Billets par Bruno Lussato
Saturday, 31 March 2007
Violences à la gare du Nord, II
Des faits à l'AFP, de l'AFP à L'Huma.
Vous trouverez dans le journal du trente mars "lire la suite" une revue de presse commentée sur le retentissement des évènements sur l'interprétations de quelques quotidiens. Il vous appartiendra de mesurer la distorsion des faits en fonction de jugements a priori.
On appréciera dans toute son amplitude, le procédé que les anglo-saxons nous reprochent, à la suite du sémanticien Hayakawa. Ceklui qui consiste à faire l'amalgame entre les données factuelles, les inférences, et les jugements. A vrai dire après avoir épluché la presse, je n'ai pu me défendre de ressentir un certaine nausée. Je me félicite de m'être tenu toute ma vie à l'écart des débats politiques. Mais, professionnalisme oblige, je ne puis manquer une occasion inespérée pour qui étudie le phénomène de désinformation.
Thursday, 29 March 2007
Thème et variations
sur les violences de la Gare du Nord
Ainsi qu'il fallait s'y attendre, les désinformations et les rumeurs font tache d'huile, comme un tremblement de terre se propage de l'épicentre à la région toute entière. Ici l'épicentre, est la description sèche des évènements, les ondes de choc vont se propager et s'amplifier d'un journal à l'autre, s'enrichir de reformulations inédites, de connotations émotionnelles, de prolongements politiques à l'échelle de la nation. Car s'il est vrai qu'il existe une disproportion choquante entre le micro-incident et les émeutes, disproportion qu'on attribue non sans raison à la maladresse et à l'impréparation des forces de l'ordre; il en est une encore plus choquante entre l'importance réelle d'un fait divers,courant en France et sa médiatisation à la une, pendant la campagne électorale.
Les deux adversaires : Sarkozy et la coalition des autres, se jettent à la tête des accusations symétriques, comme par exemple l'instrumentalisation des micro-émeutes à des fins électorales.
Vous trouverez dans la suite de cet article, les réactions des principaux quotidiens parisiens.
La réponse à l'énigme posée dans le journal d'hier.
L'auteur du poème est Richard Wagner. Hans Sachs, le principal protagoniste des "Maîtres Chanteurs de Nurenberg" . A la fin de l'acte II il a assisté à une rixe violente provoquée par un incident mineur et qui dégénère en furie collective.
Lisez la suite de cet article pour déguster la revue de presse sur les émeutes de la gare du Nord!
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Wednesday, 28 March 2007
Violences à la gare du Nord
Un incident prévisible
Cela ne s'est pas fait attendre. Pour fêter le nouveau ministre de l'Intérieur, une émeute provoquée par ce qu'il est convenu d'appeler des jeunes, a eu comme point de départ le geste malencontreux d'agents de la RATP, qui se sont avisés de vouloir interpeller énergiquement un jeune qui sautait le portillon, et devenus brutaux après que le contrevenant au lieu d'obtempérer leur lança un coup de tête.
On me pardonnera de me répéter, mais je n'ai pas à porter de jugements sur les évènements, ni sur ceux que l'on accuse de las favoriser : Sarko-facho, la gauche, le chômage et le chien de ma logeuse. Je me pencherai sur les distorsions volontaires que subit l'information-source (ici la dépèche de l'AFP) lorsqu'elle parvient aux grands quotidiens. Je montrerai également que l'information-source elle même, bien que se voulant objective et sèchement factuelle, est elle-même un "objet désinformé", au sens que j'attribuai dans mon journal d'hier aux faux artistiques. Enfin, puisque j'ai établi une passerelle avec les arts plastiques, pourquoi pas la musique? Une surprise vous attend si vous continuez à lire ce journal
Un reproche qui m'a été fait, est le manque d'images. C'est que je n'ai pas encore résolu le problème des droits. Et puis, montrer des echaffourées avec des "jeunes" armés de barre de fer, quel intérêt? Cela traîne partout. Si au moins j'avais eu la chance de filmer ce jeune en colère en train de lancer du premier étage une jardinière sur les policiers, c'eut été un scoop. Mais je n'étais pas là, et puis... le projectile a manqué son but!
