Sunday, 25 March 2007
Nouvelles du blog
J'ai reçu des commentaires très favorables à propos de mon article paru dans le Figaro Magazine d'hier, que l'on a crédité d'un style léger et plein d'humour. Ces qualité n'étant pas mon fort, je me suis précipité dans un kiosque et j'ai constaté que bien que Monsieur Patrice de Méritens ait préservé l'essentiel des idées de Virus, il les a remarquablement condensées et ajouté une verve et une finesse qui n'appartiennent qu'à lui. Son article contient de l'information ajoutée qui l'améliore considérablement et j'envie son talent tout en lui témognant ma gratitude. J'ai presque envie de relire mon ouvrage!
Le nombre de visiteurs a atteint son chiffre le plus élevé : 248, et ce mois-ci 3751 inconnus ont visité le blog, contre 1712 le mois dernier. A propos des étrangers qui m'écriraient en allemand, en anglais ou en italien, je me ferai un devoir de leur répondre dans leur langue, tout en traduisant l'essentiel de leurs commentaires.
Klee, le rythme des arbres
La reproduction de la plaquette sur cette oeuvre exceptionnellement dense, a été arrêtée pour des problèmes d'alignement. Emmanuel Dyan me les a résolu, au prix de quelques sophistications supplémentaires qui portent à plus de 20 le nombre de manipulations nécessaires pour scanner chaque image. J'ai tenu à tout faire moi-même car la routine est sainte, et c'est le seul moyen de connaître d'une manière tactile l'esprit d'un logiciel.
Vous pourrez consulter la deuxième partie de l'analyse, qui présente un exemple extraordinaire de fusion du Yin et du Yang, dialectique féconde des contraires prônée par Paul Klee. Il aurait peut-être voté pour François Bayrou!
A propos du candidat centriste, des visiteurs m'ont téléphoné pour avoir une reproduction de la lettre analysée, suspectant une désinformation de ma part. Vous la trouverez à la suite de ce journal.
La main et le logiciel
Un de mes amis, dirigeant d'une grande entreprise multinationale, me montra voici quelques mois le nouveau logo qu'avait pondu une équipe de jeunes créatifs, équipés de logiciels extrêmement sophistiqués. Dès le premier coup d'oeil, je fus choqué par des erreurs flagrantes de proportion et d'équilibre dans les lettres. Nul ne s'en était aperçu, mais une fois reconnues, on les voyait comme le nez au milieu du visage. Je suggérai à mon ami de consulter Claude Mediavilla, qui préside l'association de mon musée de l'écriture. C'est un des plus grands calligraphes mondiaux et il confirma mon intuition. Il revint avec le projet corrigé. Conclusion : rien en vaut la pratique de la main et de la discipline du contrôle du tracé, digne des arts martiaux. Les japonais n'identifient-ils pas le sabre au pinceau? Mais par ailleurs, il nous montra une extraordinaire variété de formes surprenantes et d'une imagination confondantes. Cet homme, sérieux, sévère et obsédé par l'idée de perfection ressemble plus à un mathématicien ou à un compositeur de musique classique, qu'à un de ces jeunes echevelés toujours à la pointe de la mode. Il est vrai qu'il n'est pas un créatif, il est un créateur.
Le champion du consensuel
Vous trouverez la reproduction de sa lettre à la suite de ce journal.
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Saturday, 24 March 2007
Saint Antoine de Padoue prêchant aux poissons
Une réponse aux commentaires de M.Sauvage à propos du consensuel.
J'ai répondu in-extenso aux critiques de M.Sauvage. En résumant sa position, il me reproche de ne pas apprécier le consensuel qui selon lui est quelque chose de positif, de projeter mes convictions sur les propos du candidat centriste, et enfin il affirme qu'étant politiquement proche, en bon chrétien de Gandhi, du Dalaï Lama et de Mandela, il votera pour François Bayrou. Je lui ai promis de lui raconter l'argument d'un lied de Gustav MAhler : Saint Antoine prêchant aux poissons.
Tout d'abord des réponses succinctes pour éclairer le lied:
1. Le consensuel c'est le discours du Pape (ou du président d'une République bananière), condamnant sévèrement la décapitation d'un otage par des terroristes. On peut réagir à ces discours consensuels par "c'est admirable", ou par "And so What?".
