Tuesday, 22 May 2007
La liste commentée des artistes de référence
En rouge les cinq plus importants
En bleu, les artistes Français
En vert les commentaires de Bruno Lussato
John Baldessari (1931)
Artiste californien qui après avoir œuvré dans le champ de la performance, fondateur de l’art californien de la seconde moitié du XXe siècle, s’est distingué par son travail sur le langage et sur la porosité des limites entre peinture et photographie. Son œuvre se caractérise par de complexes assemblages d’image sur le mur.
Baldessari a également produit des oeuvres conceptuelles marrantes : par exemple l'artiste apprend à lire l'alphabet à une plante en pot. Dans ce régistre, il passe pour un des artistes les plus importants de sa génération. Ses grandes photogaphies retouchées montrent un sens dramatique de la composition. Voici un DVD sur l'oeuvre conceptuel de l'artiste.
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Dans le premier de ces films conceptuels, on voit simultanément le sable d'un sablier d'écouler vers le bas, pendant que le mercure d'un thermomètre s'élève. Le film s'arrête lorsque les deux colonnes atteignent simultanément le nadir et le zenith.
Matthew Barney (1967)
Issu d’une plus jeune génération, il s’est distingué par une œuvre globale et lyrique, le Cremaster, qui aborde la condition de l’homme et de l’artiste dans une veine onirique. Cette suite de cinq films, réalisés pour certains avec les moyens du cinéma, a donné naissance à de complexes installations sculpturales.
Je suis tombé par hasard sur la gigantesque installation Cremaster, parce qu'elle était exposée au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris qui était à deux pas de chez moi. Je n'avais jamais entendu parler de cet artiste, et les salles étaient désertes... les premiers jours. J'enrage de ne pas avoir essayé de connaître l'artiste, un des plus grands de sa génération. Le Cremaster décrit le combat de l'informe qui essaye de s'organiser, mais aussi le magma indifférencié, asexué, riche de toutes les potentialités. Tout l'espace du Musée avait été convoqué pour abriter des photos, des objets, des films en couleur, une musique un peu funèbre, des mannequins en costume, des bibliothèques, des objets, et même un bar, en vaseline réfrigérée. Un univers obsessionnel et indéchiffrable, d'une complexité et d'une beauté confondantes.
On peut se consoler en achetant le DVD ci-cintre qui n'est qu'un intermède presque chorégraphique. L'artiste qui est un ancien gymnaste, adepte des situations extrêmes, y défend symboliquement l'idée, que toute création importante provient d'une résistance à des forces adverses. On trouve dans cet oeuvre, comme acteur le célèbre sculpteur Richard Serra, dans un rôle initiatique, rappelant les compagnons du Moyen Age.
Daniel Buren (1938)
Artiste français emblématique de la mouvance conceptuelle et post-conceptuelle, interrogeant la possibilité de la peinture après sa remise en cause par l’art conceptuel. Il a fait de l’espace public le terreau de ses nombreuses interventions, qui au-delà du pictural on notamment montré comment cet espace pouvait « absorber » et redéfinir le champ pictural.
Buren, vous connaissez, c'est l'auteur des célèbres et controversées colonnes du Palais Royal. Certaines réalisations font penser à des stores du BHV, pour la bonne raison que ... ce sont des stores du BHV. Ceux qui se gaussent pourront voir à Beaubourg dans l'exposition Air de Paris, un espace remarquable, qui dénote un réel talent. *
Maurizio Cattelan (1960) Artiste italien, volontiers provocateur et facétieux, considéré comme faisant partie des plus importants de sa génération. Son œuvre se distingue par un goût de la provocation assumée, qui en fait une sorte de « bouffon » de l’art contemporain qui touche souvent juste en pointant avec justesse les dérives de la société contemporaines.

Deux installations sont justement célèbres. Dans l'une on voit, dans une immense salle au tapis rouge, le pape Jean Paul II terrassé par une météorite tombé du ciel, après avoir brisé la verrière. Dans un autre, qui fait partie de la collection Pinault, et qui a fait sensation à Venise, on voit un garçonnet prier à genou dans une grande salle, peut-être une église. En s'approchant, on découvre que l'innocent enfant n'est autre que Hitler. Ref. Catalogue de l'Exposition François Pinault au Palazzo Gritti à Venise. Where Are We Going?
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Robert Gober. Work 1976-2007
Schaulager, Bâle, jusqu’au 14 octobre
www.schaulager.org
La rétrospective consacrée à Robert Gober (né en 1954 à Wallingford, Connecticut, vit à New York) par le Schaulager, à Bâle, est un événement à plus d’un titre, et s’annonce comme un des temps forts, si ce n’est immanquable, des pérégrinations estivales des aficionados de l’art contemporain.