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Un art suprême de la désinformation : la désinformation dans l'art
Ce que j'entends par cette formule tarabiscotée à la Edgar Morin (la nature de la culture, la culture de la nature etc...) va au delà des malentendus intentionnels qui empoisonnent la perception de l'oeuvre d'art. On aborde ici le cas où c'est l'oeuvre elle même qui est source de désinformation. Une désinformation faite peinture, statue, objet, interprétation, qu'est-ce donc? Un faux tout bonnement. Un tableau de Van Meegeren qui prétend être un Vermeer, véhicule une fausse information sur son origine et met à l'épreuve notre aptitude à juger de la qualité, voire du génie du peintre.
La notion de faux est donc une pierre de touche, comparable au test dit de commutation utilisé par les théoriciens de l'information. Il consiste à altérer un texte et de noter à quel niveau de dégradation il devient illisible. Dans le cas du faux, il s'agit d'évaluer à partir de quel nombre d'altérations, et de quelle gravité, on s'aperçoit de la supercherie. L'histoire a montré la jobardise des érudits les plus renommés, et le procédé peu glorieux qui permet de déceler un faux, non pas par l'analyse stylistique, mais par des analyses chimiques ou des recherches d'archives, étaye le soupçon d'arbitraire et de suggestion. Selon qu'on trouve ou non des traces de tel composant chimique, l'oeuvre d'art est déclarée authentique, donc géniale, ou factice, donc nulle.
Ce qui est particulièrement dérangeant est donc la chute de statut d'un tableau ou d'une sculpture, dès que l'analyse a démontré leur inauthenticité. En quoi une preuve scientifique même fondée, fait-elle qu'une oeuvre descende de la galerie d'honneur d'un musée, au deuxième sous-sol d'un entrepôt obscur? Si l'admiration que nous portons à l'oeuvre est compromise par une investigation extérieure à son essence, telle que l'expertise de la signature, ou la présence d'un pigment qui ne devrait pas s'y trouver, elle est bien superficielle. D'ailleurs, examinez les visiteurs dans les musées : il regardent l'étiquette avant le tableau, pour savoir s'il vaut la peine qu'on s'y attarde.
Les chinois ont une conception beaucoup plus saine de la qualité d'un tableau, à mon sens. Ils estiment que si la copie est aussi parfaite que la source originale, elle doit avoir la même valeur. Le corollaire est qu'on a l'oeuvre qu'on mérite. Si notre jugement nous fait prendre une oeuvre médiocre pour un chef d'oeuvre, et que nous le payons en conséquence, pourquoi nous plaindre si nous en retirons le même plaisir?
Il peut arriver d'ailleurs que le faux soit supérieur à l'original. C'est le cas du faux marbre romain découvert à Florence. Le faussaire était Michel-Ange! Berlioz lui-même a composé une fausse oeuvre de la Renaissance : L'enfance du Christ. Qui songerait à le regretter?
Ce qui est vrai pour le jugement sur l'oeuvre plastique est valable aussi pour l'interprétation de la musique. Nous allons examiner dans la suite de ce journal des exemples de première main qui intéresseront le visiteur curieux.
Auparavant je signale que l'analyse de l'affaire Battisti est terminée. En conclusion j'essaie de me faire l'avocat du diable et d'accepter la thèse des partisans de l'ex-terroriste. Le résultat peut surprendre.
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Tuesday, 27 March 2007
Comme promis à Guillaume, voici une traduction de la chat room entre italiens qui vient de prendre vie recemment.