2. Tous savent que ce genre de discours n'engagent que ceux qui y croient. Une fois élu, chacun va son chemin. Lorsque je dis tous, j'exclus beaucoup de gens très intelligents ou qui se croient tels.
3. M.Bayrou, qui a juste titre se garde bien de mélanger le discours politique avec les actes de foi, serait bien étonner de lire ces commentaires. On peut admirer certes Gandhi, come Jesus Christ, mais lorsqu'on voit les conséquences de leur prêche, du régime des castes toujours aussi vivace en Inde, et les horreurs des croisades et de l'inquisition, je préfère confier le soin des affaires temporelles aux politiques.
4. On peut toujours rêver de concilier le loup et l'agneau. Cela était possible dans le jardin d'Eden. Il est vrai que la foi soulève des montagnes, et M.Sauvage, comme Gandhi et le Dalaï Lama a la foi. Mais les rêves finissent toujours par déboucher sur des cauchemars. Le destin de Wilson et de Roosevelt, nous l'ont appris. La croyance dans la possibilité de concilier des iédologues et des liberaux a enfanté deux guerres mondiales et l'oppression stalinienne.
Après ce préambule voici l'argument de notre lied.
Un dimanche matin, Saint Antoine se rendit à la rivière et fit un sermon à ses habitants. Il reprocha aux carpes leur lascivité, aux anguilles leur conduite sinueuse, aux crabes leur démarche rétrograde. Et les habitants écoutaient bouche bée. "Ah quel beau sermon, dirent-ils, ce saint homme mérite vraiment de devenir le président de notre royaume". Et ils s'en furent enchantés. Les carpes continuèrent de forniquer, les anguilles d'intriguer et les crabes de marcher à reculons. Ah, le beau sermon! "
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A propos du Ring de Robert Wilson
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Le Ring de Richard Wagner raconté par Robert Wilson
et par Cristoph Eischenbach
La Tétralogie de l'anneau du Nibelung, (Der Ring des Nibelungen) appelée communément Le Ring, est certainement l'oeuvre dramatique la plus complexe qui ait été créée, non seulement par ses dimensions, supérieures à la plus ambitieuse production de Hollywood qui s'en inspire (Starwars) mais par une complexité jusqu'ici inconnue et qui se manifeste à tous les niveaux de lecture de la partition : le microcosme aussi fin et détaillé qu'un livre d'heures médiéval, le macrocosme, digne par son ampleur de la Chapelle Sixtine. Ce qui frappe dans cet immense édifice, est la cohérence non seulement de chaque niveau mais aussi des niveaux entre eux qui forment un contrepoint de sons, d'images, et de mots, d'une extrême subtilité.
Continuer à lire "Notes sur le Ring de Bob Wilson"
Friday, 23 March 2007
Histoire d'un sauvetage : l'enregistrement du Ring par Bob Wilson et Christoph Eschenbach.
Je viens de recevoir l'enregistrement du dernier Ring représenté au Theâtre du Châtelet à Paris. 11 DVD tirés à quatre exemplaires, donc rigoureusement confidentiels, fixent pour la postérité une des visions les plus originales de ce drame musical, impossible à monter conformément aux intentions du compositeur.
Cette production offre matière à réflexion, sur la désinformation dont est victime l'oeuvre dramatique la plus ambitieuse de tous les temps : quinze heures de spectacle d'une densité inouïe et faisant appel à toutes les ressources multimédia disponibles... et à celles encore à inventer.
Parmi l'immense majorité des mises en scène contemporaines du chef d'oeuvre de Richard Wagner, celle de Bob Wilson est l'une des plus audacieuses, déroutant même les spectateurs habitués aux outrances de Lenhoff à Munich ou de Kupfer à Bayreuth. C'est que la conception de Wilson semble - est -aux antipodes de la logique interne de l'oeuvre. Elle est statique, s'inspirant du Nô japonais, réduisant les personnage à des figures stéréotypées de tarot.
Ceux qui connaissent ma répugnance pour la déformation des oeuvres d'art, que j'apparente à la désinformation du public lorsqu'elle devient le culturellement correct, se sont étonnés de l'enthousiasme dont j'ai fait preuve pendant les répétitions et les représentations. J'espère que mes explications dissiperont ce paradoxe. Je me réfèrerai pour l'illustrer à une création presque contemporaine, le Tristan de Bill Viola, donné à l'Opéra Bastille, et accueilli avec le même scepticisme de la part des wagnériens.
