Billets par Bruno Lussato
Sunday, 23 September 2007
Le texte authentique
Les sanglots longs
des violons
de l'automne
blessent mon coeur - - - - - - - - - - - - - - - - ► au lieu de bercent mon coeur
d'une langueur monotone.
Tout suffoquant
et blême, quand
sonne l'heure;
je me souviens
des jours anciens
et je pleure
L'origine du mal perçu
L'association blessent - langueur est un oxymoron. Le terme langueur monotone suggère un lent balancement un peu hypnotique, celui qui mène au sommeil. Il est donc congruent avec le bercement évoqué par bercent. C'est une redondance équivalente d'une bonne forme dans un texte. Elle est donc privilégiée.
En revanche le terme blessent contredit "langueur monotone". Mais c'est précisément cette improbabilité qui accroît la valeur informationnelle du texte. Par ailleurs elle est loin d'être arbitraire. En effet le verbe blesser se rapporte , non à la langueur monotone, mais à sanglots, qui dénotent une douleur aigüe bien en accord avec une blessure.
En déformant le message initial on tombe sur une incohérence : on ne comprend pas comment le poète bercé par une langueur monotone, soit blême et suffocant. En revanche la blessure causée par les sanglots prolongés du vent et de la pluie, explique la suffocation et la pâleur du poète.
De tels détails se trouvent souvent dans l'interprétation musicale, et les déformations de rythmes jugés pa les classiques. Mozart est particulièrement affecté par ces réinterprétations lénifiantes sous prétexte de bon ton et de goût mozartien. L'analyse de la sonate N°8 en la mineur, montre au contraire que l'oeuvre est riche en dissonnances, véritables oxymorons musicaux, et des décalages rythmiques analogues à "et blême quand/".
Un critère de compréhension d'un texte :
Le test de commutation
Il consiste à introduire des erreurs de plus en plus fréquentes et de plus en plus graves dans un message et détecter le moment où le récepteur s'en rendra compte.(Shannon). Ces erreurs peuvent être soit de l'aléa simple (perturbations chaotiques) soit de la désinformation ou encore due à un manque de compétence et d'observation du récepteur.
Les mal perçus se produisent lorsque le récepteur modifie le texte sans s'en apercevoir, soit en supprimant des passages, soit en ajoutant ou en modifiant la syntaxe. Les mal perçus sont souvent dus à un rétablissement des bonnes formes (au sens de la gestalt théorie) et à la suppression des oxymorons et des associations improbable. Un bon exemple est celui de la Chanson d'Automne, cliquez ici pour le retrouver►♦♦♦dont un mot a été changé pour un autre. Essayez de découvrir lequel est erronné et remplacez-le. Cliquez ici pour avoir le texte corrigé. ►¶¶¶¶
L'auteur et son blog
A Renzo Ardiccioni
C'est on le sait avec une certaine apprehension que j'ai lancé sur ce blog mon travail personnel le plus représentatif de ma vision et de mes choix essentiels : L’Entretien.
Pour ne pas déroger aux lois de Wikipédia que je me suis imposées, j'ai toujours évité de me mettre en valeur, et d'étaler mon ego. Notamment ne pas mettre à tout bout de champ et à toutes les sauces mon portrait. (Il n'apparait que deux fois : dans ma biographie, avec Bill Viola et Marina Fédier, dans le compte-rendu de mon pèlerinage à Rotterdam), ou citer les personnalités prestigieuses qui fréquentent ce blog,
J'ai fait précéder mes travaux personnels d'un rectangle vert, et les séquences de l'Entretien, d'un carré noir . Néanmoins je ne regrette pas de l'avoir publié, car à mon grand étonnement, les visiteurs qui le fréquentent s'est révélé largement supérieur à la moyenne.
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Autocensure
Des problèmes d'accès au cybercafé, m'ont contraint à différer le lancement sur la toile, ce journal du 22 août qui vous parviendra sans doute en même temps que celui du 23 août. De surcroît, une tendinite de l'épaule gauche attrapée au cours d'un usage immodéré de mon ordinateur, m'oblige à passer par un des rares Netbooks de PSION encore en circulation ce qui retarde encore la publication. Le Netbook est un merveilleux appareil de traitement de textes est une merveille d'ergonomie, de rapidité, de robustesse et sobriété... et il est compatible avec le PC. Mais il est mal adapté à la couleur, et au net, en dépit de son nom. Il est imbattable pour le traitement des données et les fonctions bureautiques, mais il ne peut rivaliser avec le PC pour le traitement d'image comme Photoshop, les jeux, l'écoute d'un film etc... Il ne sait pas non plus éplucher les pommes de terre. Le PC non plus, mais faites confiance à Microsoft, ce dont vous rêvez, Bill Gates le fera.
...
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Thursday, 20 September 2007
La campagne de Recloses
Lorsque j'étais jeune, j'étais un promeneur infatigable. Hiver comme été, je parcourais en tous sens la plaine qui s'étend de Recloses, en lisière sud de la forêt de Fontainebleau, à la ville de Nemours. La plaine était convexe, dépourvue d'oiseaux, d'animaux, d'être humains. Mon parcours, de Recloses à Saint Pierre lès Nemours, ou à Montigny sur Loing, traversait une sablière, vaste vallée neigeuse, aujourd'hui anéantie, les villages oubliés de Grès sous Loing, où habitait la veuve de Marcel Duchamp, Larchant fière de sa cathédrale, blottie dans un vallon en ruines, entouré des rochers chaotiques où poussaient des plantes préhistoriques, des mousses étranges, des bouleaux violacés et des pins torturés. Le silence total aspirait des sons imaginaires, surgis des profondeurs inconnues de la psyché: bruissements de voix, tintement de clochettes et de glockenspiels, paroles éparses, dispersées par le vent acide de la plaine.