Surtout, cette exposition révèle la magistrale complexité et l’absolue cohérence d’une œuvre entamée il y a trente ans, que l’on peut embrasser dans ses divers aspects pour la première fois.
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Monday, 21 May 2007
L'artisanat technologique
Au moment où on annonce le "Grenelle de l'écologie", il n'est pas inutile de s'interroger sur les relations structurales entre la globalisation et la pollution, la destruction des classes moyennes et la concentration démente des moyens de production et la fracture sociale et économique. Le problème est qu'on confond "Force de la terre", essentiellement proche de la nature, et hostile aux mégaorganisations, et "Matrix" qui envahit le monde et le détruit implacablement. Or les sensibilités de gauche, confondent les deux noeuds sémantiques et s'attaquent aussi bien à "Force de la Terre", facteur de prospérité et d' humanité, sinon d'humanisme, qu'à "Matrix" qui en est l'hideuse caricature. Le résultat est inverse à leur but. En effet Matrix est beaucoup plus résistant que Force de la Terre, et d'ailleurs s'emploie également à le détruire.
Par ailleurs, il faut bien reconnaître que les altermondialistes et les écologistes ont raison de tirer la sonnette d'alarme et de manifester contre la mise à sac de la planète. C'est à juste titre qu'ils accusent la politique à court terme des organisations multinationales prédatrices. Le problème est qu'aveuglés par leur idéologie, ils associent Force de la terre, facteur de prospérité, à Matrix, se rangeant eux-même sous la bannière de la contre-culture Medusa. De raison, ils se donnent tort.
L'intérêt de l'initiative de Nicolas Sarkozy, d'officialiser des mouvements jusqu'ici rejetés par la politique à court terme de Matrix, est qu'elle permet d'affirmer les valeurs traditionnelles de la droite Force de la Terre et celles des écologistes. En fait l'alliance est légitime puisque Force de la Terre, contrairement à Matrix, respecte la nature, pense aux cycles longs (on plante des chênes plutôt que des peupliers) et ses valeurs de patrie et de civisme, sa haine du gaspillage conduit à des pratiques que les écologistes en peuvent renier.
J'engage les internautes à se reporter à la seconde partie de David le Chameau et la globalisation, que je viens de finir à l'instant de rédiger. On montrera comment la haute technologie permet d'espérer concilier efficience et qualité. J'espère dans une masterclass prochaine, rappeler la logique des structures cellulaires, qui sont un pas de plus vers l'humanisation des organisations et qui va beaucoup plus loin que la simple décentralisation. N'hésitez pas de poser des questions. C'est le but de ces Masterclasses.
Une histoire de David le chameau
La globalisation à l'envers
(suite de la masterclass 6 ) Cliquez ci-contre
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Voici la réponse
Le système traditionnel
Détaillons le processus de fabrication et de commercialisation en commençant par les fonctions classiques. Généralement l'ordre est le suivant : 1. étude de marchés, 2. Recherche et Developpement, 3. Design, 4. commande des matériels : machines outils, 6 Commandes et gestions des stocks de tissu et d'accessoires. 7. Définition des besoins et des quantités. Enquêtes marketing et merchandising, 8. Fabrication et stockage en entrepôt. 9. Logistique : manutentions et transport. 10 Gestion des stocks de produits finis. 11. Répartition des bénéfices aux actionnaires. (fonds de pension). 12. Centrale d'achats du distributeur. 13. Logistique et gestion des sotcks. 14. Merchandising, publicité, promotion est ventes. 15. Gestion du magasin. 16. Liquidation des invendus. 17 Distribution des dividentes aux actionnaires. (fonds de pension)
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Sunday, 20 May 2007
La feuille de route du président Sarkozy
Même ses détracteurs doivent le reconnaître : le nouveau président a fait preuve jusqu'ici de trois qualités majeures :
1. Il a annoncé nettement la couleur, déclaré des mesures anti-démagogiques comme la suppression des droits de succession ou anti-establishment, comme le niet opposé à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne. Plus encore, il a eu le talent de bien s'entourer et pendant deux ans, de forger une véritable charte politique, conforme aux valeurs traditionnelles de "Force de la Terre" et fondée sur les mots tabou de Travail, Famille, Patrie et efficacité. La majorité des Français s'est reconnue dans ces valeurs prioritaires et la gauche elle-même a dû reconnaître la capacité politique de l'équipe présidentielle et prendre exemple sur lui pour aborder sa "refondation".