1
Bonjour, professeur! Je vous félicite avant tout pour votre blog qui commence à vivre, à se diffuser et à assumer les contours d'une passion (et non seulement logique-rhétorique), bataille politique qui ne peut que nous faire plaisir à nous autres italiens. Aujourd'hui j'ai envide de m'appeler it.alien (oui, avec le point) parce que, au fond je me sens comme un alien extraterrestre débarqué sur une autre planète (bien que je vive désormais en France depuis plusieurs années) et en tant que tel je voudrais être considéré. Les accusations de manipulation qu'on vous adresse me font un peu sourire; elles me font penser à la vieille anecdote de ceux qui regardent le doigt au lieu de la lune... Peut-être pour nous rafraîchir la mémoire il serait bon de tous nous souvenir des travaux de Getano Mosca (1851-1941) l'inventeur du concept de "classe dirigeante". Si je me souviens bien, Mosca soutenait que la classe politique est une classe (ou plutôt une "caste") autoréplicante et auto suffisante, qui pour maintenir son propre pouvoir manipule le "peuple" par le truchement de paroles et de concepts chés à haute résonance émotionnelle. Exemple : en France il suffit de sortir du chapeau "citoyen", "laïcité", pour mettre d'accord tout le monde dans un consensus autour du "juste". En définitive, il suffit de si peu pour tromper un peuple( une masse?) et faire croire à tous que le père Noël existe. Vive la République!
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Oui c'est vrai, cela. Gaetano Mosca, grand politologue sicilien, initiateur de l'école italienne des "sciences politiques des élites", parlait d'une Classe dirigeante, pourtant point nécessairement négative, pais pourtant il expliquait qu'une "minorité organisée" commande une majorité désorganisée. Je précise cher Professeur que je ne vous crois pas "manipulateur", mais je vous énonçais l'observation classique exprimée par toute personne qui lit n'importe quel discours sur la manipulation. Une observation classique, permanente et naturelle, car c'est également vrai que souvent le plus grand manipulateur est celui dénonce et nalyse la manipulation, en prétendant à une "objectivité" absolue.
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Merci de ton (nous nous tutoyons?) intervention en italien, Alexandre. Nous donnons au blog une dimension internationale et ceci ne peut qu'être intéressant. Je voulais constater simplement le fait que certaines valeurs ne sont absolument pas universelles, comme on le croit souvent en France (République, citoyen, laïcité). Pour te donner un exemple, je ne me considère pas citoyen d'un Pays-Nation mais seulement de ma cité, j'ai de la sympathie pour les monarchies européennes et je trouve que le "laïcisme" est une religion comme une autre (et même pas la meilleure).
Monday, 26 March 2007
Manipulations
Enfin ce blog commence à vivre! Une pianiste (canadienne, je crois) relève des imprécisions dans ma critique du jeu de Kempff, un de mes anciens élèves M.Sauvage m'accuse d'être un maître manipulateur, M. Del Valle après avoir posté pas mal de commentaires découvre dans mon décodage, une dérive anti-Bayrou. Alexandre de Lisle en rajoute et de nombreuses personnalités, journalistes, collègues, et professionnels de toute discipline me téléphonent. Leur critiques et leurs remarques sont un aliment puissant pour ce "salon culturel" et le font évoluer, ceci étant dit sans démagogie.
Tout d'abord, quelques visiteurs ont du mal à s'orienter dans le blog, comme moi-même au début. Ils ne comprennent pas que les billets les plus récents viennent en premier, ce qui fait que la suite d'un texte figure devant le texte lui-même. Puis, il existe une discordance entre le titre "journal du 3 mars" et la mention qui le surmonte qui peut être le 4 mars. C'est dû au fait que l'article a été rédigé le 3 mars à minuit, et envoyé le 4 mars à une heure. Je lance ces chiffres en l'air, à titre d'exemple.
Beaucoup de visiteurs qui postent des commentaires, se heurtent, en dépit de leurs efforts, à des barrages anti-spam.Si des blogueurs peuvent leur dire dans un commentaire, quelles précaution prendre pour prévenir cet agaçant contretemps, ils seront chaudement remerciés.
Concernant le fond du problème, je vous adresse au premier chapitre de Virus traitant de la désinformation que propagent les professionnels de la lutte contre la désinformation. Dire que mes propos sont biaisés, est une évidence.
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