouvons acheter le tableau à deux.
LARS HALL
C'est vrai. Il tient de Vera la grâce et l'élégance. Mais je lorgne autre chose et puis, un million de dollars plus les frais pour une simple ressemblance, c'est cher payé!
HARTZMAN (pincé)
Hé bien, je l'achèterai seul pour l'offrir à Vera! Ça l’aidera à se remettre de sa dépression.
LARS HALL
Je n’en doute pas.
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...... Le duo d'amour de L'Entretien
Pour la compréhension de ce duo, il est recommandé de lire auparavant l'introduction qui rappelle les événements précédents.
Pour cela cliquez ici ► XXXXX
Personnages :
Lars Hall II, dit Lasse. Président d'une organisation financière et industrielle tentaculaire, située en Amérique du Sud et en Californie, et dont le siège se situe à Santa Samarea, entre Los Angeles et Sans Diego. FIls d'une dynastie d'armateurs suédois et de grands industriels hanséatiques, il s'est marié avec Vera Bentzinger,dont le père a hérité d'une fortune amassée par les nazis réfugiés en Argentine. Il a une fille, et on vient d'apprendre qu'elle vient de mourir dans des circonstances troubles. Lasse est le type même de l'idéal nazi : blond, grand, athéltique comme un dieu grec. Ses yeux sont trop clairs et durs, sa voix tour à tour douce ou impérieuse.
Bruno-Anton Zemlinsky. Violoniste de second ordre, jeune et ambitieux, compagnon de Clara. Frêle et sujet à des sautes d'humeur.IL enseigne au conservatoire de musique de Santa Samarea.
Clara. Pianiste, accompagnatrice et compagne de Zemlinsky. Elève du conservatoire de Santa Samarea et issue d'un milieu très modeste. Elle est orpheline et seule au monde. Beauté réveuse et fragile, elle séduit par sa présence et sa distinction, plus que par sa beauté discrète. Tenue vestimentaire sévère et sobre, comme il sied à une pianiste de concert.Très blonde et regard bleu limpide souvent perdu dans le vide.
Valentin Ludell. Personnage central de l'Entretien. Avocat new-yorkais, très cultivé et intellectuel comme un geek, il s'est lié d'amitié avec Lars lorsque celui-ci étudiait à New York. Il lui a servi de mentor et comme récompense le suédois l'a cocufié en lui enlevant sa maîtresse, Christine Ludell dont il a eu deux jumeaux et qu'il a abandonnée aussitôt.
Christine Ludell. Se marie avec Ludell, en lui faisant croire que les jumeaux sont de lui. Lorsque Lars se marie avec Vera, Christine survient et réclame la paternité pour les jumeaux et une pension alimentaire substantielle. Lars y consent, mais elle ne peut en profiter : elle meurt dans un accident d'avion, pense-t-on.
****LA SEQUENCE 160
PROMENADE A DEUX VOIX
« Codex éléphant » Vol XII, p. 1218. -652 avant l'an 2000 Le jardin tropical du Campanelli's Resort
Lars Hall et Clara.
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Sunday, 27 May 2007
..... Le duo central de L'Entretien. Introduction
Avertissement aux internautes
Ce n'est pas sans réticences que je livre le coeur émotionnel de Apocalypsis cum Figuris au lecteur. Tout d'abord parce que les séquences qui le composent, détachées de leur contexte, perdent leur caractère perturbant. Puis parce qu'il est nécessaire de connaître la trame générale du scénario où elles s'insèrent.
Dans le but de pallier à ces lacunes, je présente en quelques paragraphes, une sorte de "résumé des chapitres précédents".
Le cadre général
Quatre organisations mystérieuses se partagent le pouvoir dans un monde en pleine décomposition.
ATOLL
La première, appelée ATOLL, car son territoire se trouve dans un archipel située entre la Nouvelle Zélande et l'Australie, est le refuge des esprits les plus nobles de la planète. Elle est divisée en "préfectures" correspondant aux différentes civilisations. Son noeud sémantique est "Force de la terre humaniste" et elle aspire à constituer un sanctuaire inviolable contre la barbarie du monde. Elle envoie des émissaires masqués dans les endroits les plus chauds de la planète, pour ramener des informations, mais aussi pour essayer de contrecarrer la barbarie. Son pouvoir réside dans l'exploitation des phénomènes parapsychologiques. Dans les entrailles de Atoll, des "veilleurs" médiums sous influence biologique, reçoivent des messages précognitifs, et influencent par voie télépathique leurs adversaires, pouvant éventuellement provoquer des troubles psychosomatiques. La connaissance du futur proche, est source d'un immense pouvoir financier et politique. Notamment toute tentative d'invasion et d'agression de ce petit archipel est immédiatement détectée à la source et ses auteurs sont destabilisés, voire neutralisés à distance. Par ailleurs, toute recherche concurrente, visant à découvrir les processus parapsychologiques contrôlés, est également détectée et détruite.
