Billets par Bruno Lussato
Saturday, 8 September 2007
Chronique
Vous avez certainement noté l'incohérence des dates des journaux, en avance de deux jours sur la date exacte. La rectification a été faite. Ainsi que vous le constater, à force de parler de physique quantique et de suspension du temps, on est gagné par la contagion.
Le mystère du nombre de visites pour les billets reste entier. A 6h59 exactement, le premier billet de Marina Fédier : le Yin et le Yang a atteint les 2000 visites alors que les autres qu'elle a écrit se situent au dessous des 200. Ce curieux phénomène s'est déclenché voici quelques jours, et le score du Yin et du Yang, progresse beaucoup plus vite que tous les autres billets les plus lus (plus de 200 visiteurs supplémentaires par jour). Si cela continue Marina risque de détrôner le billet le plus lu : des rires et des larmes, qui dépasse les 3000 visites.
La feuille de route imaginaire du Président Sarkozy
Notre nouveau président accumule les succès médiatiques et sa réputation internationale est extraordinaire. Partout à la fois, il siphonne l'air vital de ses adversaires, et même de ses partisans. Il parvient à donner un espoir à de nombreux français et on ne peut nier que la fonction présidentielle ait pris un coup de jeune. Avec beaucoup de courage, Nicolas Sarkozy a affirmé les valeurs de Force de la terre: le travail, la méritocratie, la défense des PME et des donneurs d'emploi, la lutte contre l'assistanat systématique et la lutte des classes qui pourrit la legislation du travail et les juges anti-entreprise. La majorité de la population le suit, car elle a pris conscience, et cruellement, de la nécessité de redevenir un pays normal, occidental et évolué. L'expression exception française apparaît maintenant comme chargé de connotations négatives. Par ailleurs la politique d'ouverture du président est on ne plus réelle quelle que soient ses motivations. Alors qu'on avait proclamé que Nicolas Sarkozy ne sait pas écouter, qu'on avait prédit l'avènement d'un état totalitaire UMP, faute de pouvoir persister dans ce procès d'intention on se concentre sur le rôle formel de Cecilia lors de son sauvetage des otages bulgares, ou des vacances prises chez des amis, sans qu'il en coûte un euro à l'état. C'est en effet un cuisant démenti qui a été infligé aux prophètes de malheur qui n'hésitaient pas à comparer Sarkozy à Hitler (cf. Larmes et pleurs, le Hit parade des billets). Partout où le président est passé, et il est passé presque partout, il a apporté la conciliation, le respect, et un optimisme dont on avait bien besoin. Les réflexions qui suivent, combinent une expérience personnelle récente et ses prolongements à l'intention du Président.
Le basculement
J'ai vécu une expérience extraordinaire cette semaine. Depuis quelques mois je suis en contact avec un personnage de premier plan. Ce chinois issu d'une vieille dynastie impériale et parlant le mandarin, est accoutumé à survivre dans un milieu très dangereux, et la clé de sa puissance et son succès est la méfiance. Il vient d'un pays communiste où jadis les enfants dénonçaient les parents, l'ami trahissait l'ami, l'obligé, son bienfaiteur. Entouré de parasites, comme tous les puissants il savait que la cupidité, l'intérêt et l'avidité se dissimulaient à peine derrière les manifestations flatteuses et empressées de son entourage. L'intox et la désinformation étaient une seconde nature chez lui comme chez ses pairs.
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Friday, 7 September 2007
De la superficialité des critiques et des mélomanes
Dialogue à trois, Valery Gergiev, Bill Viola, Bruno Lussato
Se reporter au billet suivant :►♦♦♦
Je ferais certainement un mauvais journaliste. Au lieu de saisir, crayon à la main les moindres propos des deux illustres artistes, le chef d'orchestre et le vidéaste, l
j'ai été happé par l'échange passionné entre Valery et Bill. Devenu protagoniste, bien modeste, je ne pouvais être à la fois dedans et dehors. Il ne me reste à l'état de souvenir que des lambeaux d'assertions, de réfutations, de rectifications, de références croisées. Je vais essayer de restituer quelques pièces d'un puzzle incomplet en priant le internautes de pallier à ma négligence, en réorganisant à leur manière, ces phrases éparses.
