Billets par Bruno Lussato
Thursday, 17 May 2007
Intoxication et désinformation
M-R.FR Le site Karsenty

J'ai reçu ce soir la visite de Philippe Karsenty.
Ce spécialiste de la désinformation tient un site : Media Ratings dont voici le lien :
www M-R.fr
Cet homme passionné affirme chercher la vérité, rien que la vérité, toute la vérité, mais, comme nous tous, il est influencé par ses polarités idéologiques. Néanmoins les exemples qu'il donne sur son site sont passionnants pour le sémanticien et pour le spécialiste de la désinformation.
Deux cas sont particulièrement importants et je m'en vais les soumettre au test de l'hypothèse nulle.
Une élection qui ne tient qu'à un fil
1°) Le cas de l'oreillette. Il s'agit du fil que l'on a cru déceler , enfoui dans les cheveux noirs de la candidate à la présidence de la république. Branchez-vous sur le site, visionnez les deux images agrandies et lisez aussi les commentaires.
Le test de l'hypothèe nulle répond à l'assertion : quand l'impossible est exclu, l'improbable devient vérité.
Que voit-on au juste : un fil lumineux blanc et rectiligne, assez épais qui tombe au dessous de l'oreille droite (gauche pour nous). Il semble exclu qu'il s'agisse du fond clair de la salle apparaissant entre deux mèches. Par ailleurs on ne voit pas d'oreillette. Tout le reste n'est qu'inférences, comme par exemple la possibilité que ce fil ait été noir ou transparent et éclairé par des projecteurs plus puissants.
On se pose la question : pourquoi avoir laissé tomber un fil droit derrière les mèches de cheveux sombres? Quel peut être son rôle. J'admets qu'il n'y avait pas d'oreillette, que Ségolène Royal ait changé de coiffure de telle sorte qu'elle ait pu dissimuler un fil. Alors, pourquoi mettre un fil, à moins d'être déséquilibré.
On a invoqué le cas d'oreillettes intra-auriculeires invisibles. C'est oublier que ces prothèses manquent de fiabilité et que leur restitution est mauvaise. La connection sur fil, est la seule qui permette une audition claire. L'argument ne tient pas.
Il faut donc supposer que la candidate, mue par l'angoisse ait décidé de se faire "aider" surtout sur le plan des chiffres. L'autre possibilité est au contraire que devenue folle, elle se met un fil derrière son oreille, sans aucune raison, comme par superstition. Je demande aux internautes qui me lisent, de se réveiller et de se brancher sur le site indiqué puis de me donner leur interprétation du véritable fil. . Si réellement Ségolène avait accompli cette véritable manipulation electro-acoustique, c'est d'intoxication qu'on peut parler. La désinformation joue d'une façon passive, en étouffant la question.
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Ci-dessus, le premier thème de la Sonate en la mineur de Mozart KV 310. J'ai joué le premier thème, première période. C'est la cellule sous sa forme la plus simple. On notera le mode mineur, les croches répétées et obsédantes à la main gauche, sur des accords dissonants, la fin plaintive du thème à contre rythme et la nuance ff. Tout de suite après un bref silence, je joue la deuxième période piano, avec toujours à la main gauche une dissonance. Après quoi suit la troisième période qui reprend le premier thème mais avec une modification des accords de la main gauche, devenus moins dissonants et la plainte en notes égales. Notez avec soin la différence entre la première et la seconde apparition de la cellule thématique. La première est plus âpre, à contretemps et dissonante. La seconde est plus calme, et évolue vers une transition plaintive. Le grand pianiste Dinu Lipatti et Claude Arrau, jeune, omettent de marquer la différence, ce qui est à mon sens une erreur.
Après une brève modulation, non jouée ici, vient la quatrième période, conclusive du thème, toujours en la mineur. On remarquera le rythme dactylique (croches pointées) qui imprime un caractère décidé, yang, au thème qui termine sur l'accord de dominante, de façon impérieuse. On notera que la section dactylique est répétée deux fois, la seconde fois p comme en echo de la première, forte. Souvent les pianistes jouent la répétition également f, ce qui modifie le caractère du passage.
