Mercredi, 17 octobre 2007
Mahler, le Chant de la Terre
La trilogie de Li-Tai-Po, suite.
Note . La traduction de Hans Bechtle est en vert, l'original de Li-Tai-Po traduit par Franz Toussaint est en violet.
Le troisième mouvement du Chant de la Terre. Première partie de la trilogie.
De la Jeunesse.
(D'après Li-Tai-Po)
Au milieu d'un petit étang
se trouve un pavillon de verte
et blanche porcelaine.
Au milieu du lac, s'élève un pavillon de porcelaine blanche
Comme le dos d'un tigre,
se tend un pont de jade
vers le pavillon
Pour y arriver, il faut franchir un petit pont de jade
qui a la courbe d'un tigre à l'affut
Dans la maisonnette s'assoient des amis
Dans ce minuscule palais, des amis se réunissent.
bien habillés, ils boivent, papotent,
certains écrivent des vers
Ils causent, ils boivent.
Leurs manches de soie glissent
en arrière, leurs bonnets de soie
joyeusement rejetés sur la nuque.
2. Certains les manches retroussées; la calotte enfoncée jusqu'aux yeux, écrivent des vers.
Tout se reflète sur la calme surface
du petit étang., merveilleusement
comme dans l'image d'in miroir.
1. Sur l'eau verte, ils regardent onduler les reflets des pivoines qui ornent la balustrade de la terrasse.
Tout se tient sur la tête
sur le pavillon de verte
et de blanche porcelaine
Comme une demi-lune se tient le pont
arche renversée.
L'arc du pont ressemble au croissant de la lune.
Les reflets des pivoines ressemblentà des jeunes filles qui dansent.
Des amis
bien habillés, boivent, papotent
Continuer à lire "La poésie derrière la poésie 4"
Lundi, 15 octobre 2007
Le Chant de la Terre de Gustave Mahler
La trilogie de Li-Tai-Po (702-763)
Texte revu et corrigé .
Les mouvements 3, 4 et 5 forment un tryptique dont la partie centrale est une pièce nostalgique contrastant avec l'ironie des mouvements qui l'encadrent. Ce billet n'est pas consacré à l'analyse musicale de l'oeuvre, mais à sa structure sémantique et aux déformations qu'à subi le poème en passant de Toussaint à Bechtle avant d'être tranfiguré par l'art du dernier Mahler. On verra que Bechtle développe à partir de l'original de Li-Tai-Po les connotations personnelles qui attirèrent le musicien comme étant en accord avec ses émotions les plus douloureuses, les plus profondes. Ce qui frappe dans les trois oeuvres est une ironie, qui légère et teintée de mélancolie au départ, incisive, voire cruelle à la fin, laisse libre court dans la partie centrale à l'émotion la plus douloureuse. La musique suit, évidemment.
Note : le texte de Bechtle qui sert de support à Mahler est en vert, l'original de Li-Tai-Po traduit par Franz Toussaint, en violet. Comparez et communiquez-moi votre sentiment.
Le quatrième mouvement du Chant de la Terre. Partie centrale du scherzo.
De la Beauté
Sur les bords du Jo-Yeh
Introduction orchestrale
Des jeunes filles cueillent des fleurs,
cueillent des fleurs de lotus qu bord de l'eau.
Des jeunes filles cueillent des nénuphars
sur les bords du Jo-Yeh
Entre les buissons et les feuilles elles sont assises
elles assemblent des fleurs sur leur genoux, s'interpellent et se taquinent.
Parmi les bambous, elles s'interpellent et se cachent en riant.
Le soleil doré flotte autour de leur corps
les reflètent dans l'eau étincelante.
Le soleil reflète leurs formes élancées
leurs tendres yeux
et le Zephyr soulève et caresse le tissu
de leurs manches, répand le charme
de leur arôme à travers l'air.
L'eau réfléchit leurs belles robes
qui parfument la brise.
O vois, quels sont ces beaux garçons qui s'ébattent
là-bas, au bord de l'eau sur leurs fiers coursiers?
Au loin ils brillent come les rayons du soleil;
voici qu'à travers les branches des saules verts
arrive au galop leur jeune troupe!
Des cavaliers passent entre les saules de la rive...
Le cheval de l'un d'eux hennit joyeusement,
s'effraie et passe en coup de vent.
Un des chevaux hennit. Son maître regarde en vain de tous côtés
puis s'éloigne.
Interlude orchestral
Sur les fleurs, sur les herbes tressautent les sabots.
Ils piétinent en un tourbillon impétueux
les fleurs qui s'abattent.
Holà, quel remous agite sa crinière,
comme fument ses nasaux brûlants!
Le soleil d'or flotte autour de leurs corps,
les reflète dans l'eau étincelante.