Revenu à mon auberge, l'humble relais de poste, du début du XIXeme siècle, le saisissais mes pinceaux, et je traçais sur le magnifique papier Richard de Bas, des signes que nul ne lirait. J'avais toute la vie devant moi, riche d'opportunités. Manquées hélas, car oblitérées par l'angoisse du chômage, de la maladie, de la solitude, du mépris des vivants.
Aujourd'hui mon parcours s'achève, des nuages menaçants s'accumulent prêts à déverser des trombes de maléfices dès le mois d'octobre. Mais je me sens jeune de toutes mes années perdues, non vécues, plus jeune qu'alors. Une joie intérieure me pénètre, l'espoir de la survie chèrement acquise, et autour de moi "i spiriti gentili" les esprits bienveillants : amis récents, d'une qualité et d'une noblesse que je ne connus jamais, me témoignant respect et affection filiale... ou plutôt celle qu'on porte à ces grands pères de légende. Et puis, le miracle de ces voix inconnues qui me lisent sur le blog, bouteille à la mer sans cesse arrivée à destination.
Si j'écris ces quelques pages dont l'intimité justifie le hors blog, c'est qu'il est possible que ma voix s'affaiblisse, et s'éteigne. Je demande aux quelques uns que je connais, Poil à Gratter, Herbe et les autres, de faire une petite prière pour celui qui se prépare à accomplir une voyage chargé d'incertitudes. Même les esprits forts, même les athées peuvent prier, et les études de parapsychologie récentes semblent montrer que lorsqu'on est environnés d'affection, même d'inconnus, on resiste mieux à l'adversité.
Permettez-moi de retranscrire cette poésie chinoise, à ma manière :
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Journal d'automne
Ce billet fait partie des hors blogs. Sa lecture est tout à fait déconseillée à la majorité des internautes car elle fait allusion aux états d'âme de Bruno Lussato, qui n'interessent personne. Elle n'est réservée qu'à ceux qui recherchent une empathie avec le blogueur, communication personnelle qui peut projeter du sens sur la genèse de L'Entretien. Pour y accéder il faut cliquer sur ►♦♦♦
L'homme le plus puissant de France
D'après la couverture du Point de cette semaine, c'est Claude Guéant. Mais à l'intérieur, en tête de l'article on ajoute "après Sarkozy". Qu'est-ce qui a poussé le rédacteur à faire une pareille bourde? La réponse serait instructive : accrochage marketing, flagornerie, ou malveillance?
 
A gauche, Guéant est premier ministre bis. (Juin 2007) . A droite, le voici l'homme le plus puissant de France ( 20 septembre 2007). Une promotion !
Une de mes relations citait avec complaisance les critiques d'une amie contre Claude Guéant, décrit comme dur, autoritaire, sectaire, désagrable, exerçant une influence détestable pour ne pas dire pire. Comme je manifestais mon incompréhension, cette relation m'apprit que l'avis de cette amie bien renseignée était irréfutable : elle avait vu deux ou trois fois le Secrétaire Général en comité restreint et surtout, elle était sortie major de l'ENA à l'age de ... je ne m'en souviens plus mais elle était sans doute très jeune. Major de l'ENA... Tout s'expliquait ! No comment.
Il se trouve que j'ai recueilli depuis plus de vingt ans des jugements innombrables de personnalités aussi différentes que possible par les convictions, l'âge, la condition, l'origine, et partout l'ancien directeur de la police nationale fut décrit comme le type même du grand serviteur de l'état, d'une probité et d'une intégrité exemplaire, d'un jugement très sûr et d'une capacité d'écoute peu commune. C'est le seul homme ayant touché à la politique que je considère sans suspicion. Le portrait qu'en fait Le Point est remarquablement fidèle. Certes il ne contient pas la moindre critique, mais ce n'est pas par complaisance, mais parce qu'à ma connaissance je n'en ai jamais entendu une seule depuis des décennies. S'il n'existait pas, Claude Guéant, il eût fallu l'inventer, ne serait-ce que pour donner l'exemple, et en particulier à la petite prétentieuse géniale et suffisante par définition.
Il reste que la couverture est désastreuse. Tout d'abord parce qu'elle est volontairement mensongère. Guéant est un fidèle compagnon et complice de Sarkozy, en aucun cas son autorité n'empiète sur le pouvoir réel, celui du président. Ensuite parce qu'elle ne peut que nuire à celui qui a reçu ce cadeau empoisonné. On l'affuble d'une soif de pouvoir, d'une sorte d'auréole à la Fouché, qu'il ne peut que désavouer, en vain, car il n'est pas de fumée sans feu, et on l'accusera d'avoir inspiré cet article. De surcroît la photo, posée, avec un sourire qui n'est pas le sien et un rideau qui évoque les daguerréotypes de portraits les plus conventionnels. La photo de Challenge était plus naturelle, mais aucune ne correspond à ce mélange de gentillesse, de sérieux, d'humour dissimulé, et d'écoute de l'autre, qui frappe lorqu'on le connaît.
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