L'attention du public est constamment attirée par l'écran géant qui occupe la plus grande partie de l'écran. La scène "réelle" mise en scène par le plus iconoclaste des metteurs en scène : Peter Sellars, est aussi statique et japonisante que celle de Wilson, laissant libre champ à la fantasmagorie virtuelle.
Or les images de Viola forment un contrepoint parfois dissonant avec le texte et les indications scéniques. Pendant le duo d'amour, Isolde allume des bougies dans une sorte d'oratoire. On assiste à des rites initiatiques étrangers à l'esprit apparent de l'oeuvre.
Pourtant, cette représentation, dirigée avec ferveur par Valery Gergiev, a été l'expérience la plus bouleversante que j'ai jamais vécue à l'Opéra, avec le Ring du centenaire. Pourquoi un tel enthousiasme pour une interprétation "désinformée"? C'est tout
simplement que les "bruits" introduits pas le plus grand des vidéastes, sont de la qualité plastique la plus élevée. Le Tristan Project est sans doute le chef d'oeuvre de l'artiste. Cinq heures de création plastique ininterrompue, est une performance dépassant les cadres du genre. C'est donc en amateur de l'Art plastique de notre époque que j'ai accueilli l'oeuvre et non en tant que wagnérien ou amateur d'opéras. Le Tristan de Viola est une oeuvre d'un genre nouveau, issue de la conjonction d'une installation grandiose et émouvante et d'un accompagnement musical qui lui donne vie et qui l'a inspirée. La relation entre image vidéo et drame wagnerien, n'est pas de l'ordre de la dénotation explicite, mais de la connotation, de la réverbération. Autant les critiques musicaux peuvent critiquer le Tristan de Wagner accompagné des images de Viola, autant les amateurs d'Art Contemporain sont fondés à adhérer sans réserve à l'installation de Viola accompagnée par la musique de Wagner et commentant librement ses résonances les plus précieuses.
C'est dans cette optique qu'il faut à mon sens apprécier le Ring de Wilson, accompagné par la musique de Wagner, avec la différence que les images wilsoniennes sont abstraites et plus proches du minimalisme abstrait que de l'imagerie ésotérique de Viola.
Continuer à lire "Le Ring de Wagner vu par Wilson. L'enregistrement privé."
François Bayrou, : La France de toutes nos forces.
Le consensuel dans toute sa gloire
Vous trouverez dans cet article l'analyse du programme figurant sur la lettre du 20 janvier 2007 que m'a envoyé personnellement le candidat avec toute son amitié et qui m'est parvenue hier. Je la lui rends en analysant le message qu'elle contient, et dont une version inversée a été proposée dans le journal du 23 mars 2007.
Evaluez vous-même les propositions originales, celles qui le démarquent des autres candidats.
1. La France doit prendre un autre chemin (faut que ça change!).
2. La France souffre du mal français : chomage, dette publique, violence dans les banlieues, projet européen abandonné.
3. Mes concurrents n'ont pas su régler ces problèmes (moi oui)
4. Il faut rassembler toutes les bonnes volontés et je dois être le président de tous les Français.
5. Il faut choisir les meilleurs pour gouverner, rassembler et reconcilier. J'incarne de projet de rassemblement.
6. La République est affaiblie, il faut la reconstruire.
7. Il faut que l'Etat intervienne où ça va mal.
8. Il faut équilibrer les finances publiques.
9. Il faut soutenir l'esprit d'entreprise, de création, de recherche.
10. Faut sortir de l'exclusion les plus faibles.
11. Faire respecter et progresser l'école publique.
12. Mieux armer la justice et la faire respecter.
13. Venir en aide aux femmes.
14. Combattre la solitude et la violence.
15. Reprendre à la base l'idéal européen.
16. J'ai besoin d'argent. Donnez moi des sous.
Décodage
En première lecture vous serez sans doute parvenus à la conclusion qu'aucun des candidats (à l'exception de Le Pen, qui ne pratique pas la langue de bois) ne pourrait désavouer ces sages propositions. Il y en a pour tous les goûts.
En seconde lecture, il y a les non-dits. Les inférences qui découlent de la formulation.
Tout d'abord, voici un candidat dont on loue la culture et la connaissance de la langue Française, qualités que l'on dénie à Ségolène Royal. Et pourtant, voici un échantillon de son style : "Cela nécessite des moyens financiers conséquents".