Et la plus belle des jeunes filles
lui adresse de longs regards pleins de désir.
Sa fière attitude n'est qu'un semblant.
Dans l'étincelle de ses grands yeux,
dans la noirceur de son regard brûlant,
bat l'onde plaintive de l'exaltation de son coeur.
Une des jeunes filles laisse tomber ses nénuphars
et comprime son coeur qui bat à grands coups
Epilogue orchestral
Continuer à lire "La poésie derrière la poésie 3"
Le deuxième mouvement du Chant de la Terre
Le deuxième mouvement du Chant de la Terre est un mouvement lent, et cela se sent dans le texte, en violent contraste avec la Chanson à boire aux malheurs de la terre. De même que l'autre adagio, conclusif, le poème n'est pas de Li-Tai-Po et ne figure pas dans la traduction française de la Flûte de Jade par Frantz Toussaint. On ne saurait mieux exprimer la solitude qui frappe lorsque vient l'âge des regrets et que l'on notait déjà dans la dédicace de Faust. La musique transfigure un texte dont l'envergure poétique est au dessous d'un Verlaine, et la hisse à un niveau encore supérieur, tout en faisant corps avec elle. La musique devient poésie et le poème symphonie.
Le solitaire en automne D'après Chang-Tsi (1560 - 1618 )
Introduction orchestrale
Les brouillards bleuâtres de l'automne flottent sur le lac
La gelée a touché toutes les herbes:
On dirait qu'un artiste a répandu de la poussière de jade
Sur les précieuses floraisons
Le doux parfum des fleurs s'est évanoui
Le vent froid courbe leurs tiges.
Bientôt les feuilles d'or des fleurs de lotus,Introduction orchestrale
fanées,tomberont dans l'eau.
Mon coeur est fatigué. .....................
Reprise de l'introduction orchestrale
............................... ma petite lampe
s'est éteinte en grésillant,je pense au sommeil.
Je viens à toi, demeure bien-aimée!
Oui, donne-moi le repos : j'ai besoin de réconfort !
Je pleure beaucoup dans mes solitudes.
L'automne dans mon coeur persiste trop longtemps.
Soleil de l'amour, plus jamais ne brilleras-tu de nouveau
pour doucement sécher mes larmes amères?
Postlude orchestral
Samedi, 13 octobre 2007
Le Chant de la Terre de Gustav Mahler
Quand le chagrin approche,
Wen des Kummer naht
Les jardins de l'âme gisent déserts.
liegen wüst die Gärten des Seele,
Li TAi PO et le post romantisme
Les poètes chinois de l'époque Song à la fin du XIXe siècle, sont souvent très proches de notre sensibilité, la phraséologie en moins. Sans sacrifier à l'émotion ( ce que font quelquefois les hai ku japonais) ils recherchent la concision ainsi qu'on peut le constater dans le billet sur la Flûte de Jade. C'est cette veine post romantique qui a inspiré la traduction de Hans Bechtle, dont l'atmosphère sentimentale jette un pont entre le laconisme de Li Tai Po, le plus grand poète chinois, et la musique du Chant de la Terre.
Nous proposons ici le poème original du Chant de la terre par Bechtle, et l'original de l'original traduit par Franz Toussaint (Editions Piazza).
Continuer à lire "La poésie derrière la poésie 1"
Jeudi, 30 août 2007
Voyage d'Hiver
Note : les trois billets de la série "Le samovar de Galina Zoubov", sont des exercices de décodage. Les poèmes commentés par l'assistance choisie par Zoubov, contiennent en fait des pièges, que vous découvrirez peut-être, car je me garde bien de les signaler. Plus tard, peut-être. Disons, que derrière l'information poétique et l'atmosphère post-romantique de ces textes, de cache une autre information qui n'est ni poétique, ni, encore moins, sentimentale. Pour ceux qui veulent aller plus loin, je signale Les Sonnets de Shakespeare, Le Chant de la Terre de Gustav Mahler dans la version de Klemperer (et à ne pas télécharger, car le son est important,ainsi que le livret bilingue), et La Flûte de Jade de Franz Toussaint, dans l'édition Piazza, épuisée, mais peut-être accessible sur Amazon ou ailleurs dans le Net. Cherchez Google.
JOHN ABELL
I. Prologue
Cette nuit, j'ai joué ma dernière partie et j'ai perdu. Je contemple les nuits perdues auprès de toi et pleure mes premières larmes adultes. Tu m'as blessé et je ne pouvais me justifier tant tu croyais comprendre. Cette nuit, je cède. Non. Je lutte en cette heure de mon dernier combat. Des perspectives lointaines traversées par de grands vents hurlants m’apparaissent. Déchiré, mutilé, ne sachant où aller, je sors anéanti de notre dernière rencontre, et tu croyais donner! Qu'adviendra-t-il de ma pensée, jadis close et compacte?