Propos à bâtons rompus
Kevin B.Bronstein est un membre du deuxième cercle de mon think tank. Mes quatre collègues de l'ISD, auxquels se sont joints un polémologue et un sociologue, constituent le premier cercle.
Kevin B.Bronstein collabore avec moi depuis quelques dizaines d'années et enseigne la même matière que moi : la théorie des systèmes. Ses exemples dans l'article "rires et pleurs" ont suscité un commentaire auquel j'ai répondu. Le paradoxe de ces hommes de droite qui frayent avec des être amphotères, dont on ne sait de quel bord ils sont, (Matrix, ou Medusa?) est apparenté à une syndrome de Stockholm antérograde : "aidez vos adversaires, fustigez vos alliés".
Il me semble que le Président est trop avisé pour tomber dans ce piège. Mais on n'arrive pas là où il est, et à marches forcées sans acquérir l'art du compromis de surface et des tactiques symboliques. L'essentiel est qu'il tienne compte de la force des choses. Et qu'il tienne compte des réalités masquées par la désinformation qui sévit en haut lieu et qui le guette tout particulièrement. Il sera pris entre les influences opposées des quatre grands astres qui régissent les différentes couches de l'opinion : matrix, médusa, djihad et octopus. Cela au détriment de ses principaux électeurs, et de ses convictions profondes force de la terre.
A mon sens il faut obtenir du nouveau Président qu'il suive deux lignes essentielles et à contre-courant :
1. oeuvrer pour la formation d'un bloc France-Allemagne- Russie, qui pèserait d'une façon significative sur l'équilibre mondial. (Recommandation de H.M.Bronstein)
. 2. Rattraper personnellement son retard culturel, qui est celui de la France, en matière de peinture et arts plastiques, de vidéo, de musique, et de litterature contemporains. Le ou la ministre de la culture aura un rôle déterminant, mais elle sera moins libre, moins emblématique que le Président de la République lorsqu'il s'agira d'attirer et d'honorer publiquement, de donner en exemple, de nouer amitié avec les trésors planétaires vivants. Voici deux pistes difficiles et imprévisibles de la part de celui qui s'est montré en présence d'artistes de variété très people. Relisez Falstaff et vous comprendrez mon propos.
Lors du débat télévisé, et de son investiture, Nicolas Sarkozy a su nous étonner et montrer une finesse et une dignité nouvelles. L'imprévisibilité est un des agents du pouvoir, d'après Greene. En sachant l'utiliser à bon escient, le président a accru son autorité et sa maîtrise sur ses adversaires. Tous les espoirs sont donc permis. Wait and see.
Simplement trois images relevées ces derniers jours dans les médias par Kevin B. Bronstein, qui illustrent Virus.
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Wednesday, 16 May 2007
**** L'opéra de la désinformation
Lohengrin à l'Opéra Bastille
Hier soir, je suis allé à la première de Lohengrin, dirigée par un des plus grands chefs d'orchestre, Valery Gergiev. Autre star mondiale : la célèbre Waltraud Meier dans le rôle d'Ortrud.
Pour comprendre cet article, il vaut mieux, évidemment, connaître l'opéra romantique de Wagner, ou au moins avoir lu le résumé de l'intrigue. Pour ceux qui ne connaissent pas plus Lohengrin que Wagner, que l'Opéra, ou tout simplement nuls en musique classique, je vais néanmoins dégager les grandes lignes du sujet en me consacrant sur un aspect original de celui-ci : autant et plus que Otello de Verdi et Shakespeare, le dernier opéra romantique de Wagner, est une étude saisissante et pénétrante des mécanismes de désinformation.