Si "nécessiter" (pour exiger) est admis dans le petit Larousse et le Robert comme une locution courante en revanche "conséquent" est familier. (emploi socialement marqué écrit le Robert). Un chef d'Etat respectueux de la langue, comme l'étaient De Gaulle ou Mitterrand, auraient sans doute écrit " Cela exige des moyens considérables". Je suppose que comme les rédacteurs de prospectus publicitaires, Monsieur Bayrou veut faire "peuple". Mais ce n'est qu'une remarque, moins innocente qu'elle n'a l'air, car s'attaquer à la langue en haut lieu n'est pas anodin.
1. M.Bayrou constate qu'aucun des partis "habitués à se partager le pouvoir depuis vingt cinq ans n'a résolu ces problèmes". Mais les partis valent ce que valent les hommes qui les représentent, et M.Bayrou en fait partie. Il suffit de lire son cursus honorem politique! Et puis, il dit qu'il faut choisir les meilleurs pour gouverner. Il devrait donc exclure tous ceux qui ont été au pouvoir depuis vingt cinq ans. Qui y croit?
2. Lorsque M.Bayrou laisse entendre qu'il pourrait avoir un premier ministre socialiste, sans déclarer de qui il s'agit, il s'agit donc d'un souci de rééquilibrage politique, ce qui contredit son affirmation que l'on ne tiendra pas compte de l'appartenance politique dans le choix des meilleurs.
3. Réimplanter l'Etat où ça va mal implique deux conséquences: comme ça va mal partout, l'Etat doit intervenir et bien plus vigoureusement qu'auparavant ("se réimplanter"). Cela signifie un supplément de dirigisme et de centralisation.
4. Cela est cohérent avec la volonté affichée de réduire l'action des écoles privées, qui échappent dans une grande mesure à l'idéologie. Bayrou a d'ailleurs annoncé que ce sont les syndicats qui auraient la haute main sur les contenus.
5. Tous savent que la Justice est de gauche et qu'elle prend parti généralement pour les criminels contre les victimes. La faire respecter, laisse supposer qu'elle ne l'est pas, ce qui est vrai, la mieux armer, c'est accroître ses effectifs, ce qui est urgent et nécessaire, mais il n'y a pas un mot pour énoncer la contrepartie, c'est à dire le contrôle de la neutralité des juges.
6. Sortir de l'exclusion les plus faibles est un euphémisme pour dire que l'on consentira un effort financier pour les sans papiers, les chômeurs professionnels, au détriment des classes travailleuses, non exclues, mais paupérisées.
7. Reprendre l'idéal européen signifie mettre fin à l'exception française. Or toutes les mesures préconisées vont à l'encontre de l'harmonisation européenne, et qu'on ne nous cite pas l'exemple de l'Allemagne qui est résolument orientée vers le travail et le libéralisme en dépit d'une fausse cohabitation.
8. Rééquilibrer les finances publiques. Mais pas un mot sur les réductions drastiques de fonctionnaires. Où prendre l'argent, si ce n'est en économisant, en luttant contre les privilèges des serviteurs de l'Etat, et en permettant ceux qui le veulent de travailler davantage pour gagner plus, comme on le fait partout en Europe?
J'aimerais bien avoir un débat autour de ces points précis. Un ami qui vote Bayrou, me disait: "je ne veux pas de Sarko, il a une sale gueule, et Segolène, elle est vide". Il fait partie de l'élite, ou qui se croit telle. J'en viens à penser que le peuple de base sera peut-être plus avisé, à condition qu'il ne tombe pas tête baissée dans les pièges de la langue de bois.
Thursday, 22 March 2007
Statistiques
Ce blog a été lancé au début du mois de février 2007 et en dépit de l'absence presque totale de liens, a reçu 1712 visites. Aujourd'hui nous venons de franchir la barre des 5000, depuis le mois de mars, 3364 visites ont honoré le blog. Certes ces chiffres sont ridicules lorsqu'on les compare avec les milliers, les dizaines de milliers, les centaines de milliers de visiteurs que reçoivent les grands blogs professionnels, qui font souvent vivre leurs créateurs.
Le notre, n'a pas cette ambition : small is beautiful. Il s'adresse à un nombre forcément limité d'internautes, curieux de la chose culturelle et passionné par les processus mystérieux de la désinformation et de la création. C'est pour eux que j'ai écrit VIRUS qui est déjà en vente et fera l'objet d'une chronique dans un magazine très branché et d'un point de vue dans une autre publication très grand public.