La jeunesse ne m'a pas été douce.
Continuer à lire "Le samovar de Galina Zoubov III"
Chinoiseries
SÉQUENCE XXI de L'Entretien
Le samovar de Galina ZOUBOV. II p108-109 Vol. III
CRITIQUE LITTERAIRE
Très beau, Trop beau. La version authentique de Li-Taï-Pô dit plus court, plus fort.
ZOUBOV
Ne sous-estimez pas Le Chant de la Terre. A force d'être apocryphe, il en devient presque authentique. Voyons, John-John, lisez-nous L'Histoire d'un Fleuve. Mesdames, Messieurs, prenez place.
JOHN ABELL. Disciple de Zoubov, jeune, blondasse et myope, petit et malingre, lit d'une voix aiguë et monocorde.
Wang Wei, L'Histoire d'un Fleuve. Traduit par Frédérick Todtentag, Editions Plaza, Paris, France.
Montagne
Là-haut souffle le vent
Là-haut grondent les torrents
dans les nuages et la buée blanche
Derrière cette pente abrupte
la vallée est assombrie
par les dômes hérissés de pins
Mais plus haut
l'air glisse sur les pierres calcinées
et l'on y trouve des fleurs étranges
nées de la solitude
Etreint d'une angoisse nouvelle
le voyageur n'ose plus plonger
dans les gorges embrumées
ainsi condamné
à l'isolement éternel des sommets
SOCIOLOGUE
Zen. Très Zen. L'anachorète se réfugie dans son temple intérieur à l'abri des nuées des passions et de la brume de l'hypocrisie.
Continuer à lire "Le samovar de Galina Zoubov II"
Mercredi, 14 février 2007
*** Cette version est conforme au thriller original de L'Entretien. Elle contient d'une part une introduction qui met le conte en situation : une petite réunion d'explication de textes, sous l'égide du dissident Vladimir Zoubov, se tient au Campanelli's Resort à Saint Martin, un endroit plutôt claustrophobique. La notion de piège (abordée dans la dernière leçon de Virus, huit leçons sur la désinformation) sert de clé de décodage à ce conte quelque peu perturbant. On ne peut comprendre son atmosphère si on est insensible à la magie des ballades de Herder, et à la trouble nostalgie qui impregne certaines oeuvres post-romantiques des musiciens allemands. (Les quatre ballades de Brahms ou Das Klagende Lied de Mahler). La légende plus ou moins apocryphe de Charles de Coster, passée au crible de ma sensibilité, entre en conflit avec le cynisme de notre époque. Afin de dissiper cette sentimentalité légèrement kisch et décadente fin de siècle, j'ai eu recours au procédé de la mise en abyme et de la distanciation. Les passages les plus troubles sont interrompus par les commentaires stupides des deux milliardaires américaines : Mrs. Reubenstein et Mrs. Fitzgibbons. Ces interruptions ont choqué bien des amis lecteurs, qui ont trouvé qu'elles perturbaient par leur pesante vulgarité, le cours du récit. C'est pourquoi on les a supprimées dans la version réduite. Enfin, les commentaires conclusifs explorent plus profondément, les implications sous-jacentes du conte de Coster. On découvre notamment que le conte est une variante du paradigme des Trois Souhaits.
Continuer à lire "La légende de Hellewijn. Version complète avec commentaires"
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Commentaires
jeu 13/11/2008 à 11:38
Monsieur Lussato: Avant quelqu e chose, je veux dire que mon francais n,est pas tres bonne; Mais je veux lui-ecrire [...]
dim 02/11/2008 à 21:59
vous pouvez retrouver tout le film sur la création monétaire sur : www.bankster.tv
dim 02/11/2008 à 21:48
Comme je souhaite que votre pr ojet d'enregistrer ce Tristan et Isolde aboutisse! Je l'ai v u lors de sa création et [...]
dim 02/11/2008 à 21:45
Avez vu celà ? cela concerne l a création de l'argent aujourd 'hui...(c'est le premier volet ) http://www.dailymot [...]
sam 01/11/2008 à 09:46
Préface sous la forme d’une le ttre de Raphaël à Bruno Bon jour à toi Cher Bruno ! Que Di eu te préserve dans tes [...]
ven 17/10/2008 à 12:21
"ou au contraire en montrer de s spécimens habilement choisis selon un parcours pédagogique , comme la présentation [...]
ven 03/10/2008 à 15:35
Cher Monsieur Lussato, J'ai effectivement eu grand plaisir à vous rencontrer à la galeri e et échanger avec vous [...]