Un point de départ a été le commentaire prétentieux et imbécile qu'Herbe m'a communiqué et dont les nobles incompétences ont vu dans la transfiguration du corps de Tristan, un rappel d'une publicité pour aqua selzer. ►♦♦♦ Ce n'est pas aussi raffiné que l'interprétation à partir de la métaphore quantique, mais on fait ce qu'on peut même et surtout si on peut peu. Gergiev et Viola insistent beaucoup sur l'incroyable raffinement de la partition de Tristan, il n'est pas une note, une nuance, un mot, qui ne soient pas à leur place. Ce qui étonnerait bien des spectateurs qui interpretent la musique comme un magma informel, jouant sur les instincts et plongeant l'esprit dans une sorte de torpeur dissolvante.
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Thursday, 6 September 2007
Bill Viola, Tristan et Heisenberg.
Réduction des ondes de forme, physique quantique et la mort d'amour dans Tristan et Isolde.

Ci-contre, à partir de la gauche, Catherine Barré présidente de l'association du Mariiensky, Marina Fédier, Bill Viola, Mme Viola, Bruno Lussato.
Compte rendu sommaire du dialogue entre Bill Viola et Marina Fédier.
Bill Viola évoque devant MF des détails de sa carrière. Il est très attaché à ses maîtres. Il commença par étudier de la publicité, lorsqu'il tomba sur un professeur quelque peu excentrique qui l'encouragea à faire des études expérimentale. Elles eurent lieu dans la cave de l'université et ce fut une première étape qui lui ouvrit la porte. L'influence de Jack Nelson fut déterminante. Il commença alors à écrire son propre journal et à la fin de ses études universitaires il étudia la musique et fréquenta David Tudor et Merce Cunningham. Notamment la musique électronique le fascinait et il créa un atelier composé de cinq à six jeunes qui s'interessrent aux objets vibrants. C'était pendant les anné es 1970, 1980. C'est en 1980 qu'il fit partie de cinq artistes qui obtinrent une bourse pour étudier au Japon dans le cadre d'échanges interculturel, ou cinq artistes japonais travaillèrent aux etats Uni. Il rencontra à ce moment sa femme, au cours d'un séjour en Australie. Il s'interessa en 177 à la vidéo et s'initia gâce à Sony au maniement des studios électroniques de montage.
La noyade
Lorsque j'étais petit, raconte Viola, je tombai dans l'eau d'un étang et sombrai jusqu'à une importante profondeur. Je fus sauvé par un oncle. Mais ce qui fut extraordinaire dans cette expérience, est que je n'éprouvai aucune frayeur, au contraire je me trouvai dans le paradis. Cette eau était l'eau de la vie.
- De l'eau vive ? dit Marina. - Oui c'est cela, de l'au vive. Sorti de là, je me mis à pleurer d'avoir laissé toutes les visions qui m'apparurent lorsque je me suis noyé. Car, je le répète, je suis tombé très profondément au fond de l'étang;
L'océan sans limites
Cette expérience a hanté ma vie jusqu'à aujourd'hui et elle inspire ma dernière installation dans l'église désaffectée de SanGallo à Venise, une toute petite église qu'on ouvrit pour moi. Elle comprend un écran vidéo situé tout au fond et les gens peuvent accéder un à un vers cet écran vidéo où ils ont une expérience bouleversante. Plus ils approchent de l'obscurité, plus ils traversent de l'eau vive, et parviennent alors à la lumière. Les ombres du début deviennent alors réalistes et en couleur.
23 Personnes de tous les ages, de toutes les conditions, de toutes les provenance, ont éprouvé cette expérience très profonde, cette sensation d'immersion que l'on voit au début du troisième acte de Tristan où au dessus de l'océan sans limites apparaît un nuage rose. Des gens tristes, ternes, découragés, viennent de tous les coins de la planète et passent à travers l'eau purificatrice et ils reviennent à la vie. Avant ils étaient morts à eux mêmes, après la purification, ils renaissent à la vie.