Les premiers commentaires des professionnels ont été encourageants. Certes on peut faire bien mieux, mais au moins on a évité l'écueil de la vulgarité et de l'autoglorification qui contaminent bien des blogs. La densité culturelle du blog a été appréciée comme un élément différenciant. D'autres se demandent si je pourrai continuer le rythme d'un nouvel article par jour (ou par nuit). C'est possible, car à mon âge, on dort moins. Que de temps gagné§ Il me permet à côté d'une vie professionnelle très active, de rejoindre aux petites heures du matin mes amis inconnus. (De minuit à quatre heures, on compte souvent une cinquantaine de visiteurs). Merci de votre appui et surtout n'hésitez par à entrer dans mon petit cercle.
Langue de bois
Claude Shannon, le fondateur de la Théorie de l'information eut le génie de relier la quantité d'information d'un message à son improbabilité. Ainsi que le disait Lazareff, qui était expert en la matière, un chien qui mord un homme, c'est un fait divers, un homme qui mord un chien, c'est une nouvelle.
Essayons par jeu, d'imaginer un programme électoral commençant ainsi :
Monsieur ou madame,
Dans trois mois les Français se verront imposer un choix parmi les candidats survivants au test des cinq cent signatures, pour élire le prochain locataire de l'Elysée. Devant les légèrs désagréments qui énervent notre pays, je me demande s'il ne faut pas que la France reste dans le chemin qui ont mené à une situation dont le président sortant est légitimement fier.
etc...
Suivrait la volonté de diviser les Français, de continuer d'affaiblir le pays en renforçant le rôle de l'Etat, combattre l'esprit d'entreprise au profit du fonctionnariat et de la bureaucratie d'Etat, de combattre l'école républicaine, de favoriser la violence et la solitude, exclure les plus faibles, dévoyer la justice, démolir dans ses fondements l'idéal européens, ça c'est un scoop!
Cerise sur le gâteau : le candidat convaincu que ce programme n'a pas besoin de fonds pour le propager de bouche à oreille (la Révolution de 89 n'a pas été financée que je sache), renonce à faire appel à la bourse des citoyens, prouvant ainsi son désinteressement et dans la puissance de son verbe.
(si vous voulez prendre connaissance de ce programme in extenso, continuez la lecture).
Bien entendu, il n'y a aucun danger de se voir proposer un programme aussi original. En revanche, la plupart des candidats, dans leur discours, noient le peu d'information (par exemple la réquisition des locaux d'habitation libres, la retraite obligatoire à soixante ans, ou la possibilité de travailler plus pour gagner plus) sous un flot de propositions infiniment probables, telles que la promesse de redresser la France, de venir en aide aux exclus, de favoriser la création et la recherche, de réduire la fracture sociale etc... Ces propositions ont une valeur informationnelle nulle, comme on dit que le chewing gum a une valeur nutritionnelle nulle. Elles servent d'excipient neutre, hypoallergique, aux propositions spécifiques, édulcorées de surcroît pour ne pas heurter les sensibilités.
Si les discours de deux des candidats favoris ont une faible valeur spécifique, noyant le purgatif sous un flot d'excipient, un seul (devinez lequel) réussit le tour de force de ne proposer que de l'excipient. C'est dire, que non seulement ses propositions sont communes aux deux autres, mais que de surcroît, il serait très difficile de les contester, tant elles sont vertueuses. Si vous voulez connaître in extenso le programme électoral que je viens de recevoir, passez à la suite de ce journal : vous trouverez inversées les propositions audacieuses et courageuses qu'il propose. Il suffira dès lors de prendre le contrepied des mesures que contient le manifeste de La France de toutes nos faiblesses (un autre beau titre serait, tous seuls tout est possible), pour découvrir le secret de l'étoile montante. Qui pourrait ne pas être d'accord avec lui?
Mais méfiez-vous, si derrière l'information authentique se montre la désinformation, il faut tenir compte de l'information qui se cache derrière la désinformation. (Voir l'affaire Angoulème). C'est à ce décodage que je vous convie dans un nouvel article : Le champion du consensuel. (en préparation) .Une mise en garde cependant. Ce journal ne se soucie guère de prendre parti pour l'un ou l'autre candidat. Son but, comme celui du blog, est de montrer les mécanismes techniques de la désinformation.
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