2. Il a jusqu'ici tenu parole et s'est montré le Président de tous les français. Son gouvernement fait la preuve de la parité hommes-femmes, et de l'ouverture vers le centre et la gauche. Ses adversaires, dont Libération, hurlent au hold-up, mais lorsqu'il s'agit de Ségolène Royal, ils parlent de largeur d'esprit et de tolérance.
3. Il a dit qu'il irait vite, et il va vite, comme il court vite et parle vite. Là encore, les esprits chagrins qualifient de gesticulation, cette rapidité d'action et de décision. Il y a tout à parier que dans le futur ils feront le possible pour freiner les initiatives de Nicolas Sarkozy, de lui mettre les bâtons dans les roues, pour déplorer ensuite retards et échecs.
Il faut ajouter à ces qualités, une conception particulière du rôle de Président, opposée à celle de sa rivale. Cette dernière écoute, enregistre les doléances de ce qu'elle appelle les Français, et les reflète dans des mesures protectionnistes et démagogiques. Il est inutile de nous appesantir sur son caractère "mère Teresa". Mais Ségolène porte un masque, et, comme le disait Carl Gustav Jung, plus il est séduisant, plus horrifiant est ce qui se cache derrière. On a vu que la madone, losqu'elle jugeait bon, pouvait se transformer en une véritable furie.
Revenons-en au postulat fondamental de Nicolas Sarkozy. Il est connu et brise le tabou du mythe parlementaire. Il a lu les grands hommes, ceux qui ont redressé leur pays en difficulté et il a constaté qu'ils endossaient tous les pouvoirs, ils suivaient leur conviction sans se laisser détourner par leur opposition et comptaient sur une équipe à leur dévotion. C'est d'ailleurs ce que le Général de Gaulle a compris lorqu'il a fait succéder la Ve République à la quatrième. Là encore, l'opposition criera- et a crié - à la dictature : Sarko-Facho. Mais si Mussolini, Hitler, ont trusté tous les pouvoirs, il en est de même de Lénine, Staline, Castro, Mao, pour ne citer que les idoles de la gauche de naguère, et de Churchill, de Tatcher, d'Adenauer et de De Gasperi du côté de la liberté. Et la France est dans un tel état de décomposition, qu'on risquait si elle se prolongeait, la guerre civile ou l'avènement d'un dictateur, un vrai.
Cela dit, il y a deux séries d'embûches qui l'attendent sur son parcours, l'une de nature geopolitique, qui concerne les frontières et les alliances de l'Europe, l'autre de nature beaucoup plus insidieuse et d'ordre culturel et idéologique. Je relate une discussion avec Alexandre Del Valle, géopoliticien grand connaisseur de la Turquie, de Chypre et de la Russie et notoirement politiquement incorrect. (Il me semblait inutile de discuter avec des politiquement corrects, tous les lisent par définition et ils envahissent les congrés, les séminaires et les ministères). J'ai replacé notre échange de vue dans la revue de très grande qualité dirigée par Patrick Wasjman et dont le numéro de printemps a accueilli Nicolas Sarkozy lui-même. (Politique internationale, N° 115).
Le piège géopolitique
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Saturday, 19 May 2007
Langages de déchéance
Du fond et de la forme
Vient d'être révisé

Visité à Beaubourg quatre expositions. Arshile Gorki, fit la transition parait-il entre Miro, Matta et Pollock. L'influence des deux premiers artistes est sensible mais l'exposition est pauvre et les tableaux bien peu convaincants.
La seconde exposition rassemble de grands dessins de Klossowski, le frère de Balthus à qui il ressemble étrangement. C'est le comble de l'oxymoron ; pour représenter un érotisme pervers, des crayons de couleur pour enfants. L'équilibre de ces compositions est parfait, l'art du crayon impressionnant de subtilité. Les scènes de viol ou de séduction sont paradoxales. L'héroïne, Roberte, qui sourit lorsqu'elle est violentée, a un visage masculin alors que l'éphebe qui est son double frappe par la beauté et la féminité de ses traits. On sent que l'artiste a été impregné par Bellmer, Sade et ce mélange de préciosité, de chic et d'érotisme provocateur qui est la marque de l'establishment parisien et qui perdure sous une forme plus violente mais toujours un peu sucrée.
A propos de sucre, contemplez ces deux chefs d'oeuvre de la fin du XIXe siècle. Un siècle nous séparent de cette prêtresse d'Isis, d'Auguste Raynaud et cette sublime méditation d'un élève de Bouguereau, le Raphaël de "force de la terre régressif". (Vente Debureaux du 3 juin 2007 à Barbizon). Aujourd'hui on grince des dents ou on s'esclaffe, mais en ce temps-là, ceux qui ne pouvaient se payer un Bouguereau, se rabattaient sur son disciple.
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