- Marina lui parle de l'eau vive, et Viola lui répond que c'est exactement cela qu'il a essayé de représenter. Il est très interessé par ce que Marina lui raconte de Matisse et de l'influence de sa femme qui l'a poussé à se retrouver lui-même dans son être essentiel.
Dans ma dernière installation, continue l'artiste, j'ai retrouvé les visions que j'ai éprouvé quand je me noyai. Le titre : Ocean without a shore, océan sans plage, évoque un grand tout illimité, non borné par une plage. A propos de Matisse, je suis frappé par votre image : Matisse assis devant l'arbre, sans bouger, le fixant si intensément qu'il finit par faire un avec lui. Faire corps avec la chose, c'est attiendre la réalité de la chose. Le savant, lui, avec ses intruments de mesure voit autre chose, une autre réalité. Moi, quelque soit ce que je vois, je tente comme Matisse, de voir derrière les apparences.
Les personnages reçoivent l'eau qui coule sur eux comme un voile,
Citations et lectures
Bill Viola à la demande de Marina, donne une liste de livres indispensables. Parmi eux :
A.K.Coomaraswamy (1889-1940) The Tranformation of NAture in Art. The Door in the Sky. Princeton University.
Seyged Sossein Nasr : Knowledge and the Sacred? Contemporary Phénomena.
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Tristan et Isolde à Rotterdam
Marina Fédier et moi-même avons assisté à la répétition générale du drame musical de Richard Wagner, à Rotterdam. Nous sommes descendus à l'hôtel de luxe Westin, un gratteciel réfrigérant aussi accueillant qu'un aéroport et doté de tous les conforts de l'électronique. On trouve dans chaque chambre de luxe de ce palace des accessoires utiles : une machine à faire du café, un nécessaire de racommodage, un fer à repasser à vapeur. Il ne manque qu'un aspirateur et un kit de remplacement des ampoules brûlées. Cela signifie tout simplement que si vous voulez repasser votre veste froissée par un long voyage, pour un cocktail d'affaires, inutile de sonner la femme de chambre. Vour la repassez vous-même. C'est la toute nouvelle conception du luxe.
De la suite que j'occupe à l'executive floor, on domine toute la ville. Ce n'est qu'un chantier : on construit partout des gratte-ciels qui pourraient se trouver aussi bien à Tokyo qu'à Vancouver. Quelques arbres survivants ressemblent à des plantes en pot. Cela évoque à la Défense de Paris, en mieux cependant, à cause de la noblesse des matériaux et l'imagination des architectes. Par endroits, il subsiste quelques pâtés de maison de style hollandais. On dirait des maisons de poupée, ridicules et déplacées.
L'hôtel communique par une passerelle avec la salle de concert où on donne Tristan. Celle-ci est inhumaine et grandiose (2200 places). Elle ressemble à l'Opéra-Bastille en petit, et comme toujours de beaux matériaux : noblesse du marbre, chaleur du bois exotique. Un déconvenue m'attend. La salle est trop exiguë pour loger les chanteurs en costume. Ils viennent chanter, assis et en costume de soirée. Par ailleurs, l'écran, bien trop petit, est trop proche de l'orchestre qui projette de la lumière qui pâlit les zones sombres de l'image.
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Tuesday, 4 September 2007
Une lueur d'espoir
Demain, journée sans journal. Je vais voir Bill Viola à Rotterdam et je n'emporte pas mon ordinateur.
