Par Alexandre Genko-Starosselsky
Chers amis, Chers lecteurs,
Voici plus de dix jours que nous portons le deuil du Professeur Bruno Lussato.
Et voici le plus bel hommage que nous puissions rendre à son génie : faire vivre sa pensée, la féconder et faire qu'elle féconde, la déployer et l'illuminer, la croiser et la confronter pour qu'elle continue d'élever ceux qui voudront s'en inspirer.
Tel est, j'en suis témoin, « le testament mystique » du Professeur Bruno Lussato.
Vous tous qui avez eu la chance de recevoir les enseignements du Professeur , vous êtes les destinataires de ce testament. Vous tous qui avez découvert les fondations de l'art en écoutant le Professeur, vous êtes les destinataires de ce testament. Vous tous qui avez reçu son amitié et sa présence, vous êtes, comme moi, les héritiers authentiques de Bruno Lussato.
Et aux premiers d'entre nous, Pierre et Marina, j'aimerais redire combien je partage leur chagrin et leur peine ; il n'y a pas de mots pour décrire les moments incroyables que le Professeur nous a fait vivre en nous quittant. Je le pense sincèrement – tout ceci a créé des liens nouveaux qui seront le vrai ciment de notre œuvre posthume.
Il y a dix jour, j'ai perdu un ami et un maître. Il aurait certainement voulu que vous parle de ce qu’il voulait réaliser et de ce qui nous a tant rapproché…
Bruno Lussato voulait laisser un héritage intellectuel au service de l’élévation humaine. En en parlant, il faisait souvent référence au terme de Fondation mais il utilisait également le terme de - Chapelle – pour souligner la petite dimension de cette association et son caractère sacré. Malgré sa modestie, il prêtait à cette chapelle une utilité hors du commun : il s’agissait d’un parcours initiatique à travers les plus grandes œuvres culturelles et intellectuelles de notre histoire - afin d’orienter ses contemporains vers une perception plus complexe du monde – une perception haute – un dépassement de l’homme - pour l’adoption d’une culture humaniste faite de soif de connaissance, faite d’équilibre entre le passé et le futur, d’équilibre entre le qualitatif et le quantitatif.
Il pensait à une Chapelle car il ne se leurrait pas sur l’orientation du monde réduisant le champ de la haute culture à une sphère limitée de la société. Il savait qu’aucune résistance frontale ne pouvait être opposée au déferlement de la culture gadget, des banalités et des consommables. Il espérait que sa Chapelle serait une île – Atol au milieu de l’Océan – qui survivrait à la technologisation et à la standardisation du monde.
Pour lui, La Chapelle était un édifice modeste au-dessus de la pensée étriquée, une sorte de repère constant témoignant à sa manière de la grande aventure de la pensée humaine. Il n’espérait pas qu’elle puisse bouleverser l’histoire du monde ; mais simplement qu’elle témoigne à toute époque des fondations de la culture. Il espérait que cette Chapelle ferait prendre conscience à tout un chacun des risques pris lorsque l’on sort de l’échelle humaine et que l’on s’engage dans la voie des risques systémiques.
La Chapelle de Bruno Lussato devait être une construction indestructible apte à résister aux pires crises. Il est faux de croire qu'il « collectionnait » des œuvres pour elle. Il serait plus juste d'écrire qu'il s'efforçait d'y rassembler les racines intellectuelles de l’humanité. C’était un lieu, un temple qui assumerait la même mission que celle que Le Professeur Bruno Lussato s’est assigné toute sa vie – être une force d’initiation et d’élévation pour tous.
Bruno Lussato espérait ainsi voire émerger une culture sans frontières et multiple permettant de ressentir la trame invisible et organisée de l’univers que nous habitons. Il espérait encore contre carrer le triomphe de la perception immédiate et désincarnée du matérialisme et du scientisme étroit.
Cette culture, il ne la réservait pas à une élite ; il pensait que tout un chacun pouvait y accéder à condition d’y être guidé – à condition que la culture soit décodée.
Bruno était mon ami. Je l’ai rencontré pour reprendre les vers de Dante qu’il chérissait : Nel mezzo del cammin di nostra vita, Au milieu du chemin de ma vie. Lorsqu'il avait mon âge, 35 ans, Bruno Lussato commençait la rédaction de son grand œuvre : « L’entretien ». A ce sujet, Bruno Lussato manifestait une certaine pudeur dans son génie. Il pensait que son œuvre ne serait probablement pas bien comprise. C’est d’ailleurs le sens du dernier billet qu’il m’a dicté sur son blog. En tout cas, ce travail gigantesque en étonnera plus d’un car son déluge de créativité, son écriture symphonique et multidimensionnelle comme l’opéra qu’il affectionnait tant, sa plume étincelante – sans compter les innombrables prouesses des illustrations - tout cela marquera aussi j’en suis certain, le cours de la pensée humaine… Son fils Pierre est déterminé à faire reposer l’Entretien à la Bibliotheque Nationale de France comme le Professeur l’avait souhaité.. Pierre déploie également des efforts considérables pour que ce Grand Oeuvre ne soit pas uniquement apprécié pour son apparence mais aussi pour ses textes.
Au contact de Bruno Lussato j’ai redécouvert la magie, le miracle de l'existence du monde et son caractère poétique. Je veux lui exprimer ici toute ma reconnaissance pour m’avoir initié, pour m’avoir donné des yeux neufs et pour avoir redonné vie à certains de mes rêves. Je veux rendre hommage à sa volonté qui, avec acharnement, a édifié une culture de la culture, une passion pour ce qui est passionnant, un amour pour l'excellence.
L’esprit des plus grands l’habitait - j’en suis certain - et il nous laisse un héritage sublime, un héritage qui doit vivre désormais. Je suis persuadé que l’Esprit de Bruno Lussato habite dans ses manuscrits, dans ses œuvres et dans tout ce qu’il a rassemblé. Son esprit habite aussi en nous tous qu’il a convaincu de regarder le monde autrement. D’une certaine manière il n’appartient qu’à nous de réaliser La Chapelle dont il rêvait. Il n’appartient qu’à nous de donner vie à toutes ses idées. Pierre Lussato, certain de ses amis chers ainsi que moi-même allons organiser un certains nombre d'initiatives concrètes en ce sens que nous communiquerons dans le prochain billet. Nous voulons également utiliser le blog pour publier certains moments de vie, images et pensées du Professeur qu’il nous a laissé dans ses fichiers et autres mémoires.
Pour terminer, je crois que si Bruno Lussato était là, et je pense qu’il est là, il nous dirait « Merci » pour notre amitié, car c’est comme cela qu’il m’a salué dimanche dernier dans un de ses derniers appels, sans me laisser dire un mot sauf celui-ci que par chance j’ai réussi à lui répliquer: Merci à Vous ! Bruno !
Commentaires
ven 12/03/2010 à 06:13
Monsieur Lussato, Je ne conna issais pas Wagner, je n'écouta is pas Wagner, et puis... J'a ime la musique et les on [...]
jeu 11/03/2010 à 07:44
We could debate for a long tim e about the chronicle of term paper writing, but will tell t hat the purchase essays [...]
mer 10/03/2010 à 23:10
It's not so easy to cope with several things one at time, pa rticularly when you must creat e the academic essay. Th [...]
mer 10/03/2010 à 11:51
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mar 09/03/2010 à 14:17
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sam 06/03/2010 à 10:42
Merci !
ven 05/03/2010 à 16:27
ça date pas d'hier. ce tract a vait été diffusé il y a une qu inzaine d'années dans une préf ecture du sud ouest ou j [...]