Ceux qui me connaissent, savent à quel point je déteste les mises-en-scène à la mode, consistant à transporter l'action de Don Giovanni dans une entreprise de nettoyage de la Défense, ou les ors et les fastes napoléoniens des Contes d'Hoffmann, dans un asile de fous. Je craignais le pire pour cette mise en scène de Robert Carsen lorsqu'on me rapporta que la scène censée se passer devant une église médiévale flamande, évoquait plutôt les tranchées de la première guerre mondiale et les caveaux où Hitler et Eva Brown se donnèrent ma mort. J'en fus d'autant plus agréablement surpris.
Dans ce journal je me bornerai à décrire une des intrigues cachées, information derrière l'information. Celle précisément la plus proche de nos préoccupations actuelles : l'infiltration subtile du doute devastateur, la propagation des rumeurs, les prophéties instrumentalisées en vue de leur accomplissement. Mais aussi l'opposition viscérale contre les pays de l'Est, considérés comme barbares par rapport à l'empire allemand. Enfin, le contraste entre l'hypocrisie des discours politiques, dissimulant des intérêts territoriaux, et la pureté desespérée de l'utopie transcendante, cette nostalgie douce-amère propre au romantisme allemand, et dont les gauches ont hérité.
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Tuesday, 15 May 2007
...... La diabolisation de la Russie
Poutine félicite Sarkozy avec deux jours de retard ! Tous s'en félicitent ou s'en émeuvent. Les russes ne cachent pas leur inquiétude : le nouveau président leur semble animé de fortes préventions sinon de mauvaises intentions. Ils regrettent Chirac.
Il va sans dire que je n'ai pas d'idées arrêtées sur la question de savoir si la russophobie est ou n'est pas justifiée. La géopolitique et les relations internationales ne sont pas ma spécialité et je me garderai soigneusement de ne pas ajouter aux sottises qui fleurissent dans les milieux mondains.
En revanche sous l'angle de la désinformation, il me semble que l'on peut relever un déséquilibre dans l'exposé des faits, la construction des inférences, et en définitive les jugements portés sur Poutine. Je me bornerai ici à montrer trois jugements différents sur l'attitude du Président Nicolas Sarkozy.
1. L'angle moral
Il est incontestable que le régime russe apparaît comme un mélange de Diamant Vertueux (le communisme stalinien) et de Matrix (la société de consommation massive). Cela tient à la nature du peuple russe, essentiellement moutonnière, passive, obeissant docilement à des maîtres fouettarts. La centralisation des régimes, de Pierre Le Grand à Poutine, en passant par Lénine et Staline, est doublée, contrairement à la notre essentiellement bureaucratique et sournoise, d'une grande brutalité. Le presse et les médias sont sous contrôle du pouvoir central. Les oligarques qui remplacent la Douma, sont ces Boyards rapaces et traitres, décrits par Pouchkine dans Boris Godounov.
La détestation de la Russie est exaltée par la personnalité de Poutine, un ancien du KGB parfaitement incomestible pour ceux qui font les réputations. Et je sais pour en avoir fréquenté quelques uns des amis du pouvoir, qu'ils sont parfaitement infréquentables. Un jour je livrerai peut-être dans ce blog, trois cartographies contradictoires de l'état de la Russie. Pour l'instant contentons nous de constater que les milliardaires qui influencent Poutine, sont méprisants envers l'Europe, et ne connaissent que les relations de force. La mauvaise réputation de l'armée russe, ses brutalités supposées en Tchétchénie, le style "droitier" de Poutine, sont pour beaucoup dans la russophobie. Aux Etats-Unis on est plus pragmatique : on vitupère contre Poutine - mais en même temps on fait des affaires avec lui. En France, point d'affaires prospectées, mais des leçons de droitsdelhommisme.
En dépit de la tare morale et sociétale des puissants du régime russe, il est l'objet de désinformations continuelles. Auprès du nouveau président, citons parmi les russophobes pro-américains, Glucksman, Lellouche, Bernard Henri Levy, Kouchner, et bien d'autres.
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