Néanmoins j'ai vu au journal télévisé une déclaration de Nicolas Sarkozy, (encore lui) qui se déclare partisan d'un enseignement de haute qualité à l'école, englobant les disciplines artistiques, la littérature, la poésie, qui pour lui permettent de s'exprimer, déjouent les tendances agressives et représentent un atout déterminant pour la réussite. Cette position n'est pas la première qu'affiche le Président, elle s'ajoute et renforce la voie vers la civilisation et notre culture longtemps vilipendée par Medusa, comme étant élitiste, colonialiste, fasciste, et que sais-je encore? Mon vieux complice Alain Casabona, grand militant de l'enseignement de la musique classique à l'école, doit être content. Il serait comblé si les directives du Président de la République étaient suivies. Mais rien n'est moins sûr, formule utilisée par la langue de bois et qui signifie : ça va échouer car les minorités destructrices l'emportent sur les majorités peureuses et hésitantes. Il n'empêche, jamais un chef d'état ne sait adressé ainsi aux élèves et osé militer avec tant d'ardeur pour la cause de l'humanisme. Des interventions comme celle là, il en faut, et plus. A nous tous de relayer le message.
On ne peut plaire à tout le monde...
Avis divergents : http://www.forumopera.com/concerts/tristan_sellars05.htm "Hélas, l'utilisation de la vidéo est l'exemple même de la fausse bonne idée. La faute en incombe à l'insurpassable pouvoir d'attraction de l'image. N'oublions jamais que même la mire ou la Chaîne Parlementaire ont des spectateurs... A moins d'être dans les premiers rangs de parterre, difficile de ne pas avoir toujours l'oeil irrésistiblement attiré vers l'écran, du moins à la première vision, même s'il ne s'y passe presque rien ; d'autant que les éclairages discrets rendent les interprètes, habillés de noir sur fond noir, pratiquement indiscernables à distance : du balcon, on a d'ailleurs l'impression d'un film muet donné en concert. Les vidéos de Viola naviguent entre la simple illustration (la mer pendant le voyage en bateau ; une forêt pendant la chasse ; un couple marchant dans l'eau pendant le duo) et l'ésotérisme bobo-branchouille (notamment un interminable rite d'initiation "new age" qui évoque une séance d'essayage à la Foire au Slip). Les images les plus belles sont celles filmées au ralenti, notamment la scène finale qui évoque un Tristan Alka-Selzer montant vers le ciel au milieu des bulles : malheureusement, il s'agit pour l'essentiel de placages de vidéos antérieures (3) conçues dans un contexte totalement différent"
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http://chanteur.net/spectacles/20051111-Muenchen-20051116-Paris-Tristan.htm "Grande pauvreté de l'espace de jeu chez Peter Sellars, confiné de bout en bout dans la semi-obscurité en bas de l'écran de Bill Viola. Pauvreté des gestes, des attitudes distantes des personnages qui ne se touchent et ne se regardent presque jamais, on dirait du Bob Wilson en panne de projecteurs. Bill Viola récupère-t-il la mise à Paris? Il écoeure plutôt par son strip-tease new-age du premier acte, où le choix des types physiques, des vêtements, des "servants" et l'éclairage par d'artificieuses boîtes à lumière de studio évoquent une secte californienne ou un vieux roman-photo. Après les innocentes et inutiles bougies du second acte, le troisième est enfin plus réussi : Bill Viola s'y limite à des images de nature. Mer, eau, feu, levers et couchers de soleil, plongeons projetés à l'envers et au ralenti inspirés de ses oeuvres précédentes, il est plus supportable dans l'abstraction même grossièrement métaphorique, sans éléments humains trop datés et orientés."
#2 Poil à gratter (Site) le 29/08/2007 à 03:50 (Supprimer) (Répondre) Marina et moi-même vous remercions pour les deux critiques que vous nous avez transmises et qui méritent une réponse détaillée dans un blog spécifique qui ne saurait tarder. Je suis fier de constater que dans ce blog, nous accueillons des internautes qui ont votre culture et votre discernement, et... aussi votre volonté d'aller vois l'autre côté des choses.
#2.1 bruno lussato le 29/08/2007 à 12:04 (Supprimer) (Répondre)
Il est deux types de mauvaises critiques. Les unes exaltent des navets. Les autres démolissent des chefs-d'oeuvre.
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