Nombreux sont ceux qui désirent s'emparer des maîtres d'Atoll, afin d'accéder aux laboratoires souterrains où oeuvrent les médiums. Mais on ne les connaît pas. Au mieux on soupçonne que certains sont liés de près ou de loin aux administrateurs de l'archipel. Il est essentiel de les démasquer et de les "débriefer" de gré ou de force. Les maîtres se réunissent dans une "salle octogonale" et dirigent des sections locales couvrant toute la planète. Ils obéissent à une entité inconnue qui les domine tous et qu'on nomme avec une crainte superstitieuse : Atoll, tout court.
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Les conséquences des conséquences
Loin de moi l'idée de disserter sur les thèmes à la mode. Rien ne m'irrite plus que des bobos qui donnent leur avis sur ce dont ils n'ont de connaissance que par la grande presse, et qui se font les relais de désinformations éventuelles, si ce n'est le idéologues, qui, eux, connaissent éventuellement leur sujet, mais en transmettent une image déformée et se fint le relais de désinformations systématiques.
Je n'ai aucune connaissance en matière d'écologie, et en particulier de développement durable, de commerce équitable et de préservation de la planète. Mais j'entends souvent les conversations entre ma soeur Marina Fedier,chargée d'organiser des séminaires culturels, et d'éminents spécialistes dans ces domaines, et je suis frappé entre leurs explications, unanimes, et les mots d'ordre d'écologistes largement médiatisés. Un exemple concerne les biocarburants.
Le point de vue de nombreux écologistes politiques, ou de politiciens écologistes, je ne sais, est simple. Le pétrole pollue. Les biocarburants ne polluent pas. Le pétrole viendra à manquer. Les biocarburants pourront les remplacer etc... Et de comparer l'energie végétale à celle produite par des éoliennes, des cellules solaires ou la biomasse.
Or les connaissances transmises par les spécialistes laissent entendre une toute autre chanson. Non seulement la production de biocarburants ne diminuera pas la pollution, mais elle entraînera une véritable catastrophe écologique.
Le raisonnement tenu par les spécialistes consultés est le suivant.
1. Il faudra produire d'immenses plantations de Maïs ou autres sources d'éthanol provenant du sucre des végétaux, et seule la monoculture permettra une production suffisante pour compenser une partie de la production de pétrole. Une partie, car si l'on devait satisfaire tous les besoins potentiels de la planète, la surface de celle-ci n'y suffirait pas.
2. Tout ceci signifie déforestation, emploi massif de pesticides, consommation monstrueuse de l'eau devenus une denrée rare, et, par dessus tout, consommation d'énergue pour la transformation de la céréale en carburant utilisable.
3. Certes les paysans vont s'enrichir. Leur avenir est assuré, car les besoins en carburant sont virtuellement illimités. Mais la terre qui servait à donner à manger aux hommes des produits naturels et sains, va réduire son rôle essentiel pour nourrir les automobiles. On marche sur la tête!
Incontestablement il y a là un problème. C'est un cas flagrant de dissonance cognitive d'autant plus forte, qu'elle concerne l'avenir de la planète. Sans vouloir résoudre le problème, je me contenterai de faire deux remarques
1. Au plan epistémologique, il est peu douteux qu'un éclaircissement est nécessaire. Je ne sache pas que les écologistes qui défendent les biocarburant soient conscients de ces effets secondaires et qu'ils aient fourni des réponses convaincantes aux spécialistes. Cela me rappelle la position de Claude Allegre, affirmant que le réchauffement climatique n'était qu'un accident statistique et non le résultat d'un effet de serre.
2. Je ne connais que trop la propension des hommes à privilégier les conséquences et à minimiser les conséquences des conséquences. Ma formation de systémiste, m'incite - sous bénéfice d'une information contraire - à croire que c'est ce qui se passe dans ce non-débat. Par ailleurs, les biocarburants induisent des transformations graves de notre écosystème, dont on ne peut prévoir les conséquences des conséquences. C'est une posture conforme à Matrix, qui va vers la monoculture et la production indifférenciée de masse. Les écologistes qui soutiennent cette piste, seraient bien étonnés d'apprendre que leur démarche est en parfaite harmonie avec ce qu'ils détestent le plus : les prédateurs de la globalisation.
J'aimerais bien que l'on me renseigne sur ce sujet, d'une part pour réduire ma dissonance cognitive personnelle, d'autre part pour savoir qui désinforme qui?
Nouvelles du blog Réponses à des commentaires
Comme vous l'avez pu constater, je me fais un devoir de répondre, parfois trop longuement aux commentaires qui me sont adressés. Je les prends très au sérieux et cela me fait avancer ainsi que, je l'espère, mes amis internautes.
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